jeudi 22 janvier 2009

Champs électromagnétiques: la prudence s'impose, dit Option consommateur

Article publié dans Le Devoir
Édition du jeudi 22 janvier 2009


L'innocuité des champs électromagnétiques (CEM) émanant tant des prises électriques que d'un téléphone cellulaire ou d'une borne d'accès sans fil à Internet n'étant toujours pas démontrée, Option consommateurs appelle une fois de plus le gouvernement à faire preuve de prudence face à ces ondes qui se multiplient dans les environnements modernes.


Pis, sur la base d'un test d'exposition à ces CEM piloté conjointement avec le magazine Protégez-Vous, l'organisme a appelé hier, à l'occasion d'une conférence de presse tenue à Montréal, industriels et fabricants d'équipements électriques à mieux informer à l'avenir les consommateurs sur l'intensité des champs générés par leurs produits, et ce, pour permettre des choix éclairés.

Le magazine a en effet traqué ces ondes dans 10 maisons de la grande région de Montréal. Au total, 1500 mesures ont été effectuées, tant sur les champs électriques et magnétiques d'origine électrique (60 Hertz) que sur ceux produits par les ordinateurs, les cellulaires, les téléphones sans fil ou les fours à micro-ondes et dont les fréquences s'élèvent de 0,5 Méga-Hertz à 3 Giga-Hertz. Les détails sont dévoilés dans son édition de février 2009.

Résultat: «près de 50 % des mesures dépassent les limites d'exposition dites de précaution», c'est-à-dire les limites édictées par le projet BioInitiative, du Centre de recherche et d'information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (CRIIREM), a résumé hier Marie-Josée Boudreau, de Protégez-Vous. Notons que cette limite, de 0,1 microwatt par centimètre carré, est 10 000 fois inférieure à celle adoptée par le Canada.

En banlieue comme en ville, les résidences exposent généralement leurs habitants à des niveaux acceptables de CEM, indique le magazine. Les mesures réalisées se trouvent en effet dans les limites de précaution ou dans les limites dites de compromis, un peu plus élevées et adoptées entre autres par la Ville de Toronto pour encadrer ces rayonnements.

Le hic, c'est qu'il n'est pas possible d'en dire autant pour plusieurs appareils électriques utilisés au quotidien. C'est le cas par exemple des fours micro-ondes:

6 % des mesures d'exposition étaient considérées hors normes, alors que 75 % de ces même mesures se situaient entre la norme d'exposition canadienne et les limites de compromis. Par ailleurs, 71 % des ondes générées par routeur sans fil (pour accéder à Internet) étaient dans les limites de compromis, tout comme les lampes -- source de radiofréquences --, dont les trois quarts se situaient à l'intérieur de ces mêmes limites, avec une particularité toutefois: les ampoules à incandescence émettent moins de CEM que les ampoules fluocompactes, souligne Protégez-vous.

Devant ces résultats, Option Consommateurs recommande au gouvernement de prôner le principe de précaution face à ces rayonnements mais aussi de «revoir à la baisse les limites d'exposition aux émissions de radiofréquence», a expliqué hier son directeur général, Michel Arnold.

Cette mesure s'impose, selon les défenseurs des droits des consommateurs. C'est que les Québécois sont plus exposés au CEM que les autres citoyens de pays industrialisés en raison de la prédominance du chauffage électrique dans les résidences de la province, soulignent-ils.

Or, beaucoup d'inconnues persistent toujours quant aux effets délétères de ces champs sur la santé humaine. Depuis 2001, par exemple, le Centre international de recherche sur le cancer classe les champs de basse fréquence (liés à l'électricité) dans sa liste des choses «peut-être cancérigènes», aux côtés des gaz d'échappement et du puissant pesticide DDT. À l'inverse, l'Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) estime que «le degré de risque associé aux CEM pour l'ensemble de la population, s'il est réel, s'avère faible».

Fabien Deglise

vendredi 16 janvier 2009

HAUT-DÉBIT Ils démontent les antennes wifi de leur village

Article paru le 16 janvier 2009 dans le Dauphiné Libéré.

Les antennes Wifi de la discorde ont disparu du paysage de la Haute-Ubaye. Lundi, des habitants ont décidé de démonter eux-mêmes celles installées en août dernier sur le réservoir d'eau de Maljasset, un hameau de Saint-Paul-sur-Ubaye. Les membres du collectif "Robin des Lauzes" ont chaussé leurs skis et ils ont emporté les antennes dans un traîneau sur luge. Mardi matin, ils sont allés les déposer à la mairie.
«Tout le monde était contre. Les habitants des hameaux de Maurin sont attachés à leur qualité de vie. Ils n'ont pas envie d'être pollués par des ondes nocives à cause de ces grille-pains sur pattes» explique Léa Siméoni, qui fait partie des douze habitants permanents de Maljasset. Les antennes Wifi se trouvaient à 100 mètres de chez elle. «L'Europe préconise pourtant une distance minimale de 300 mètres» affirme-t-elle.

«Un scandale sanitaire»

Créé en septembre dernier pour s'opposer aux antennes Wifi, le collectif "Robin des Lauzes" rassemble une quarantaine de personnes. Les adhérents veulent bien bénéficier du haut-débit, mais pas faire courir un risque à leur santé ni à celle de leurs enfants.
«Nous avons agi au nom du principe de précaution. Nous n'avons jamais réussi à obtenir le dossier technique des antennes. Un scandale sanitaire risque d'éclater bientôt. Dans certaines zones, les cancers du cerveau ont été multipliés par deux et le nombre de leucémies a quadruplé» avance Léa Siméoni. «À ce prix-là, on préfère encore se passer du haut débit». Sa famille se contente pour l'instant d'une connexion vingt fois plus lente que le Wifi. Son voisin a, lui, trouvé une autre solution : une connexion haut-débit bi-directionnelle par satellite, proposée par Orange. «L'installation de la parabole lui a coûté 500 € et l'abonnement mensuel est de 35 €» précise Léa Siméoni.

Une chapelle défigurée

Mardi matin, les antennes Wifi posées sur la chapelle Notre-Dame-des-Neiges à la Barge ont été démontées à leur tour, cette fois par l'installateur. Elles étaient également très contestées, entre autres pour des raisons esthétiques. Les villageois leur reprochaient de défigurer l'édifice religieux.
«Le hasard a bien fait les choses» commente Léa Siméoni. Le collectif reproche à la municipalité d'avoir voulu déplacer les antennes sur une tour en béton entre les deux hameaux. «Lors de la réunion publique du 29 septembre, le maire s'était pourtant engagé à les démonter. C'est un simple problème technique qui a fini par décourager ceux qui tentaient de passer en force» observe Léa Siméoni.
Les antennes démontées en début de semaine n'ont jamais fonctionné. «Le collectif a empêché leur mise en service» affirme Léa Siméoni. Une autre antenne était prévue au hameau de Combe-Brémont, mais elle n'a jamais été installée, à la suite de l'action du collectif "Robin des Lauzes".

