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lundi 4 janvier 2010

Les cellulaires sont-ils dangereux pour la santé?

Par Mathieu Perrault
Publié dans La Presse, le 2 janvier 2010

Après deux ans de tergiversations, l'Organisation mondiale de la santé s'apprête à publier l'étude Interphone, qui regroupe 16 analyses réalisées dans 13 pays sur les effets des téléphones portables sur la santé. Depuis quelques années, des études aux conclusions opposées ont alimenté la confusion.

L'une des plus importantes a paru au début du mois de décembre. Une analyse danoise du fichier des tumeurs en Scandinavie n'a montré aucune augmentation du nombre de cancers du cerveau liée aux portables entre le milieu des années 90 et le début des années 2000. L'étude a immédiatement été critiquée à cause de la lenteur avec laquelle se développent les tumeurs au cerveau.

D'autres études sont plus inquiétantes. À la mi-octobre, une équipe américano-sud-coréenne a regroupé 23 études totalisant 38 000 participants et a calculé qu'utiliser un portable pendant 10 ans ou plus augmente de 18% le risque d'avoir une tumeur au cerveau. Et en novembre, une étude suédoise a montré que les portables augmentent la quantité d'une molécule du cerveau dans le sang.

Cette dernière étude est particulièrement importante parce que les autorités médicales et environnementales ne tiennent compte pour le moment que d'un «risque thermique» pour calculer le degré de risque des portables. Comme l'énergie des portables est bien inférieure à celle qu'on trouve à dans un four à micro-ondes ou près des tours de retransmission de télévision (les tours de retransmission téléphonique sont moins puissantes), le risque thermique est négligeable. Mais s'il existe d'autres effets biologiques, le risque devra être réévalué.

«Les quelques études qui ont montré des effets biologiques n'ont pas réussi à prouver un mécanisme», affirme David Coggon, épidémiologiste britannique qui vient de publier un commentaire sur la question dans la revue Occupational and Environmental Medicine. «C'est l'équivalent d'une augmentation de la température de la peau quand on est au soleil. Tant qu'on ne prend pas de coup de soleil, il n'y a aucune séquelle.»

L'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail est arrivée à une conclusion similaire cet automne, ce qui l'a menée à suggérer des mesures de précaution: augmenter le nombre d'études, informer les usagers des émissions de chaque téléphone et des cartes d'ondes, et encourager les municipalités à trouver des manières de réduire l'exposition aux ondes.

Un comité du Sénat français vient même de recommander de diminuer l'exposition des enfants en interdisant la publicité de portables à leur intention et en interdisant aux élèves d'utiliser un portable à l'école. En France, plus de la moitié des enfants de 10 ans ont un téléphone portable.

Une telle mesure est-elle nécessaire ici? «Oui, parce que l'industrie va bientôt se tourner vers les enfants pour poursuivre sa croissance», explique François Therrien, de l'organisme québécois Sauvons nos enfants des micro-ondes.

La parution de l'étude Interphone de l'OMS alimentera certainement la réflexion. Certains des plus petits pays de l'étude ont déjà publié leurs résultats, dont certains sont inquiétants.

L'an dernier, la directrice de l'étude Interphone, Élisabeth Cardis, du Centre de recherche en épidémiologie environnementale (CREAL), à Barcelone, avait indiqué au quotidien français Le Monde que la parution tardive d'Interphone n'est pas liée à des pressions de l'industrie mais à un problème d'«interprétation des données».

La directrice des communications du CREAL a indiqué au début du mois de décembre à La Presse que la Dre Cardis ne voulait pas accorder d'entrevue avant la parution d'Interphone. Il faut dire que l'épidémiologiste d'origine française connaît son lot de pressions de tous côtés. La Dre Cardis n'est pas étrangère à la controverse: en 2006, elle avait publié, pour le Centre international de recherche sur le cancer, la plus vaste étude sur les effets de l'accident nucléaire de Tchernobyl sur la santé humaine. L'impact, avait écrit la Dre Cardis, avait été beaucoup moins élevé que ce qu'on avait prévu initialement. Cette prudence lui avait valu l'opprobre des groupes environnementaux. Interphone connaîtra peut-être le même accueil si elle blanchit les portables.

mardi 29 septembre 2009

Le cellulaire est-il la cigarette de l’an 2000 ?

Article publié dans le journal Métro de Montréal, le 10 septembre 2009

Les téléphones cellulaires sont-ils nocifs pour l’humain? Difficile à dire. Depuis une décennie, les études se multiplient, mais aucune conclusion irréfutable n’a été tirée.

D’ici quelque mois, les résul­tats très attendus de la plus grande étude jamais faite sur le sujet, Interphone, seront publiés. Commandée par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) en 2000, elle rassemble les expertises de chercheurs provenant de 13 pays, dont le Canada. Ceux-ci ont eu la difficile tâche d’établir s’il existe ou non un lien entre l’utilisation du téléphone cellulaire et le cancer du cerveau.

La professeure Marie-Élise Parent, de l’INRS-Institut Armand-Frappier, a collaboré à l’étude épidémiologique Interphone. Bien qu’elle ne soit pas en mesure de dévoiler les résultats – huis clos oblige –, elle soutient que cette étude ne fera pas le lien de façon indiscutable entre le téléphone cellulaire et les maux du corps humain. «Elle va apporter des évidences importantes, assure Mme Parent, mais on ne pourra pas dire avec une estampe que l’un cause l’autre. On est très prudent là-dessus.»

«La preuve est là»

Pour le porte-parole du collectif Sauvons nos enfants des micro-ondes (SEMO), François Therrien, les effets nocifs du téléphone cellulaire sur le corps humain ont été démontrés. «La preuve, c’est le rapport Bioinitiative», dit-il. Ce document, publié en 2007 par un groupe international d’experts, se veut une synthèse de plusieurs recherches parues au cours des deux dernières décennies. «Cette synthèse prouve à mon sens hors de tout doute les effets des micro-ondes», soutient M. Therrien.

Le rapport Bioinitiative appelle entre autres les gouvernements à la prudence en matière de normes de sécurité sur les champs électromagnétiques. Il mentionne également qu’une «personne qui utilise un téléphone cellulaire depuis 10 ans ou plus est davantage susceptible de développer un cancer du cerveau, et c’est encore pire si elle l’utilise plus d’un côté de la tête que de l’autre».

Une preuve incontestable difficile à établir

S’il est si difficile pour les scientifiques de s’entendre sur les effets nocifs ou sans gravité du téléphone cellulaire, c’est que cet appareil s’est répandu dans la plupart des foyers depuis relativement peu de temps. «Au Canada, c’est au cours des années 1990 qu’on a commencé à voir dans la population des cellulaires, explique Mme Parent. Et pour qu’un cancer se développe, ça prend une vingtaine d’années. Alors, il fallait avoir un minimum de recul et une durée suffisante d’exposition pour entrevoir une possibilité de développement d’un cancer.»

Qui plus est, les chercheurs doivent s’assurer que le cancer développé par un utilisateur de téléphone cellulaire est bel et bien causé par l’appareil et non par autre chose. C’est pourquoi les chercheurs de l’étude Interphone ont posé beaucoup de questions aux participants pour trouver les causes possibles de leur cancer.

«On joue souvent à l’avocat du diable, fait savoir Marie-Elise Parent. On essaie d’expliquer nos résultats de façon différente. On essaie de les détruire autant qu’on peut, d’être le plus critique possible pour que, finalement, il ne nous reste qu’une seule hypothèse et que ce soit celle qu’on voulait étudier.»


Des précautions à prendre


L’auteur des best-sellers Guérir et Anticancer, le Dr David Servan-Schreiber, a rassemblé un groupe d’experts en 2008 pour définir quelques précautions à prendre avec un téléphone cellulaire :
# À interdire aux enfants de moins de 12 ans sauf en cas d’urgence.
# Utiliser le téléphone à distance du corps, sinon avec des dispositifs mains libres.
# Se tenir à distance d’une personne qui utilise son portable et éviter d’en utiliser un en public.
# Ne pas porter un téléphone cellulaire sur soi si possible, même en mode veille. Sinon, il faut s’assurer que la face «clavier» soit dirigée vers son corps et la face «antenne» vers l’extérieur.
# Utiliser le téléphone cellulaire pour de courtes conversations et changer l’appareil de côté régulièrement.
# Éviter d’utiliser le téléphone lorsque le signal est faible.
# Communiquer par textos plutôt que par la voix.
# Choisir un appareil avec le débit d’absorption spécifique (DAS) le plus bas possible.


Un lobby puissant?


Cette preuve incontestable que les scientifiques tentent de trouver, serait-elle rendue plus difficile à établir à cause du lobby des télécommunications sans fil? Le porte-parole du Collectif Sauvons nos enfants des micro-ondes (SEMO), François Therrien, croit que oui. «L’industrie a financé des études pour [invalider] des études scientifiques qui prouvent que l’intensité des ondes d’un cellulaire ou d’une antenne a des effets nocifs pour la santé», rapporte-t-il.

Ce dernier mentionne que la part canadienne de l’étude Interphone a été financée par l’industrie des communications sans fil, ce qui discrédite, selon lui, le travail des chercheurs commencé il y a bientôt une décennie.

«Nous avons participé financièrement à l’étude Interphone, mais sans plus», admet le directeur des communications de l’Association canadienne des télécommunications sans fil, Marc Choma.

Même son de cloche du côté de la professeure Marie-Élise Parent, de l’INRS-Institut Armand-Frappier. «Il y a des argents qui ont été fournis pour développer le protocole commun, explique-t-elle. Mais les investisseurs n’ont rien à dire sur ce qu’on publie. Je peux en attester. Il n’y a personne qui m’a dit qu’il fallait que je publie cela plutôt que ça.»

«L’industrie des télécommunications sans fil ne fixe par les normes de sécurité sur l’intensité des ondes, se défend M. Choma. C’est Santé Canada et Industrie Canada qui décident de ces normes. Ils se fient à des organismes internationaux, comme l’Organisation mondiale de la santé, qui ont déterminé qu’il n’y avait pas de risque à utiliser un téléphone cellulaire selon les normes de santé en vigueur.»

En attendant
Le débat sur les effets du téléphone cellulaire sur le corps humain est loin d’être terminé. En attendant la preuve indubitable des scientifiques, vaut-il mieux ranger son téléphone cellulaire comme on a écrasé nos cigarettes dans les années 1990? «Je pense que c’est prématuré de dire qu’on va observer la même chose que pour la cigarette, soutient Mme Parent.

[Mais] c’est toujours possible qu’une nouvelle étude mette en lumière un risque plus grand que ce qu’on pourrait rapporter dans l’étude Interphone.»

MARIE-EVE SHAFFER
MÉTRO
10 septembre 2009 00:24

lundi 14 septembre 2009

Des citoyens de Chateauguay s'oppose à la construction d'une antenne relais

Reportage diffusé sur Global TV, à Montréal, le 9 juillet 2009.

Des citoyens de Chateauguay s'oppose à la construction d'une antenne relais à proximité de leurs maisons à cause des effets sur la santé des micro-ondes. Une mère de famille qui vient tout juste d'emménager dans ce quartier prévoit redéménager pour protéger ses enfants. Le maire de Châteauguay se range du coté des citoyens inquiets et promet une injonction contre Rogers.


mercredi 22 avril 2009

Une maison «électropropre»

Le 20 avril 2009

Carole Thibaudeau
La Presse

La jolie maison de Stéphane Bélainsky, à Sainte-Sophie, a été construite en 1966 par un artisan généreux: épais murs de pierres, grandes fenêtres faites à la main, électrification abondante pour répondre aux futurs occupants les plus exigeants...

Un peu trop abondante, peut-être, l'électricité dans les murs? Disons que pour un technicien en hygiène électromagnétique, le rarissime métier qu'exerce Stéphane, l'électricité n'est pas un fluide anodin. Averti des possibles dangers de l'exposition aux champs électromagnétiques (CEM), il fait de sa maison un exemple d'application du principe de précaution.

«La tête ne devrait pas se trouver à moins d'un mètre d'une lampe de chevet, d'un réveille-matin ou d'une plinthe électrique», soutient le technicien et fondateur d'Expertise électromagnétique environnementale 3E, la seule compagnie du genre au Québec. Le lit de Stéphane est dégagé du mur d'environ un pied, pour éloigner la tête du câblage qui court derrière le gypse. Précaution supplémentaire, l'alimentation électrique de la chambre est coupée trois secondes après qu'il eut éteint le dernier appareil, grâce à un dispositif situé dans la boîte électrique au sous-sol.

Plancher radiant


Dans la salle de bain, le plancher chauffant ne dégage qu'un faible champ magnétique de 1,6 milliGauss, comparativement à 30 ou 40 milliGauss pour les autres planchers radiants électriques ordinaires. «Cette marque (Flextherm, achetée dans un commerce local) est conçue pour que les champs magnétiques des fils chauffants s'annulent les uns les autres», explique Stéphane.

Rideaux, graphite et autres trucs


Outre le champ électrique (présent dès qu'il y a tension) et le champ magnétique (généré par la consommation d'électricité), un troisième élément, les hautes fréquences transitoires, s'ajoute au smog électromagnétique domestique. Induites par certains appareils, par exemple un tapis roulant d'exercice, ces ondes se propagent par le champ électrique du câblage.

La façon de s'en protéger: enlever ou débrancher la source, ou encore la mettre sur une barre de tension à part. Sinon, on peut faire obstacle aux émissions avec un mur couvert d'une peinture au latex contenant du graphite, ou un fin moustiquaire de métal, ou encore des rideaux tissés avec un fil de cuivre. (La peinture avec graphite bloque les hautes fréquences. Mise à la terre par un ruban conducteur, elle bloquera en plus les champs électriques.) En dernier recours, on posera des filtres Stetzer qui, sans les éliminer, atténueront les hautes fréquences transitoires.