Réduire la fracture numérique


Les antennes avaient été financées par la communauté de communes de la vallée de l'Ubaye (CCVU) pour réduire la fracture numérique dans les zones blanches qui ne sont pas couvertes par l'ADSL. «Le Wifi, c'était la seule solution alternative à l'époque» explique Virginie Bourdin, directrice du Pays Sud qui a conduit les études et cherché les financements pour le compte de la CCVU. «De nombreux habitants réclamaient le haut-débit. Le Wifi n'est pas puissant. Il est moins dangereux qu'un téléphone portable. C'est un peu comme la peur de la télévision dans les années 50» observe-t-elle.
«On nous prend peut-être pour des extra-terrestres ou des marginaux, mais notre combat est légitime» répond Léa Siméoni.

mardi 6 janvier 2009

Pierrefonds - La petite histoire d'une antenne de téléphone mobile

Cités Nouvelles - Article mis en ligne le 19 septembre 2008
par Marie-Hélène Verville

Depuis six mois, elle trône sur le terrain de l'église Westminster Presbyterian Church à Pierrefonds sur la rue Monk, près du boulevard Gouin. Après avoir reçu un appel d'un citoyen inquiet, Cités Nouvelles est allé la voir de plus près.
L'antenne de téléphone mobile Rogers est difficile à manquer dans le paysage: elle est immense. Est-elle dangereuse pour la santé du voisinage? Pas selon Santé Canada. Ce qui cause l'inquiétude de certains, c'est la présence de champs magnétiques. Selon le Centre international de recherche sur le cancer, relié à l'OMS, les champs magnétiques seraient «peut-être» cancérigènes.

Au pays, la construction de ce genre d'antenne est permise un peu partout sur le territoire. Dans l'arrondissement Pierrefonds-Roxboro par exemple, il existe aussi des antennes de ce genre au boulodrome, sur un terrain appartenant à l'AMT et dans un dépôt de neiges usées situé plus à l'ouest. Ces informations sont d'ailleurs publiques.
Est-ce qu'il y a eu consultation?
À l'arrondissement, on explique qu'à chaque fois qu'une antenne est posée, il y a consultation. Et dans le cas de Westminster Presbyterian Church Pierrefonds? Selon l'arrondissement, l'église située au 13140 rue Monk a fait une demande en 2001 pour installer une antenne sur son terrain, demande qui a été acceptée à la ville. Il y a donc eu changement de zonage et consultation à ce moment-là.
Depuis 2001 donc, Rogers loue cet espace à l'église. En 2007 la compagnie a voulu faire construire la fameuse antenne. La Ville, en accord avec le changement de 2001, a donc accepté. Voilà pourquoi il n'y a pas eu de consultation officielle lors de la construction il y a près de six mois.

L'église a-t-elle averti ses voisins? «Je crois que le conseil d'administration a consulté les voisins d'en arrière (une garderie) seulement», explique le pasteur de la Westminster Presbyterian Church Pierrefonds, Maurice Bergeron. «L'assentiment de la paroisse était là par contre», affirme-t-il. «Pour ce genre de projet, nous devons avoir accord des paroissiens.» Cette communauté religieuse compte une centaine de paroissiens actifs.

Selon l'entente financière signée avec la communauté religieuse, Rogers a même pavé le stationnement de la Westminster Presbyterian Church Pierrefonds et installé des égouts adaptés. Cette mesure a été exigée par Pierrefonds-Roxboro.

Et l'argent de la location? Les sous serviront à la paroisse. La pratique est courante: plusieurs églises louent un espace aux Rogers et Bell de ce monde. Souvent, l'antenne-relais est cachée. L'église Saint-Joachim de Pointe-Claire serait d'ailleurs en pourparlers avec Bell pour louer un espace dans leur clocher neuf, nous apprenait The Chronicle, il y a quelques mois. L'antenne de l'église de la rue Monk, elle, est plus difficile à cacher aux yeux du public.

Saint-Bruno s'oppose à l'installation d'un pylône

Le Journal de Saint-Bruno - 29 octobre 2008

Malgré les demandes insistantes de la compagnie Bell Mobilité, la Ville de Saint-Bruno s'oppose à l'installation d'un pylône d'antenne de télécommunication sans fil au 2300, boulevard Sir-Wilfrid-Laurier. Industrie Canada pourrait toutefois passer outre le refus des élus et en permettre la construction malgré tout.

L'entreprise a déjà fait des demandes similaires en 2002, 2004, 2005 et 2007. En 2004, un projet de règlement visant à autoriser l'installation d'une antenne de télécommunication similaire dans le même secteur avait entraîné de nombreux commentaires négatifs de la part des citoyens. En janvier 2005, 41 personnes avaient d'ailleurs signé une lettre réclamant davantage d'information, notamment les impacts sur la santé des citoyens adjacents et sur l'apparence d'une telle structure. Le projet a finalement été refusé.

Dans une résolution adoptée la semaine dernière, le conseil municipal fait valoir que l'emplacement choisi par Bell Mobilité est adjacent à un secteur résidentiel existant ainsi qu'à d'éventuelles nouvelles propriétés résidentielles et commerciales, puisque le développement résidentiel se dirige vers le 2300, boulevard Sir-Wilfrid-Laurier. Il plaide également que cette structure «viendra compromettre la mise en valeur du paysage emblématique du mont Saint-Bruno».

Selon le maire suppléant, Denis Arpin, la nouvelle structure serait d'une hauteur de 36,5 mètres (120 pieds) et serait donc la plus haute tour à Saint-Bruno. «Il y a des tours similaires sous les lignes d'Hydro-Québec. On aurait souhaité un endroit similaire pour l'implanter», a-t-il indiqué.

Ce dernier dit craindre que le gouvernement ne tienne pas compte de l'avis de la municipalité et permette à Bell Mobilité d'installer malgré tout son antenne au 2300, boulevard Sir-Wilfrid-Laurier. Pour qu'Industrie Canada intervienne dans le litige, il faudrait que l'une des parties en fasse la demande. «Sur demande d'intervention écrite provenant d'une partie autre qu'un membre du public en général à propos d'une préoccupation raisonnable et pertinente, le Ministère exigera que les parties concernées fournissent et partagent toute information reliée au litige. Le Ministère peut également recueillir ou obtenir d'autres renseignements utiles et demander aux parties de fournir une nouvelle présentation, le cas échéant. Cette information permettra au Ministère de rendre une décision finale sur la ou les questions en litige, puis d'en informer les parties ou de suggérer aux parties qu'elles recourent à un autre processus de résolution des litiges afin d'en arriver à un accord final. Si les parties ne parviennent pas à trouver une solution mutuellement acceptable, l'une ou l'autre peut demander au Ministère de trancher la question», précise-t-on sur le site internet d'Industrie Canada.