«Il faut apprendre à vivre avec les micro-ondes, estime M. Bélainsky. Fermer le routeur sans fil lorsqu'on ne l'utilise pas. Renoncer au téléphone sans fil. Porter une oreillette si on utilise un téléphone portable.»

Andrew Michrowski, docteur en architecture et auteur d'une étude menée dans les années 90 pour la Société canadienne d'hypothèque et de logement, sur les CEM dans les maisons canadiennes, résume ainsi la protection domestique: «En s'assurant que le câblage électrique est bien posé et que la mise à la terre est correcte, et en s'éloignant des sources émettrices, on élimine une grande partie de l'exposition intérieure. Si les électriciens suivent le Code du bâtiment tel qu'il a été modifié en 1995, c'est déjà beaucoup. Autrefois, les mises à la terre dans les villes étaient souvent faites à l'aqueduc, car il n'y avait pas assez de sol pour absorber la foudre.»

Le principe de précaution


Le principe de précaution a été recommandé dans le rapport Bio-initiative - août 2007 -, réalisé par une quinzaine de scientifiques indépendants des États-Unis, de la Chine, de la Suède, du Danemark et de l'Autriche.

Les chercheurs ont passé en revue plus de 1500 publications scientifiques et reconnu que suffisamment d'études démontraient un effet nocif des champs électromagnétiques (CEM) - cellules stressées et risque accru de certains cancers - pour inciter à la prudence. Ils ont proposé des seuils de tolérance plus bas que les normes actuelles. Plusieurs États - Autriche, Italie, Russie, Chine - ont commencé à s'aligner sur leurs recommandations.

Le Canada, pays où les champs magnétiques sont parmi les plus élevés au monde (nous chauffons beaucoup à l'électricité), suit les normes de la Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants, comme la plupart des pays.

Pour en savoir plus:

> www.em3E.com
> www.dangersemo.com
> www.next-up.org
> www.buildingbiology.com

mardi 10 mars 2009

Micro-ondes : le SEMO veut une réglementation

La Presse
01 mars 2009 | 08 h 09

Un nouveau collectif, le SEMO, lancé hier en conférence de presse à Laval, veut sensibiliser la population à la prolifération des micro-ondes qui alimentent nos cellulaires, routeurs Internet sans fil, bases de téléphone et autres appareils de communication sans fil.


Le SEMO (Sauvons nos enfants des micro-ondes) a été lancé par un groupe de citoyens à la suite de l'action menée à Terrebonne, l'automne dernier, pour le retrait d'une antenne cellulaire dans le clocher de l'église, à proximité d'une garderie. «Des gens de toute la province nous ont alors contactés, relate le porte parole François Therrien, enseignant en électricité. Nous avons décidé de porter le débat au plan politique.» Entre autres représentations, le SEMO demande à la Direction de la santé publique du Québec de créer un comité sur les antennes-relais cellulaires situées près des écoles et des garderies.

Rapport scientifique


Le SEMO propose de mettre en application le principe de précaution recommandé dans Bioinitiative, le rapport émis par un groupe international de scientifiques en août 2007. En clair: utiliser la technologie des micro-ondes mais s'arranger pour ne pas avoir plus de 1000 microWatts/m2 à l'extérieur, 10 microwatts/m2 à l'intérieur et pas d'antenne à cellulaire à moins de 300 mètres d'une école. À titre de comparaison, dans les rues du centre-ville de Montréal, il n'est pas rare d'être exposé à 6000 ou même 20 000 microwatts/m2.

« Nous ne voulons pas alarmer la population, soutient M. Therrien. Mais étant sensibilisée, elle pourra choisir de minimiser l'usage de la communication par micro-ondes : utiliser des téléphones ou routeurs avec fil, ou alors, s'ils sont sans fil, les éteindre dès qu'on a fini de s'en servir. »

jeudi 22 janvier 2009

Champs électromagnétiques: la prudence s'impose, dit Option consommateur

Article publié dans Le Devoir
Édition du jeudi 22 janvier 2009


L'innocuité des champs électromagnétiques (CEM) émanant tant des prises électriques que d'un téléphone cellulaire ou d'une borne d'accès sans fil à Internet n'étant toujours pas démontrée, Option consommateurs appelle une fois de plus le gouvernement à faire preuve de prudence face à ces ondes qui se multiplient dans les environnements modernes.


Pis, sur la base d'un test d'exposition à ces CEM piloté conjointement avec le magazine Protégez-Vous, l'organisme a appelé hier, à l'occasion d'une conférence de presse tenue à Montréal, industriels et fabricants d'équipements électriques à mieux informer à l'avenir les consommateurs sur l'intensité des champs générés par leurs produits, et ce, pour permettre des choix éclairés.

Le magazine a en effet traqué ces ondes dans 10 maisons de la grande région de Montréal. Au total, 1500 mesures ont été effectuées, tant sur les champs électriques et magnétiques d'origine électrique (60 Hertz) que sur ceux produits par les ordinateurs, les cellulaires, les téléphones sans fil ou les fours à micro-ondes et dont les fréquences s'élèvent de 0,5 Méga-Hertz à 3 Giga-Hertz. Les détails sont dévoilés dans son édition de février 2009.

Résultat: «près de 50 % des mesures dépassent les limites d'exposition dites de précaution», c'est-à-dire les limites édictées par le projet BioInitiative, du Centre de recherche et d'information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (CRIIREM), a résumé hier Marie-Josée Boudreau, de Protégez-Vous. Notons que cette limite, de 0,1 microwatt par centimètre carré, est 10 000 fois inférieure à celle adoptée par le Canada.

En banlieue comme en ville, les résidences exposent généralement leurs habitants à des niveaux acceptables de CEM, indique le magazine. Les mesures réalisées se trouvent en effet dans les limites de précaution ou dans les limites dites de compromis, un peu plus élevées et adoptées entre autres par la Ville de Toronto pour encadrer ces rayonnements.

Le hic, c'est qu'il n'est pas possible d'en dire autant pour plusieurs appareils électriques utilisés au quotidien. C'est le cas par exemple des fours micro-ondes:

6 % des mesures d'exposition étaient considérées hors normes, alors que 75 % de ces même mesures se situaient entre la norme d'exposition canadienne et les limites de compromis. Par ailleurs, 71 % des ondes générées par routeur sans fil (pour accéder à Internet) étaient dans les limites de compromis, tout comme les lampes -- source de radiofréquences --, dont les trois quarts se situaient à l'intérieur de ces mêmes limites, avec une particularité toutefois: les ampoules à incandescence émettent moins de CEM que les ampoules fluocompactes, souligne Protégez-vous.

Devant ces résultats, Option Consommateurs recommande au gouvernement de prôner le principe de précaution face à ces rayonnements mais aussi de «revoir à la baisse les limites d'exposition aux émissions de radiofréquence», a expliqué hier son directeur général, Michel Arnold.

Cette mesure s'impose, selon les défenseurs des droits des consommateurs. C'est que les Québécois sont plus exposés au CEM que les autres citoyens de pays industrialisés en raison de la prédominance du chauffage électrique dans les résidences de la province, soulignent-ils.