Au moment de mettre sous presse, il avait été impossible d'obtenir plus d'information de Bell Mobilité et de savoir si l'entreprise comptait se prévaloir de ce mécanisme.

Il existe actuellement trois pylônes semblables à celui qui est projeté par Bell Mobilité sur le territoire de Saint-Bruno. Un se trouve dans le parc industriel et les deux autres sont sur le mont Saint-Bruno. D'autres antennes sont aussi installées, notamment, sur les pylônes d'Hydro-Québec, dans le clocher de l'église et sur le toit du Manoir Saint-Bruno.

Chasseur d'ondes au cégep de Saint-Jérôme

mercredi 17 décembre 2008

Et s’il veut un portable à Noël ?

Au nom du principe de précaution, plusieurs associations lancent aujourd’hui une campagne s’opposant à l’usage du téléphone portable par les moins de 12 ans. A défaut de leur interdire totalement l’appareil, voici nos conseils pour une utilisation raisonnée.

«Un portable avant 12 ans, c’est non ! » Voilà le message qui s’affiche actuellement en grand sur tous les murs de Lyon. Pour la première fois, une grande ville affirme haut et fort ce que n’ont pas encore osé faire les pouvoirs publics, faute de preuves scientifiques formelles sur la dangerosité des ondes sur la santé. Parallèlement, une dizaine d’associations, dont Agir pour l’environnement, la FCPE et la Ligue de l’enseignement, lancent aujourd’hui une campagne contre l’utilisation du téléphone portable par les enfants.
Elles réclament des règles pour encadrer le développement de toutes ces technologies qui utilisent les ondes électromagnétiques, comme le portable, mais aussi la wi-fi dans les bibliothèques pour jeunes, ou l’installation des antennes-relais près des écoles… « On en sait déjà suffisamment, explique Mireille Roy, adjointe au maire déléguée à l’écologie urbaine de Lyon, pour qu’au nom du principe de précaution, on avertisse les parents, surtout en cette période où ils sont en train de faire leurs courses de Noël. »
Si, chez les petits de primaire, il est facile d’interdire le portable, pour leurs aînés collégiens chez qui il constitue, selon les sociologues, « un véritable rite de passage » , c’est une autre affaire. A l’heure de la chasse au cadeau, voici les conseils des experts pour restreindre son utilisation par vos enfants, et leur faire adopter de nouveaux gestes de prudence.

Le plus tard possible. Comme bon nombre d’experts, la ville de Lyon s’est arrêtée sur l’âge de 12 ans, mais les associations vont plus loin en prônant une résistance jusqu’à 14 ans. Car jusqu’à 15 ans, le cerveau est encore en phase de maturation, donc plus sensible aux ondes… Or, actuellement, 18 % des écoliers et 72 % des 12-14 ans possèdent un portable.

Des conversations courtes. La règle, c’est moins de trois minutes. Au-delà, ça chauffe trop ! Il faut conseiller à votre progéniture de réserver le mobile aux coups de fil essentiels, de communiquer plutôt par SMS, et d’utiliser le téléphone fixe pour les longues discussions entre copains. Et, afin de limiter les appels, optez pour les forfaits bloqués.

Le plus loin du corps. Eviter que les enfants ne portent sur eux leur appareil, même en veille, le poser loin de leur bureau, jamais sous l’oreiller, et surtout jamais dans la poche avant du pantalon (l’appareil génital des adolescents est une zone particulièrement sensible aux ondes). Lors des appels, le garder à plus d’un mètre du corps en utilisant le haut-parleur ou le kit mains libres.

Lire les notices. Acheter de préférence des mobiles à faible niveau d’émission ; bien caché sous le sigle DAS (débit d’absorption spécifique), il est différent selon les modèles, certains émettent plus que d’autres.

Le Parisien

vendredi 12 décembre 2008

Mobilisation contre une antenne du ministère des Transports

Publié dans La Presse le 15 octobre 2008

La mise en place par le ministère des Transports du Québec (MTQ) d'une antenne de télécommunications haute de 200 pieds dans un quartier de l'arrondissement d'Anjou a semé la consternation chez les résidents, qui réclament son déménagement.

Plusieurs d'entre eux sont venus exprimer leur découragement et présenter une pétition de 150 noms au conseil d'arrondissement, mardi. Pour Dominique Ruscio, résidant de l'avenue Tourelles, cette tour est «laide».

«On la voit de partout, dit-il. De plus, est-ce que les systèmes de télécommunications ou les émetteurs qui pourraient y être placés peuvent nuire à la santé? Et surtout, ça s'est fait dans le plus grand secret. Personne n'était au courant. C'est quand même incroyable! Cela démontre le mépris du ministère des Transports, car on aurait pu la placer ailleurs.»

Le MTQ a installé cette antenne afin d'améliorer ses communications par ondes hertziennes. Elle l'a placée sur un terrain qui lui appartient près de l'autoroute 25, après avoir obtenu un permis en bonne et due forme du service d'urbanisme de l'arrondissement. Mais le MTQ aurait pu s'en passer, selon la réglementation fédérale et provinciale.

Si Radio-Canada, pour le renouvellement du bail concernant son antenne sur le mont Royal, a dû passer par une consultation publique, ce n'est pas le cas du MTQ, qui n'a pas eu besoin d'informer les résidants et encore moins de demander leur avis.

Le maire d'Anjou, Luis Miranda, dit avoir été mis au courant de ce dossier «il y a deux semaines». «Nos gens étaient au courant depuis avril, dit-il. Jamais personne ne m'a rien dit. C'est clair que c'est un manque flagrant de nos fonctionnaires, car même si on ne pouvait refuser de permis, on aurait pu faire des pressions pour que la tour soit placée ailleurs. Je comprends les citoyens, qui ont 100% raison.»

La mobilisation des citoyens a des effets. La députée libérale d'Anjou, Lise Thériault, a communiqué avec le Conseil du Trésor. Les travaux d'aménagement de l'antenne ont été arrêtés. Mme Thériault a aussi joint M. Miranda, qui lui a dit que l'arrondissement était prêt à donner un terrain dans le quartier industriel.

«Le Ministère se rend compte que ce n'était pas une chose à faire en ville, dit M. Miranda. Dans notre dépôt à neige, il y a de la place et c'est loin des quartiers résidentiels. Je pense que l'antenne sera bientôt déplacée.»

Éric Clément
La Presse

jeudi 4 décembre 2008

La peur du sans-fil


Reportage diffusé le 23 septembre 2008 à la télé de Radio-Canada Colombie Britannique

Les parents de l'école Rose des Vents de Vancouver s'inquiètent pour la santé de leurs enfants avec la multiplication des réseaux sans fil. Le Wi-Fi, c'est pratique, on peut se connecter partout à la maison, en ville, dans des cafés ou des bibliothèques. C'est pratique, mais est-ce que c'est bon pour la santé? Quels sont les effets, sur le corps humain, de ces ondes qui circulent presque partout?
Reportage de Benoît Ferradini

Cliquez ici. Durée : 7 min 18 s
http://www.radio-canada.ca/regions/colombie-britannique/tele/Chroniques/index_724_9_08.shtml

mercredi 3 décembre 2008

Veaux, vaches, cochons... et 400 000 volts


Photo : AFP/MARCEL MOCHET

Reportage publié dans Le Monde, le 2 décembre 2008.


LATRONCHE (CORRÈZE) ENVOYÉ SPÉCIAL

Chez les Marcouyoux, à Latronche, dans la partie orientale de la Corrèze, le téléphone sonne souvent en ce moment. Au bout du fil : des agriculteurs, des élus ruraux, des responsables associatifs, qui, tous, veulent savoir comment ils ont "fait". Les appels viennent des "quatre coins de la France !", n'en revient pas le père, Michel, 59 ans. "De partout où passent des lignes à très haute tension", enchaîne le fils, Serge, 34 ans.

Ce qu'ont "fait" les Marcouyoux et leur avocat, Philippe Caetano, n'est, il est vrai, pas banal. Saisie par eux, une juridiction civile a, pour la première fois, établi un lien de causalité entre une ligne électrique et des troubles sanitaires sur des animaux. C'était le 28 octobre dernier : le tribunal de grande instance de Tulle condamnait Réseau de transport d'électricité (RTE) - une filiale d'EDF chargée de gérer le transport d'électricité en France - à verser 390 648 euros pour le préjudice "direct, matériel et certain" subi par l'exploitation de la famille Marcouyoux. RTE ayant interjeté appel, l'affaire, certes, n'est pas terminée. Mais la décision fait date. Et grand bruit dans Landerneau.

Paysans de père en fils, les Marcouyoux ont toujours vécu dans cette ferme isolée de la vallée de la Dordogne dont les murs, croit savoir le chef de famille, datent du XVIIe siècle. "On était là avant EDF !", martèle-t-il.

La ligne électrique qui surplombe leur exploitation remonte, elle, à la seconde guerre mondiale et à la construction du barrage de l'Aigle situé à quelques kilomètres de là. "On a toujours connu des problèmes inexpliqués avec les animaux : des morts, des avortements, des bêtes pas bien résistantes..., raconte Michel Marcouyoux. Mais les choses ont empiré au début des années 1990 quand une nouvelle turbine a été installée au barrage de l'Aigle. Le courant, qui était à 225 000 volts, est alors passé à 400 000 volts."

A cette époque, les Marcouyoux font encore paître leurs vaches laitières au pied des deux pylônes de 55 mètres qui se dressent au milieu de leurs terres. Plus pour longtemps. Ils élèvent également des porcs. Plus pour longtemps, là non plus. Hémorragies, ulcères, inflammations, avortements, myopathie, arthrite... Le catalogue des tortures endurées par leurs bêtes ne va cesser de s'étoffer au fil des années.

Le summum de l'horreur est atteint en 1998, peu de temps après qu'un scientifique leur a expliqué que leurs malheurs venaient de la ligne qui grésille au-dessus de leurs têtes. Les Marcouyoux ont beau alors se rapprocher d'une association d'agriculteurs bretons connaissant les mêmes difficultés, ils pensent régler cela "à l'amiable" avec EDF. "Quelqu'un de chez eux est venu nous dire qu'il y avait des "courants telluriques" dans le sol ! Le gars inventait bien sûr, car il fallait bien trouver une explication. Il a préconisé le câblage de notre porcherie à une terre périphérique - d'en faire une cage de Faraday en quelque sorte. Il nous a même dessiné un plan que nous avons suivi à la lettre en installant 200 m de câble de cuivre autour du bâtiment. Ç'a été une vraie catastrophe ! On a tout démonté le lendemain", se souvient le père. "Des truies ont avorté en 24 heures, poursuit le fils. On a même vu des petits manger leur mère. Les experts écriront ces mots terribles dans leur rapport : cannibalisme animalier."

Située à 50 m de la ligne électrique et dotée de cages pour gestantes en Inox, la porcherie est incontestablement le bâtiment le plus exposé de la ferme Marcouyoux. Ou plutôt "était".

La famille d'éleveurs a en effet mis fin à son activité porcine en mai 2005. De guerre lasse. "Les porcelets finissaient par ne plus aller à la mamelle. Ils faisaient le tour du parc avec des yeux exorbités. Les truies, elles, ressortaient tout à l'accouchement : la matrice, les boyaux... Notre dernier lot comprenait huit bêtes : six ont fini chez l'équarrisseur", raconte la mère, Maryse, 57 ans. "Certains matins, il faisait pas beau à y aller voir", résume Serge.

Entre-temps, les Marcouyoux ont décidé de poursuivre RTE en justice. Sans complexe. Mais sans certitude non plus. Pensez. Ici, des petits paysans corréziens étranglés par les emprunts. Là, une entreprise pesant 4 milliards d'euros de chiffre d'affaires.


"LES ANIMAUX, C'EST LE REVENU"


Le pot de terre contre le pot de fer. La procédure va durer huit ans. Huit ans durant lesquels les plaignants vont faire face aux rumeurs : "Ils (RTE) ont fait courir le bruit qu'on était des mauvais agriculteurs, et que si nos animaux crevaient, c'était de notre faute." Huit ans durant lesquels les Marcouyoux vont aussi apprendre à "composer" avec ces ondes électromagnétiques tellement puissantes qu'elles sont capables d'allumer un néon tenu à bout de bras en plein champ !

Deux solutions vont être trouvées. La première : modifier l'alimentation des vaches. "On est obligés de les doper en oligoéléments et en vitamines, explique Serge. Le résultat est médiocre à l'arrivée, mais au moins les animaux sont sauvés." L'autre réponse aux ondes est évidemment l'éloignement. Les 50 prim'holsteins du GAEC (Groupement agricole d'exploitation en commun) Marcouyoux broutent aujourd'hui à 300 mètres de la ligne électrique. La traite est, du coup, bien plus longue à effectuer, car il faut faire revenir les vaches à l'étable deux fois par jour. La moitié des bêtes - les plus résistantes - dorment également dehors afin de limiter la surexposition nocturne. Les choses devraient toutefois s'améliorer d'ici à quelques mois quand le nouveau bâtiment à bovins sera terminé, à un kilomètre de là. Les Marcouyoux en ont repris pour dix ans d'emprunt à la banque. "On est fous de s'être lancés là-dedans, disent père et fils d'une même voix. Mais c'était ça ou s'arrêter."