Or, beaucoup d'inconnues persistent toujours quant aux effets délétères de ces champs sur la santé humaine. Depuis 2001, par exemple, le Centre international de recherche sur le cancer classe les champs de basse fréquence (liés à l'électricité) dans sa liste des choses «peut-être cancérigènes», aux côtés des gaz d'échappement et du puissant pesticide DDT. À l'inverse, l'Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) estime que «le degré de risque associé aux CEM pour l'ensemble de la population, s'il est réel, s'avère faible».

Fabien Deglise

mardi 6 janvier 2009

Pierrefonds - La petite histoire d'une antenne de téléphone mobile

Cités Nouvelles - Article mis en ligne le 19 septembre 2008
par Marie-Hélène Verville

Depuis six mois, elle trône sur le terrain de l'église Westminster Presbyterian Church à Pierrefonds sur la rue Monk, près du boulevard Gouin. Après avoir reçu un appel d'un citoyen inquiet, Cités Nouvelles est allé la voir de plus près.
L'antenne de téléphone mobile Rogers est difficile à manquer dans le paysage: elle est immense. Est-elle dangereuse pour la santé du voisinage? Pas selon Santé Canada. Ce qui cause l'inquiétude de certains, c'est la présence de champs magnétiques. Selon le Centre international de recherche sur le cancer, relié à l'OMS, les champs magnétiques seraient «peut-être» cancérigènes.

Au pays, la construction de ce genre d'antenne est permise un peu partout sur le territoire. Dans l'arrondissement Pierrefonds-Roxboro par exemple, il existe aussi des antennes de ce genre au boulodrome, sur un terrain appartenant à l'AMT et dans un dépôt de neiges usées situé plus à l'ouest. Ces informations sont d'ailleurs publiques.
Est-ce qu'il y a eu consultation?
À l'arrondissement, on explique qu'à chaque fois qu'une antenne est posée, il y a consultation. Et dans le cas de Westminster Presbyterian Church Pierrefonds? Selon l'arrondissement, l'église située au 13140 rue Monk a fait une demande en 2001 pour installer une antenne sur son terrain, demande qui a été acceptée à la ville. Il y a donc eu changement de zonage et consultation à ce moment-là.
Depuis 2001 donc, Rogers loue cet espace à l'église. En 2007 la compagnie a voulu faire construire la fameuse antenne. La Ville, en accord avec le changement de 2001, a donc accepté. Voilà pourquoi il n'y a pas eu de consultation officielle lors de la construction il y a près de six mois.

L'église a-t-elle averti ses voisins? «Je crois que le conseil d'administration a consulté les voisins d'en arrière (une garderie) seulement», explique le pasteur de la Westminster Presbyterian Church Pierrefonds, Maurice Bergeron. «L'assentiment de la paroisse était là par contre», affirme-t-il. «Pour ce genre de projet, nous devons avoir accord des paroissiens.» Cette communauté religieuse compte une centaine de paroissiens actifs.

Selon l'entente financière signée avec la communauté religieuse, Rogers a même pavé le stationnement de la Westminster Presbyterian Church Pierrefonds et installé des égouts adaptés. Cette mesure a été exigée par Pierrefonds-Roxboro.

Et l'argent de la location? Les sous serviront à la paroisse. La pratique est courante: plusieurs églises louent un espace aux Rogers et Bell de ce monde. Souvent, l'antenne-relais est cachée. L'église Saint-Joachim de Pointe-Claire serait d'ailleurs en pourparlers avec Bell pour louer un espace dans leur clocher neuf, nous apprenait The Chronicle, il y a quelques mois. L'antenne de l'église de la rue Monk, elle, est plus difficile à cacher aux yeux du public.

Saint-Bruno s'oppose à l'installation d'un pylône

Le Journal de Saint-Bruno - 29 octobre 2008

Malgré les demandes insistantes de la compagnie Bell Mobilité, la Ville de Saint-Bruno s'oppose à l'installation d'un pylône d'antenne de télécommunication sans fil au 2300, boulevard Sir-Wilfrid-Laurier. Industrie Canada pourrait toutefois passer outre le refus des élus et en permettre la construction malgré tout.

L'entreprise a déjà fait des demandes similaires en 2002, 2004, 2005 et 2007. En 2004, un projet de règlement visant à autoriser l'installation d'une antenne de télécommunication similaire dans le même secteur avait entraîné de nombreux commentaires négatifs de la part des citoyens. En janvier 2005, 41 personnes avaient d'ailleurs signé une lettre réclamant davantage d'information, notamment les impacts sur la santé des citoyens adjacents et sur l'apparence d'une telle structure. Le projet a finalement été refusé.

Dans une résolution adoptée la semaine dernière, le conseil municipal fait valoir que l'emplacement choisi par Bell Mobilité est adjacent à un secteur résidentiel existant ainsi qu'à d'éventuelles nouvelles propriétés résidentielles et commerciales, puisque le développement résidentiel se dirige vers le 2300, boulevard Sir-Wilfrid-Laurier. Il plaide également que cette structure «viendra compromettre la mise en valeur du paysage emblématique du mont Saint-Bruno».

Selon le maire suppléant, Denis Arpin, la nouvelle structure serait d'une hauteur de 36,5 mètres (120 pieds) et serait donc la plus haute tour à Saint-Bruno. «Il y a des tours similaires sous les lignes d'Hydro-Québec. On aurait souhaité un endroit similaire pour l'implanter», a-t-il indiqué.

Ce dernier dit craindre que le gouvernement ne tienne pas compte de l'avis de la municipalité et permette à Bell Mobilité d'installer malgré tout son antenne au 2300, boulevard Sir-Wilfrid-Laurier. Pour qu'Industrie Canada intervienne dans le litige, il faudrait que l'une des parties en fasse la demande. «Sur demande d'intervention écrite provenant d'une partie autre qu'un membre du public en général à propos d'une préoccupation raisonnable et pertinente, le Ministère exigera que les parties concernées fournissent et partagent toute information reliée au litige. Le Ministère peut également recueillir ou obtenir d'autres renseignements utiles et demander aux parties de fournir une nouvelle présentation, le cas échéant. Cette information permettra au Ministère de rendre une décision finale sur la ou les questions en litige, puis d'en informer les parties ou de suggérer aux parties qu'elles recourent à un autre processus de résolution des litiges afin d'en arriver à un accord final. Si les parties ne parviennent pas à trouver une solution mutuellement acceptable, l'une ou l'autre peut demander au Ministère de trancher la question», précise-t-on sur le site internet d'Industrie Canada.

Au moment de mettre sous presse, il avait été impossible d'obtenir plus d'information de Bell Mobilité et de savoir si l'entreprise comptait se prévaloir de ce mécanisme.

Il existe actuellement trois pylônes semblables à celui qui est projeté par Bell Mobilité sur le territoire de Saint-Bruno. Un se trouve dans le parc industriel et les deux autres sont sur le mont Saint-Bruno. D'autres antennes sont aussi installées, notamment, sur les pylônes d'Hydro-Québec, dans le clocher de l'église et sur le toit du Manoir Saint-Bruno.