Et eux, comment vont-ils ? Couci-couça, à les croire. Le père est sourd d'une oreille, la mère aussi. Sujet à des difficultés respiratoires, le fils va, lui, dormir certaines nuits dans une caravane située à l'autre bout de l'exploitation, à côté de la future étable. Au même endroit, les Marcouyoux ont également obtenu un permis de construire pour une nouvelle ferme. Mais ils doutent d'avoir assez de force pour mener cet autre projet. "La logique aurait voulu qu'on commence par construire une maison pour nous plutôt qu'un bâtiment pour les bêtes, admet le père. Mais il fallait sauver les animaux. Car les animaux, c'est le revenu. Et sans revenu..."

Frédéric Potet

lundi 1 décembre 2008

Téléphone cellulaire: quels risques pour les enfants ?


Jean-François Cloutier, La Presse
01 décembre 2008 | 08 h 05


L'Agence de la santé publique de Toronto a jeté un pavé dans la mare, l'été dernier, en devenant la première au Canada à recommander la prudence en ce qui concerne l'utilisation du téléphone portable par les enfants.

L'Agence indique dans son rapport que même si la plupart des études menées jusqu'ici concluent que le cellulaire est sans effet sur la santé, son impact à long terme n'est pas encore clair. Elle ajoute que les enfants pourraient être davantage susceptibles que les adultes de subir les effets potentiellement nocifs des ondes.



«Alors que les scientifiques niaient tout risque jusqu'ici, il semble, avec l'accumulation des études, que les gens qui ont utilisé un téléphone portable sur une longue période sont plus à risque de développer certaines tumeurs au cerveau», explique l'auteure du rapport, Lauren Vanderlinden.

Aux États-Unis, le directeur de l'Institut du cancer de l'Université de Pittsburgh, le Dr Ronald Herberman, a fait écho à l'avertissement de Toronto en recommandant que les enfants n'utilisent le portable qu'en cas d'urgence: «Je suis convaincu qu'il y a assez de données pour justifier un avis donnant des précautions à prendre avec le cellulaire.»


Des recommandations similaires ont aussi été formulées en France, en Allemagne et en Inde.


Au Québec, rien de tel n'est encore en vue. Le ministère de la Santé confirme n'avoir aucun projet d'avis du même genre, pas plus qu'il n'envisage de commander des études sur les dangers potentiels du portable.

«On ne peut pas dire que le cellulaire soit absolument sans risque, mais on ne peut pas dire non plus qu'il cause le cancer comme le font la cigarette ou le soleil», affirme avec prudence André Beaulieu, porte-parole de la Société canadienne du cancer, section Québec.

Sur son site internet, l'organisme donne quand même quelques options aux gens inquiets: choisir de ne pas avoir de téléphone portable, utiliser un casque d'écoute au lieu de mettre l'appareil à son oreille, fixer certaines restrictions aux enfants...


Panique injustifiée?


«Les enfants pourraient être plus à risque s'il devait y avoir un danger, reconnaît M. Beaulieu. Le cancer est une maladie des cellules, et les enfants ont une croissance cellulaire plus rapide que les adultes.»

Dans son rapport, l'Agence de la santé de Toronto explique que les enfants ont une tête plus petite, une boîte crânienne, une peau et des oreilles moins épaisses. Leurs cellules nerveuses conduisent l'énergie - comme celle des ondes - mieux que les cellules des adultes. Leur cerveau y est aussi plus sensible.

«On sait que les enfants sont plus susceptibles de contracter une maladie quand ils s'exposent longtemps à l'énergie des pylônes électromagnétiques. Est-ce que c'est la même chose avec les ondes du cellulaire?» demande M. Beaulieu. «Je ne peux pas vous direqu'il n'y a aucun danger.»

Y a-t-il une panique injustifiée qu'il faudra mettre plus tard avec les grandes peurs plus ou moins irraisonnées du tournant du XXIe siècle, dont le bogue de l'an 2000?

Le représentant de l'Association canadienne des télécommunications sans fil (ACTS), Mark Choma, en est convaincu: «J'ai moi-même deux enfants et je n'ai aucune crainte à leur faire utiliser un téléphone cellulaire.»

«Toutes les agences de santé sérieuses, - je parle de l'Organisation mondiale de la santé, de Santé Canada - indiquent qu'il n'y a pas d'effets sur la santé.»

L'ACTS se défend de vouloir cacher quoi que ce soit: «Nous avons toujours encouragé et nous continuons d'encourager la recherche», plaide M. Choma.

Pour le moment, Santé Canada semble en effet partager son optimisme et confirme «ne voir aucune raison scientifique de croire que l'utilisation de téléphones cellulaires est non sécuritaire».

Des experts de poids abondent aussi dans le sens de l'industrie du sans-fil. Le prix Nobel de physique Georges Charpak s'est déclaré convaincu, dans une interview avec le magazine Le Figaro, que des recherches sérieuses ne montreraient aucune différence significative entre une population exposée aux ondes et une autre ne l'étant pas. «Oui, j'ai peur du téléphone portable: j'ai peur de me faire renverser par un type qui téléphone au volant», a-t-il lancé.

Sauf dans le cas improbable d'une percée majeure dans la recherche, le débat devrait durer encore longtemps. En effet, s'il devait y avoir une incidence accrue de cancers chez les utilisateurs de portables, celle-ci pourrait ne pas se révéler avant des décennies.Des études contradictoires


Des études contradictoires


Les études se contredisent quant aux effets du téléphone cellulaire sur la santé. Portant sur des groupes trop petits, aucune n'apporte une démonstration définitive.

Si plusieurs concluent à l'innocuité du téléphone cellulaire, une des plus récentes, réalisée par un chercheur de l'Université catholique de Louvain, en Belgique, démontre que des rats de laboratoire exposés aux ondes des téléphones portables et des réseaux Wi-Fi ont un taux de mortalité multiplié par deux.

Une autre étude a démontré que des plants de tomates soumis à des ondes semblables à celles des portables réagissaient en sécrétant des molécules de stress.


Problèmes de comportement


Une autre, toute récente, suggérait que les enfants de femmes ayant utilisé fréquemment le cellulaire lors de leur grossesse étaient plus susceptibles d'avoir des problèmes de comportement.

On en saura peut-être un peu plus lors de la parution des résultats d'une vaste étude internationale, Interphone, lancée en 1999. Cette étude compare quelque 7000 patients de 13 pays atteints d'une tumeur à la tête avec un groupe témoin. Jusqu'ici, des résultats préliminaires diffusés suggèrent dans certains cas un risque "faible" de tumeurs après une utilisation intense du cellulaire pendant 10 ans.

Annoncés d'abord pour 2005, les résultats définitifs devraient finalement être connus l'an prochain.



Dix précautions à prendre

Le Dr David Servan-Schreiber, auteur des best-sellers Guérir et Anticancer, a lancé cette année un appel dont la portée a été mondiale. Entouré d'un aréopage de chercheurs de renommée internationale, le charismatique psychiatre, qui a lui-même eu un cancer au cerveau, a énoncé 10 précautions à prendre avec le cellulaire.

1- Ne pas autoriser les enfants de moins de 12 ans à utiliser un téléphone portable sauf en cas d'urgence.

2- Lors des communications, maintenir le téléphone à distance du corps. Favoriser l'utilisation des dispositifs mains libres.

3- Rester à distance d'une personne en communication et éviter d'utiliser un téléphone portable dans des lieux publics.

4- Éviter le plus possible de porter un téléphone mobile sur soi, même en mode veille.

5- Si on doit porter un cellulaire sur soi, s'assurer que sa face «clavier» soit dirigée vers son corps et sa face «antenne» vers l'extérieur.

6- N'utiliser le téléphone portable que pour établir le contact ou pour des conversations de quelques minutes.

7- Lors des communications, changer l'appareil de côté régulièrement.

8- Éviter d'utiliser le portable lorsque la force du signal est faible ou lors de déplacements rapides.

9- Communiquer par textos plutôt que par la voix.

10- Choisir un appareil avec le débit d'absorption spécifique (DAS) le plus bas possible.

samedi 29 novembre 2008

Australia : Mobile phone radiation fries sperm!


Evan Maloney
Monday, October 20, 2008 at 06:59pm



Well, well, well, there’s a headline to send a few jitters through the sperm banks and IVF clinics of the world.

The first thing I thought when I read this headline was, “Maybe the Nasa scientists have got it all wrong, maybe outer-space doesn’t smell like fried steak at all.”

The preliminary study, presented at a fertility conference in Brisbane today, is the first of its kind, and supports US research showing heavy mobile phone users have up to 40 per cent lower sperm counts than lighter users.

Researchers at the University of Newcastle built a device to irradiate sperm at the same radio frequency as mobile telephone calls.

I mean, really, how many dire warnings, threats and fear-mongerings have researchers been paid good money to fill out heads with over the years regarding mobile phone use. Mobile phones have been the cause of everything from brain tumours to fried sperm to hair loss to an inability to read road signs in an effective manner while driving the car. Maybe only the last one has been proved categorically. Maybe we will all die of a brain tumor in fifteen years, maybe my sperm is getting fried right now, and maybe, just maybe, this is another example of people trying to justify the money they get paid to waste everybody’s time with ridiculous research.

Building a device to irradiate sperm? What the hell is wrong with you? Do you think I shove my mobile phone down my underpants whenever I want to make a phone call to my wife? Are you nuts?

Is this just me? Do we need an S.O.S ("Save our Sperm") Foundation?

Maroc : Antennes relais de la discorde

Publié sur www.yabiladi.com, le 28.11.2008 | 13h42

Les antennes relais de la téléphonie mobile reviennent au-devant de la scène. Des habitants qui s'y opposent à Ben M'Sik à Casa ont été tabassés par les forces de l'ordre. Le milieu associatif des droits humains crie au scandale.

Les antennes relais de la téléphonie mobile font parler d'elles de nouveau. Mercredi matin, les habitants du quartier «Al Ahd El Jadid» à Ben M'Sik s'étaient réunis pour protester contre l'installation d'une nouvelle antenne. Leur manifestation sera finalement de courte durée, puisque le propriétaire du local, dont la terrasse a été louée à un opérateur de téléphonie, a fini par alerter les forces de l'ordre qui sont arrivées en grands renforts. Et qui, à en croire l'AMDH (Association marocaine des droits humains), n'y sont pas allées de main morte. Jeudi vers midi, c'est Mohamed Abou Ennassr, patron de la section casablancaise de cette ONG, qui était encore en train de faire le bilan des dégâts d'une «intervention policière d'une violence inédite» qui n'a épargné ni femmes, ni vieillards, ni même nourrissons. «C'était de la sauvagerie à l'état pur et, on ne sait pour quelle raison, les coups de matraque n'ont pas épargné la tête et les organes génitaux de manifestants pacifistes», déclare M. Abou Ennassr qui cite l'exemple d'un vieillard grièvement blessé. Un euphémisme, puisque Mohamed El Koraichi, né en 1920 et artiste peintre connu du quartier et de la ville, s'en est sorti avec des fractures au bassin. Inguérissables, précise son entourage. S. G, elle, venait juste de subir une opération chirurgicale, mais son état est des plus graves ayant été frappée là où elle a été opérée. Et puis, il y a Ala'e, un an à peine, qui a été carrément arraché du dos de sa mère et jeté par terre. Les militants de l'AMDH affirment même avoir relevé des traces de griffures qu'aurait subi le nourrisson. Et, pour finir, M.K, collégien de 15 ans, a été tabassé avant d'être embarqué par les forces de l'ordre qui ont effectué 12 arrestations au total : quatre femmes en plus de plusieurs militants de partis (PSU, CNI).

Tous avaient été relâchés vers 23 heures à l'exception de Saïd Diane, syndicaliste de la CDT et membre du CNI (Conseil national ittihadi). Et cela ne s'arrête pas à ce stade, puisque les douze personnes devaient être présentées à la justice vendredi ou samedi. «Nous sommes désormais, et depuis quelque temps, confrontés à cette nouvelle catégorie de dépassements et notamment aux quartiers Al Ahd EI Jadid et Al Hassania où des citoyens sont réprimés violemment pour avoir protesté contre des installations susceptibles de constituer de graves dangers pour la santé», commente Mohamed Abou Ennassr. Ce dernier affirme d'ailleurs qu'un comité de soutien aux habitants de ces deux quartiers a été mis en place et où sont représentés plusieurs ONG, syndicats et partis politiques. «Cela devient de plus en plus fréquent de voir des citoyens, un peu partout, tabassés pour avoir protesté de manière civilisée, au lieu d'être écoutés pour des revendications tout à fait légitimes», s'insurge Khadija Ryadi, présidente de l'AMDH. Pour cette dernière, l'Etat se trouve auteur de «pratiques inacceptables», puisqu'il intervient, et mobilise ses forces de sécurité, au service d'entreprises privées au lieu de défendre l'intérêt général. Donne nouvelle pour les ONG des droits humains, l'AMDH travaille actuellement, au niveau local, à réunir tous les éléments de ce dossier. Et, au niveau central également, à étudier les aspects juridiques de la chose. La polémique des antennes relais ne fait que redémarrer. Pour de bon.