Chasseur d'ondes au cégep de Saint-Jérôme

vendredi 12 décembre 2008

Mobilisation contre une antenne du ministère des Transports

Publié dans La Presse le 15 octobre 2008

La mise en place par le ministère des Transports du Québec (MTQ) d'une antenne de télécommunications haute de 200 pieds dans un quartier de l'arrondissement d'Anjou a semé la consternation chez les résidents, qui réclament son déménagement.

Plusieurs d'entre eux sont venus exprimer leur découragement et présenter une pétition de 150 noms au conseil d'arrondissement, mardi. Pour Dominique Ruscio, résidant de l'avenue Tourelles, cette tour est «laide».

«On la voit de partout, dit-il. De plus, est-ce que les systèmes de télécommunications ou les émetteurs qui pourraient y être placés peuvent nuire à la santé? Et surtout, ça s'est fait dans le plus grand secret. Personne n'était au courant. C'est quand même incroyable! Cela démontre le mépris du ministère des Transports, car on aurait pu la placer ailleurs.»

Le MTQ a installé cette antenne afin d'améliorer ses communications par ondes hertziennes. Elle l'a placée sur un terrain qui lui appartient près de l'autoroute 25, après avoir obtenu un permis en bonne et due forme du service d'urbanisme de l'arrondissement. Mais le MTQ aurait pu s'en passer, selon la réglementation fédérale et provinciale.

Si Radio-Canada, pour le renouvellement du bail concernant son antenne sur le mont Royal, a dû passer par une consultation publique, ce n'est pas le cas du MTQ, qui n'a pas eu besoin d'informer les résidants et encore moins de demander leur avis.

Le maire d'Anjou, Luis Miranda, dit avoir été mis au courant de ce dossier «il y a deux semaines». «Nos gens étaient au courant depuis avril, dit-il. Jamais personne ne m'a rien dit. C'est clair que c'est un manque flagrant de nos fonctionnaires, car même si on ne pouvait refuser de permis, on aurait pu faire des pressions pour que la tour soit placée ailleurs. Je comprends les citoyens, qui ont 100% raison.»

La mobilisation des citoyens a des effets. La députée libérale d'Anjou, Lise Thériault, a communiqué avec le Conseil du Trésor. Les travaux d'aménagement de l'antenne ont été arrêtés. Mme Thériault a aussi joint M. Miranda, qui lui a dit que l'arrondissement était prêt à donner un terrain dans le quartier industriel.

«Le Ministère se rend compte que ce n'était pas une chose à faire en ville, dit M. Miranda. Dans notre dépôt à neige, il y a de la place et c'est loin des quartiers résidentiels. Je pense que l'antenne sera bientôt déplacée.»

Éric Clément
La Presse

lundi 1 décembre 2008

Téléphone cellulaire: quels risques pour les enfants ?


Jean-François Cloutier, La Presse
01 décembre 2008 | 08 h 05


L'Agence de la santé publique de Toronto a jeté un pavé dans la mare, l'été dernier, en devenant la première au Canada à recommander la prudence en ce qui concerne l'utilisation du téléphone portable par les enfants.

L'Agence indique dans son rapport que même si la plupart des études menées jusqu'ici concluent que le cellulaire est sans effet sur la santé, son impact à long terme n'est pas encore clair. Elle ajoute que les enfants pourraient être davantage susceptibles que les adultes de subir les effets potentiellement nocifs des ondes.



«Alors que les scientifiques niaient tout risque jusqu'ici, il semble, avec l'accumulation des études, que les gens qui ont utilisé un téléphone portable sur une longue période sont plus à risque de développer certaines tumeurs au cerveau», explique l'auteure du rapport, Lauren Vanderlinden.

Aux États-Unis, le directeur de l'Institut du cancer de l'Université de Pittsburgh, le Dr Ronald Herberman, a fait écho à l'avertissement de Toronto en recommandant que les enfants n'utilisent le portable qu'en cas d'urgence: «Je suis convaincu qu'il y a assez de données pour justifier un avis donnant des précautions à prendre avec le cellulaire.»


Des recommandations similaires ont aussi été formulées en France, en Allemagne et en Inde.


Au Québec, rien de tel n'est encore en vue. Le ministère de la Santé confirme n'avoir aucun projet d'avis du même genre, pas plus qu'il n'envisage de commander des études sur les dangers potentiels du portable.

«On ne peut pas dire que le cellulaire soit absolument sans risque, mais on ne peut pas dire non plus qu'il cause le cancer comme le font la cigarette ou le soleil», affirme avec prudence André Beaulieu, porte-parole de la Société canadienne du cancer, section Québec.

Sur son site internet, l'organisme donne quand même quelques options aux gens inquiets: choisir de ne pas avoir de téléphone portable, utiliser un casque d'écoute au lieu de mettre l'appareil à son oreille, fixer certaines restrictions aux enfants...


Panique injustifiée?


«Les enfants pourraient être plus à risque s'il devait y avoir un danger, reconnaît M. Beaulieu. Le cancer est une maladie des cellules, et les enfants ont une croissance cellulaire plus rapide que les adultes.»

Dans son rapport, l'Agence de la santé de Toronto explique que les enfants ont une tête plus petite, une boîte crânienne, une peau et des oreilles moins épaisses. Leurs cellules nerveuses conduisent l'énergie - comme celle des ondes - mieux que les cellules des adultes. Leur cerveau y est aussi plus sensible.

«On sait que les enfants sont plus susceptibles de contracter une maladie quand ils s'exposent longtemps à l'énergie des pylônes électromagnétiques. Est-ce que c'est la même chose avec les ondes du cellulaire?» demande M. Beaulieu. «Je ne peux pas vous direqu'il n'y a aucun danger.»

Y a-t-il une panique injustifiée qu'il faudra mettre plus tard avec les grandes peurs plus ou moins irraisonnées du tournant du XXIe siècle, dont le bogue de l'an 2000?

Le représentant de l'Association canadienne des télécommunications sans fil (ACTS), Mark Choma, en est convaincu: «J'ai moi-même deux enfants et je n'ai aucune crainte à leur faire utiliser un téléphone cellulaire.»

«Toutes les agences de santé sérieuses, - je parle de l'Organisation mondiale de la santé, de Santé Canada - indiquent qu'il n'y a pas d'effets sur la santé.»

L'ACTS se défend de vouloir cacher quoi que ce soit: «Nous avons toujours encouragé et nous continuons d'encourager la recherche», plaide M. Choma.

Pour le moment, Santé Canada semble en effet partager son optimisme et confirme «ne voir aucune raison scientifique de croire que l'utilisation de téléphones cellulaires est non sécuritaire».

Des experts de poids abondent aussi dans le sens de l'industrie du sans-fil. Le prix Nobel de physique Georges Charpak s'est déclaré convaincu, dans une interview avec le magazine Le Figaro, que des recherches sérieuses ne montreraient aucune différence significative entre une population exposée aux ondes et une autre ne l'étant pas. «Oui, j'ai peur du téléphone portable: j'ai peur de me faire renverser par un type qui téléphone au volant», a-t-il lancé.