De Ben M'Sik à Auch

Autres cieux, autres pratiques. A Auch, une petite localité du Gers (Sud de la France), l'opérateur Orange est malmené depuis plusieurs mois pour l'installation d'une antenne relais destinée à renforcer le débit Internet pour les téléphones mobiles et ce sur un terrain privé. Les habitants, constitués en collectif, ont envoyé au maire de la commune une pétition portant 300 signatures et mis en place une sorte de comité de vigilance. Pendant ce mois de novembre, Orange a quand même dépêché ses techniciens pour installer ladite antenne, mais en a été empêché. Le maire, en guise de première mesure, a décidé de ne pas autoriser l'acheminement de l'électricité pour les besoins d'alimentation, et donc de fonctionnement de l'antenne. Il s'est réuni avec les représentants de l'opérateur pour, in fine, proposer d'autres sites, plus éloignés des habitations. Personne n'a été tabassé pendant toutes ces péripéties et pas un seul uniforme n'était visible pour quelque intervention que ce soit. Cela dit, les scientifiques restent toujours divisés quant aux réelles répercussions des antennes relais installées près des habitations. Quelques pays ont opté toutefois pour le «principe de précaution». En Israël, les autorités ont adopté une solution plus radicale et interdit l'installation de ces antennes près des habitations. Au Maroc, on est encore loin du compte. Sauf de celui des victimes de l'intervention des forces de l'ordre, chaque fois que des citoyens s'y opposent.

Mohammed Boudarham
Source: Le Soir Echos

jeudi 27 novembre 2008

Antenne relais : un scandale sanitaire en sommeil ?

Ile de la Réunion
CLICANOO.COM | Publié le 27 novembre 2008

En métropole, une décision de justice vient peut-être de lever le voile sur un futur scandale sanitaire. En imposant à Bouygues Telecom, le démontage d’une de ses antennes relais, le tribunal a donné un écho à la population. À la Réunion aussi, les craintifs de ces champs électromagnétiques sont montés au front, sans succès. Et pourtant, des médecins se mouillent et attestent de la nocivité des piliers.

Le temps où les ondes pouvaient se propager à outrance, en toute tranquillité, paraît révolu. La métropole a montré la voie, les consommateurs d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’hier. Ces deux dernières années, la Réunion a vu tourner quelques pétitions, réclamant avec fermeté la disparition d’antennes relais. La population craint le pire sur l’impact sanitaire de ces champs électromagnétiques. Durant ces quelques épisodes, deux acteurs prédominent : la population et l’opérateur. Pour une seule conclusion : l’impression persistante pour la première de ne pas avoir son mot à dire, subir. On peut citer les péripéties d’un habitant de Bois de Nèfles Sainte-Clotilde qui a voulu conserver l’anonymat, ou encore l’histoire des riverains de la Chaloupe Saint-Leu. L’indésirable antenne les nargue toujours, malgré leurs agitations répétées et aujourd’hui estompées par la lassitude. Retour fin 2006, à Sainte-Clotilde. Une antenne relais apparaît à une quinzaine de mètres de l’habitation de Francis(*), pas loin d’une école. Les habitants s’inquiètent de la pose inopinée de cet intrus. Non consultés par l’opérateur, ils s’interrogent. Et réagissent en rédigeant des courriers à tout va : mairie, préfecture, Agence nationale des fréquences (ANFR) et la société en question.


Insomnie, stress...


“Nous avons ensuite recueilli 250 signatures. Nous réclamions l’enlèvement de cette antenne, étant donné les risques pour l’école élémentaire d’à côté”. Ils obtiennent alors la promesse d’une délocalisation. “Il ne s’est jamais rien passé, nous n’avons plus réussi à joindre le monsieur de l’entreprise en question”. À force de sollicitations, les riverains parviennent à organiser une rencontre avec la préfecture, elle se solde par ce bilan : un laconique “pas de preuve de nocivité”. Une équipe s’est ensuite rendue sur place pour une série de mesures. “Ils sont partis en nous promettant de nous envoyer un rapport”. Ils l’attendent toujours. Pour l’heure, Francis continue de prôner le fameux principe de précaution. Et plus que jamais. “On habite ici depuis 30 ans, ma femme a des soucis de santé depuis trois ans”. Une période qui coïncide étrangement avec l’installation de l’antenne relais. “Son médecin (dont il a voulu taire le nom, ndlr) a constaté chez elle, une dose d’électromagnétisme trop élevée”. Conséquence : des difficultés pour dormir et des “douleurs pas possibles”. À ce stade-là, peut-on encore parler de nocivité non prouvée ? “Pour le médecin, le lien entre l’antenne et ces symptômes ne fait pas de doute”. Il a même délivré à sa patiente un certificat médical, pour l’aider dans ses démarches éventuelles contre l’opérateur. Un document qui stipule : “(...) Ma patiente se plaint de différents maux, insomnie et stress, qui peuvent être imputés à la situation trop proche d’un champ électromagnétique de type antenne-relais de téléphone mobile”. Dans de tels cas, on peut concevoir le sentiment d’exaspération de ces habitants. Et pourtant, les prestataires en question restent sourds à cet enjeu sanitaire. Tandis que les politiques prennent peu à peu connaissance du sujet

(*) nom d’emprunt

Dossier réalisé par Damien Frasson-Botton

mercredi 26 novembre 2008

France : Deux antennes relais UMTS refusées à Tours

Indre-et-Loire : Deux antennes relais UMTS refusées - Tours - Les habitants du quartier Grands Champs à Saint-Avertin peuvent enfin respirer. Le projet d'installation de deux antennes relais UMTS en plein coeur du quartier et notammant à deux pas de l'école maternelle et de collèges a été refusé en conseil municipal

dimanche 16 novembre 2008

Israel : Destruction d'antennes relais

Destruction d’antennes relais de téléphonie mobile à "Ahucat".

Les antennes relais des opérateurs Orange et Cellcom situées
sur l’immeuble résidentiel de "Nesher" ont été détruites par explosif.

C'est la troisième fois au cours des deux derniers mois qu’elles sont détruites.

Ces incendies mettent les pompiers en danger et surtout les exposent à des irradiations dangereuses.

vendredi 7 novembre 2008

Téléphone portable, l’omerta française

bakchich tv / vendredi 7 novembre par Marion Gay

Experts douteux, études alarmantes étouffées, silence du ministère… Il est très difficile d’obtenir une information transparente sur la dangerosité supposée du téléphone portable.

Lancée en 2000 dans 13 pays, les résultats de l’étude Interphone, qui tente de comprendre s’il existe un lien entre téléphone portable et cancer du cerveau, sont très attendus. Ils pourraient réconcilier ceux qui dénoncent les manipulations à répétition et ceux qu’on dit souffrir de paranoïa… Ils pourraient , mais …

Pour en savoir plus cliquez sur le lien ci-dessous pour voir la vidéo :

http://www.dailymotion.com/video/kkU6I0HD1vkySSPhTj

Un opérateur en France condamné à démonter une antenne-relais

Article publié le 3 octobre 2008 dans Marianne

La justice oblige l'opérateur à verser 3.000 euros à chacun des trois couples riverains plaignants du Rhône, à titre de dommages et intérêts pour leur exposition au risque sanitaire. Cette application du « principe de précaution » relance le débat sur les nuisances potentielles des ondes électromagnétiques émises par les antennes-relais.