Sauf dans le cas improbable d'une percée majeure dans la recherche, le débat devrait durer encore longtemps. En effet, s'il devait y avoir une incidence accrue de cancers chez les utilisateurs de portables, celle-ci pourrait ne pas se révéler avant des décennies.Des études contradictoires


Des études contradictoires


Les études se contredisent quant aux effets du téléphone cellulaire sur la santé. Portant sur des groupes trop petits, aucune n'apporte une démonstration définitive.

Si plusieurs concluent à l'innocuité du téléphone cellulaire, une des plus récentes, réalisée par un chercheur de l'Université catholique de Louvain, en Belgique, démontre que des rats de laboratoire exposés aux ondes des téléphones portables et des réseaux Wi-Fi ont un taux de mortalité multiplié par deux.

Une autre étude a démontré que des plants de tomates soumis à des ondes semblables à celles des portables réagissaient en sécrétant des molécules de stress.


Problèmes de comportement


Une autre, toute récente, suggérait que les enfants de femmes ayant utilisé fréquemment le cellulaire lors de leur grossesse étaient plus susceptibles d'avoir des problèmes de comportement.

On en saura peut-être un peu plus lors de la parution des résultats d'une vaste étude internationale, Interphone, lancée en 1999. Cette étude compare quelque 7000 patients de 13 pays atteints d'une tumeur à la tête avec un groupe témoin. Jusqu'ici, des résultats préliminaires diffusés suggèrent dans certains cas un risque "faible" de tumeurs après une utilisation intense du cellulaire pendant 10 ans.

Annoncés d'abord pour 2005, les résultats définitifs devraient finalement être connus l'an prochain.



Dix précautions à prendre

Le Dr David Servan-Schreiber, auteur des best-sellers Guérir et Anticancer, a lancé cette année un appel dont la portée a été mondiale. Entouré d'un aréopage de chercheurs de renommée internationale, le charismatique psychiatre, qui a lui-même eu un cancer au cerveau, a énoncé 10 précautions à prendre avec le cellulaire.

1- Ne pas autoriser les enfants de moins de 12 ans à utiliser un téléphone portable sauf en cas d'urgence.

2- Lors des communications, maintenir le téléphone à distance du corps. Favoriser l'utilisation des dispositifs mains libres.

3- Rester à distance d'une personne en communication et éviter d'utiliser un téléphone portable dans des lieux publics.

4- Éviter le plus possible de porter un téléphone mobile sur soi, même en mode veille.

5- Si on doit porter un cellulaire sur soi, s'assurer que sa face «clavier» soit dirigée vers son corps et sa face «antenne» vers l'extérieur.

6- N'utiliser le téléphone portable que pour établir le contact ou pour des conversations de quelques minutes.

7- Lors des communications, changer l'appareil de côté régulièrement.

8- Éviter d'utiliser le portable lorsque la force du signal est faible ou lors de déplacements rapides.

9- Communiquer par textos plutôt que par la voix.

10- Choisir un appareil avec le débit d'absorption spécifique (DAS) le plus bas possible.

vendredi 12 septembre 2008

Montréal - Des antennes cellulaires cachées dans 39 clochers


Article publié dans le journal Métro, le 25 aout 2008.


Les clochers de certaines églises de la métropole recèleraient plus que leur lot habituel de cloches et de carillons.


Selon ce qu’a appris François Therrien, porte-parole du Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE), 39 clochers montréalais cacheraient des antennes cellulaires. Ces antennes auraient été installées à partir de 2001, et ce, sans que la population ne soit avertie.

«Dans les paroisses, à part les marguilliers [en charge des biens de la paroisse], personne n’est au courant de l’existence de ces antennes», a indiqué M. Therrien à Métro.

Le RQGE a demandé, la semaine dernière, au cardinal Jean-Claude Turcotte de dévoiler le nom des 39 églises où ont été installées les antennes cellulaires. Pour l’instant, l’archevêque du diocèse de Montréal n’a pas répondu aux demandes du regroupement.

Antennes cachées


Les antennes cellulaires cachées sont loin d’être un cas unique à Montréal. François Therrien a d’abord appris que le clocher de l’église de Terrebonne cache depuis 2001 une antenne cellulaire.

Une requête auprès de l’archevêché lui a permis d’apprendre que la ville de Saint-Jérôme compte également neuf antennes dans des clochers.

«Les compagnies de téléphonie cellulaire ont énormément de difficulté à implanter leurs antennes dans des secteurs résidentiels en raison de la contestation que ce genre d’opération suscite, a expliqué M. Therrien. Elles recherchent donc des sites privilégiés, qu’elles ont trouvé en s’entendant avec les évêchés.»

À Terrebonne, les marguilliers ont indiqué que l’installation de l’antenne cellulaire relevait d’une décision administrative. Ils ont ainsi jugé qu’ils n’avaient pas à en aviser la population.

«Les compagnies de cellulaire ont le gros bout du bâton, a souligné le porte-parole du RQGE. Les évêchés sont à leur merci puisqu’ils ont souvent signé des contrats d’une durée déterminée. S’ils demandent de retirer l’antenne de leur clocher, ils doivent payer des pénalités.»

JENNIFER GUTHRIE, MÉTRO
25 août 2008

mercredi 3 septembre 2008

Sans fil: des antennes dangereuses dans les clochers?

Article parue dans le journal La Presse, le 31 août 2008

Des antennes-relais de téléphonie mobile sont dissimulées dans des dizaines de clochers d'église au Québec, à proximité d'écoles et de garderies, ou carrément fixées sur des toits d'écoles, a appris un comité de citoyens de Terrebonne depuis qu'il dénonce leur présence dans le clocher d'une église de cette ville de la banlieue montréalaise.

Dans des tracts et des communiqués, le comité affirme que «ces antennes sont dangereuses pour la santé des enfants et devraient être situées à plus de 300 mètres des écoles». Un des membres du comité, François Therrien, enseigne l'électricité et s'intéresse depuis longtemps aux champs magnétiques. Ceux-ci sont soupçonnés de causer des maladies graves, y compris la leucémie chez les enfants, dit-il.

Contactés cette semaine, les représentants des compagnies Rogers et Bell, propriétaires de la plupart des antennes-relais, ont souligné que leurs émissions d'ondes électromagnétiques respectent les normes de Santé Canada. Mais ces dernières sont beaucoup plus permissives que dans plusieurs pays européens, soutient M. Therrien.

Le danger des champs magnétiques, tels qu'irradiés par les lignes électriques et les antennes de téléphonie mobile, fait l'objet d'une controverse dans le milieu scientifique. Dans un rapport publié en avril, l'Institut national de santé publique du Québec note que «certaines organisations et plusieurs pays ont préconisé une approche prudente quant à ce possible risque (de leucémie infantile) et ont proposé des mesures afin de réduire les expositions à ces champs».

Le Centre international de recherche sur le cancer, une branche de l'Organisation mondiale de la santé, considère que les champs magnétiques sont «peut-être» cancérigènes, au même titre que le DDT: «L'association entre la leucémie chez les enfants et les champs magnétiques de forte puissance a été jugée comme une preuve limitée de risque excessif de cancer», a-t-il statué.

Le comité de citoyens pour le retrait des antennes cellulaires du clocher de Terrebonne réclame l'adoption du principe de précaution. «Trois mille six cent dix enfants sont bombardés continuellement par les micro-ondes des antennes cellulaires cachées dans le clocher», affirme-t-il. Une garderie de 80 enfants et un collège de 1400 élèves sont situés à 80 mètres de l'église; des écoles primaires se trouvent aussi très proches.

Le curé de la paroisse n'a pas rappelé La Presse. Une secrétaire nous a renvoyés chez Rogers, propriétaire de l'antenne. «On respecte les règles, a dit Marie-Ève Villeneuve, porte-parole de la compagnie. On a 1000 antennes au Québec: on ne prend pas de risques avec la santé et la sécurité de la population.»

Le comité de citoyens de Terrebonne a reçu de nombreux appels et courriels depuis qu'il a lancé sa bataille, ce qui lui a permis de recueillir de nouvelles informations. «On a constaté la présence d'antennes fixées directement sur des toits d'écoles, y compris dans notre région, sur l'école secondaire Félix-Leclerc à Repentigny, a dit M. Therrien. Il y en a sur le toit du centre de formation professionnelle Compétences-2000 à Laval, du collège privé Mont Saint-Louis dans le quartier Ahuntsic à Montréal et sûrement ailleurs.»

Le comité a aussi appris que des antennes sont dissimulées dans 39 clochers du diocèse de Montréal et 10 autres dans celui de Saint-Jérôme. «On a demandé aux évêques de publier la liste, dit M. Therrien. On attend toujours.» Les compagnies versent des loyers de plusieurs milliers de dollars par année pour placer leurs antennes sur des édifices, ce qui peut constituer un revenu intéressant tant pour les églises que pour les écoles.

En Europe, le débat fait rage. Des dossiers sont régulièrement publiés à ce sujet dans les médias. En mai, l'évêque du diocèse de l'Ain (un département français) a décidé de ne pas reconduire les contrats liant les paroisses aux opérateurs de téléphonie mobile. «Les clochers ne sont pas faits pour être des relais de téléphonie», a dit Mgr Guy Bagnard, partisan du principe de précaution.

Des antennes situées près d'écoles ont été retirées à Lyon, après des cas de cancers. La Ville de Paris songe à les interdire près des écoles. La Finlande les interdit à moins de 300 mètres des écoles. Hors de l'Europe, Israël vient d'adopter une loi interdisant les antennes sur les écoles.

Une nouvelle étude, réalisée à l'Université catholique de Louvain (Belgique), révèle que le taux de mortalité était deux fois plus important chez des rats exposés à des niveaux réglementaires d'ondes pulsées (antennes, wi-fi, etc.) que dans un groupe témoin.

André Noël
La Presse

mardi 12 août 2008

Des ondes et des écoles

Reportage radio diffusé sur les ondes de Radio-Canada, le 12 août 2008

Faut-il avoir peur des antennes relais de téléphonie cellulaire? Même s'il n'existe pas de consensus scientifique sur la question, des citoyens et des chercheurs suggèrent de les éloigner des écoles pour éviter d'exposer les enfants à des champs électromagnétiques trop puissants. Pourtant, Santé Canada et les compagnies de téléphonie sans fil assurent qu'il n'y a aucun danger.

Faut-il y voir un conflit d'intérêts ?

Cliquez sur le titre pour accéder au reportage radiophonique de Radio-Canada.

samedi 2 août 2008

Des Québécois se mobilisent !

Un comité de citoyens a été mis sur pied afin de demander le retrait de l'antenne installée dans le clocher de l'église St-Louis-de-France dans le vieux Terrebonne.
Ces citoyens soutiennent, que les micro-ondes émises par l'antenne, située dans ce clocher, sont néfastes pour les 3 300 enfants qui fréquentent des écoles et des garderies situées dans le secteur.

Selon le comité, l'église reçoit 800 $ par mois de Rogers pour loger cette antenne et elle accueillerait bientôt une deuxième antenne, cette fois provenant de la compagnie Bell Mobilité.

Le comité de citoyens cite plusieurs études pour appuyer ses dires, notamment le reportage «Wi-Fi» présenté dans le cadre de l'émission Découverte de Radio-Canada, le 6 avril, disponible sur Internet au www.radio-canada.ca et le document public «Antennes de téléphone mobile, technologies sans fil et santé», du docteur Jean Pilette, également disponible sur Internet.

François Therrien, porte-parole du comité, peut être rejoint au 450 471-8371.

lundi 28 juillet 2008

Cellulaire - Danger accru pour les enfants ?

Article publié dans le Journal de Montréal, le 25 juillet 2008.

Un spécialiste américain du cancer recommande de ne pas laisser les plus jeunes manipuler des cellulaires.

Dans une prise de position exceptionnelle sur la question, un spécialiste américain du cancer sonne l'alarme sur les dangers du cellulaire pour la santé. L'éminent médecin conseille notamment de ne pas laisser de portable entre les mains d'un enfant.

Alors que médecins et chercheurs du monde entier sont loin de s'entendre et de se prononcer clairement sur la relation entre le cancer et le téléphone cellulaire, le Dr Ronald Herberman, directeur de l'Institut du cancer de Pittsburgh et spécialiste des tumeurs, s'affirme.

Dans un avis envoyé à ses quelque 3000 employés et intitulé Conseils importants de précaution sur l'utilisation du cellulaire, il dit être «convaincu qu'il existe assez d'information liant le téléphone portable à des effets néfastes sur la santé comme le cancer pour les mettre en garde». Conclusion qu'il est l'un des premiers à tirer.

Les enfants vulnérables

Le Dr Herberman prévient entre autres les membres de son équipe de ne pas permettre aux enfants d'utiliser un cellulaire.

«Les organes des foetus et des enfants étant en plein développement, ils sont susceptibles d'être plus sensibles aux effets des champs électromagnétiques émis par ce type de téléphone», explique-t-il.

Comme pour la cigarette au Québec, il demande de ne pas utiliser de portable dans des lieux publics afin de ne pas exposer autrui aux risques qui y sont liés. Le médecin donne aussi des trucs pour limiter l'exposition aux ondes du téléphone.

Il se base, entre autres, sur les résultats préliminaires d'un panel mondial de spécialistes qu'il dirige et selon lequel «le champ électromagnétique du cellulaire devrait être considéré comme un risque potentiel pour la santé».

«Mais ce ne sont que les premiers résultats et ils ne montrent pas de lien direct», précise le porte-parole de la Société canadienne du cancer, André Beaulieu.

Rare prise de position

Il est particulièrement rare qu'un spécialiste prenne une position aussi radicale quant aux effets du cellulaire sur la santé. Selon plusieurs médias américains, il s'agit d'une première aux États-Unis.

«Disons qu'on ne voit pas ça tous les jours», admet la directrice administrative de l'Institut du cancer de Montréal, Maral Tersakian, qui, comme la majorité des experts sur la question, préfère ne pas se mouiller.

«C'est qu'on marche un peu sur des oeufs, explique André Beaulieu. Il y a beaucoup de zones grises et tellement peu de réponses. À part pour le soleil et le tabac, c'est difficile d'établir avec certitude les causes du cancer».

Quelques conseils

  • Les recommandations du Dr Herberman pour limiter l'exposition aux champs électromagnétiques


  • Ne pas laisser de cellulaire entre les mains d'un enfant, sauf en cas d'urgence.


  • Garder le cellulaire le plus éloigné du corps durant les conversations. Utiliser une oreillette ou la fonction mains libres le plus souvent possible.


  • Ne pas utiliser le cellulaire dans des lieux publics pour ne pas exposer les autres au champ électromagnétique.


  • Éviter de garder le cellulaire près de vous en tout temps. Ne pas le placer sous l'oreiller ou à côté du lit la nuit.


  • S'il est nécessaire d'avoir le cellulaire sur vous en tout temps, placer la face avec les touches vers votre corps. N'utiliser le cellulaire que pour des conversations de quelques minutes.


  • Changer le cellulaire d'oreille régulièrement et attendre que le correspondant ait décroché avant de le placer près de votre tête.


  • Ne pas utiliser le cellulaire lorsque le signal est faible ou que vous vous déplacez à haute vitesse (voiture ou train). Cela augmente la force du champ électromagnétique.


  • Privilégier les messages textes plutôt que les appels.


Gabrielle Duchaine
Le Journal de Montréal

25 juillet 2008

jeudi 10 juillet 2008

Champs électromagnétiques: la menace fantôme

Transport d’électricité, téléphonie cellulaire, ordinateurs sans fil, micro-ondes : nous sommes constamment et de plus en plus exposés aux champs électromagnétiques. La technologie se développe à une telle vitesse que les scientifiques n’ont pas le temps d’en étudier les impacts. Cette surexposition permanente est-elle l’amorce d’une crise environnementale et de santé publique?

Depuis quelque temps, plusieurs gouvernements ont multiplié les interdictions au nom du principe de précaution. Cette approche, hautement controversée, a émergé dans la mouvance environnementale avant d’être entérinée dans la convention de Rio (sur la biodiversité), en 1992. Une définition actualisée, qui en vaut une autre, irait comme suit : «Des mesures doivent être prises lorsqu’il existe des raisons suffisantes de croire qu’une activité ou un produit risque de causer des dommages graves et irréversibles à la santé ou à l’environnement.»

C’est au nom de ce principe que le Portugal préconise une utilisation limitée du cellulaire chez les moins de 14 ans depuis l’an dernier ou qu’Israël interdit maintenant l’installation d’antennes relais de téléphonie cellulaire dans les quartiers d’habitations. En Suède, ceux qui souffrent d’hypersensibilité aux ondes électromagnétiques reçoivent une aide financière du gouvernement (même s’il ne reconnaît pas leur handicap).

En France, le sujet agite les passions. La semaine dernière, une vingtaine d’experts, en majorité cancérologues, ont sonné l’alarme à propos des sans-fil. Alors, est-ce dangereux? Pas sûr, mais soyons prudents, disent-ils. Le ministère français de la Santé qualifie le risque de «faible».

Ce qui n’a pas empêché la Ville de Paris, il y a quelques mois, de retirer les bornes Wi-Fi dans quatre de ses bibliothèques municipales. Des employés se plaignaient d’être sensibles aux ondes électromagnétiques et disaient souffrir de maux de tête, de nausées et des palpitations. La Ville ne reconnaît pas le lien entre le réseau sans fil et les problèmes de santé, elle l’a fait pour apaiser les tensions. Ce qui ne l’empêche pas de commander une étude comparative sur les réglementations et les dispositifs mis en place pour limiter l’exposition du public aux ondes utilisées pour les télécommunications.

Certains vont plus loin que les malaises physiques : on évoque le spectre de risques de cancer plus élevés pour ceux qui sont plus exposés, de même que de maladies neurodégénératives comme l’Alzheimer.

Crier au loup?

Devrait-on s’en préoccuper? Selon une étude de l’Institut national de santé publique du Québec, réalisée l’an dernier, les Québécois sont plus exposés aux champs électromagnétiques que les habitants des autres pays industrialisés, notamment parce que 70 % des maisons sont chauffées à l’électricité. L’Institut recommande d’adopter le principe de précaution compte tenu des incertitudes sur l’impact de l’exposition aux ondes.

Pour d’autres, tout ça équivaut à crier au loup. Si on examine les champs électromagnétiques des fils électriques, mieux connus, la science fait état d’effets minimes sur les êtres vivants. Il y a des risques d’augmentation de la leucémie chez les enfants qui vivent à proximité, mais le lien de cause à effet n’a jamais été démontré de façon irréfutable.

Il ne s’agit pas ici d’avoir peur d’avoir peur, mais plutôt de prendre certaines précautions pour éviter que ne se répètent des erreurs mortelles comme celles de l’amiante et du tabac — nocifs selon le degré d’exposition et la constitution de chacun.

En cas de doute, certaines précautions sont faciles à prendre. Dans le cas du Wi-Fi, installer la borne à au moins un mètre des utilisateurs et ne pas se placer entre celle-ci et les ordinateurs branchés; débrancher la borne quand elle ne fonctionne pas… Pour les cellulaires, utiliser un dispositif mains libres; limiter les conversations; éviter de le porter sur soi; ne pas laisser les enfants s’en servir sauf en cas d’urgence, etc.

La science ne nous donnera probablement pas de réponses sur les dangers potentiels des champs électromagnétiques avant plusieurs années. Et si danger il y a, il sera peut-être trop tard dans certains cas. Pousser le principe de précaution à son extrême mène à des actions comme l’arrêt de la fluoration à Québec... Nous profitons de ces nouvelles technologies. Mais nous en sommes les cobayes.

Éric Moreault
Le Soleil
Québec

mardi 3 juin 2008

Antennes et phénomènes bizarres

Québec - Reportage TVA diffusé le 8 février 2008
Le cellulaire s’est vraiment taillé une place dans nos vies. Aujourd’hui, 40% de nos liaisons téléphoniques passent par un sans-fil. Pour répondre à l’explosion de la demande, l’industrie a déployé 8 000 antennes au Canada jusqu’à maintenant. Certaines sont même installées directement sur le toit des tours à logements. Faut-il s’en inquiéter ? À Longueuil, un locataire constate d’étranges phénomènes dans son appartement depuis qu’on a placé une antenne au dessus de son immeuble.

En France, un projet de loi vient d’être présenté pour encadrer ces antennes. On veut renforcer la réglementation qui, selon certains, n’est pas assez sévère. Si le projet de loi est adopté, les opérateurs ne pourront plus implanter un équipement de transmission à moins de 300 mètres d’une habitation.

Pour visionner l'émission, cliquez sur le lien ci-dessous :
http://tva.canoe.com/emissions/je/reportages/20715.html