Coup de théâtre dans la téléphonie mobile. Bouygues Telecom vient d'être condamné par la justice à démonter une antenne-relais dans le Rhône pour « risque de troubles » à la santé. Le jugement rendu le 18 septembre par la 8e chambre civile du tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre a donné raison à trois couples de Tassin-la-Demi-Lune. Ils avaient saisi la justice pour « trouble anormal de voisinage ». En clair, des antennes-relais installées depuis 2006 sur un pylône en forme d'arbre à proximité de leurs habitations. Sans doute par souci d'« intégration paysagère » ! Celle-là même vantée sur le site internet de l'Association française des opérateurs mobiles (AFOM), le service de communication officiel d'Orange, SFR et Bouygues.

La justice condamne aujourd'hui Bouygues Telecom à démonter l'installation dans un délai de 4 mois après la signification du jugement sous astreinte de 100 euros par jour. Et oblige l'opérateur à verser 3.000 euros à chacun des trois couples riverains de l'antenne incriminée, à titre de dommages et intérêts pour « leur exposition au risque sanitaire ». « De manière générale, on ne commente pas une décision de justice », rappelle d'emblée Bouygues Telecom. Une chose est sûre, l'opérateur fera « appel de ce jugement prochainement ». Avant d'ajouter que « cette décision concerne une seule antenne-relais sur un réseau Bouygues Telecom qui en compte 13 500 à peu près ! » Une manière de minimiser la portée du jugement ?

Un risque sanitaire pour les riverains ?
Et du côté des associations ? « C'est une très bonne nouvelle », se réjouit Stéphen Kerckhove d'Agir pour l'environnement. Avant de regretter que « cette décision mette en relief l'absence de réglementation ». Plusieurs associations alertent depuis longtemps sur les niveaux d'exposition trop élevés des ondes électromagnétiques émises par les antennes : le Criirem (Centre de Recherche et d'Information Indépendantes sur les Rayonnements ElectroMagnétiques), Priartem (Pour une réglementation des implantations d'antennes-relais de téléphonie mobile), Robin des toits et Agir pour l'environnement.

Y a-t-il un risque pour la santé des riverains ? Le TGI de Nanterre n'a pas tranché le débat sur les liens éventuels entre les troubles sanitaires et les champs électromagnétiques des antennes-relais. Il estime que « la discussion scientifique reste ouverte » sur ce sujet. En août 2007, le Rapport Bioinitiative, publication d'une quinzaine de chercheurs internationaux, établit la preuve des effets des divers types de champs électromagnétiques sur toutes les formes du vivant. Pour sa défense, Bouygues Telecom, comme les autres opérateurs, se réfère « aux travaux des scientifiques collaborant à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui concluent à l'innocuité des appareils de téléphonie mobile ». Les associations reprochent, quant à elles, des conflits d'intérêts entre certains scientifiques et des opérateurs de téléphonie mobile.

Application du « principe de précaution »
Si un doute subsiste sur les liens entre troubles sanitaires et antennes-relais, le jugement fait état d'un « risque de troubles » en application d'un principe de précaution. Stéphen Kerckhove ne décolère pas : « La justice comble les carences de l'Etat. Il est dommage que les riverains soient obligés de se tourner vers elle pour faire appliquer le principe de précaution. »

Ce n'est pas la première fois qu'un tribunal juge une affaire liée à la téléphonie mobile en se référant au « principe de précaution ». Une notion souvent « oubliée » par les politiques. « Dans une démocratie digne de ce nom, c'est à l'Etat, et donc aux législateurs de protéger les citoyens », insiste Stéphen Kerckhove. Pourtant le principe de précaution est inscrit dans l'article 5 de la Charte de l'environnement, qui a valeur de loi constitutionnelle. La Charte, adoptée le 28 Février 2005 par le Parlement réuni en Congrès, est même consultable sur le site internet du ministère de l'Ecologie

Une épine de plus dans le pied de Bouygues Telecom ? Une famille de Chevreuse (Yvelines) a récemment déposé une plainte au pénal contre l'opérateur pour « administration de substances nuisibles ». Réponse gênée de l'opérateur : « Pas de commentaire. » Affaire(s) à suivre.

mercredi 15 octobre 2008

Un rapport mondial du CIRC confirme les dangers des téléphones portables

Le Centre International de Recherche sur le Cancer vient de publier aujourd’hui le 9 octobre 2008 un rapport intermédiaire de la grande étude Interphone qui confirme les risques d’augmentation des cas cancers liés à l’utilisation des téléphones portables. Cancer par cancer, les premières études indiquent clairement que les dangers sont avérés. Guerir.fr vous en faisait part dès le 15 juin, en publiant « l'appel des 20 contre les dangers du portable ».

L’étude INTERPHONE, mise sur pied à l’échelle mondiale pour déterminer si l’utilisation des téléphones portables accroît le risque de cancer et, spécifiquement, si les rayonnements dans les radio-fréquences émis par les téléphones portables sont cancérogènes, approche de sa conclusion. Des études spécifiques ont été réalisées selon les types de cancer : le neurinome de l’acoustique, le gliome, le méningiome et des tumeurs de la glande parotide. Les études, qui utilisaient un protocole commun, ont été réalisées en Allemagne, en Australie, au Canada, au Danemark, en Finlande, en France, en Israël, en Italie, au Japon, en Norvège, en Nouvelle-Zélande, au Royaume-Uni et en Suède. Cette étude prend en compte environ 2600 gliomes, 2300 méningiomes, 1100 neurinomes de l’acoustique, 400 tumeurs de la glande parotide ainsi que des groupes témoins. Il s’agit, de loin, de la plus grande étude épidémiologique de ces tumeurs à ce jour. De fait de désaccord entre chercheurs, ses conclusions ont été plusieurs fois retardées. Le rapport intermédiaire publié ce jour est la première communication officielle.


L’augmentation significative de certains cancers avérée

Pour les gliomes, la mise en commun des données des pays scandinaves et d’une partie du Royaume-Uni a permis de dégager un risque de gliome significativement accru en relation avec l’utilisation de téléphones portables pour une période de 10 ans ou plus ,du côté de la tête où la tumeur s’est développée.

Pour le méningiome, la plupart des études nationales ont apporté peu d’indications d’un risque accru. Le nombre insuffisant des utilisateurs à long terme et des utilisateurs intensifs empêche de conclure de façon définitive à une éventuelle association entre l’utilisation des téléphones portables et le risque de ces tumeurs.

Pour le neurinome de l’acoustique, les analyses d’ensemble des données des pays scandinaves et du Royaume-Uni ont mis en évidence un risque significativement accru de neurinome de l'acoustique lié à des durées d'utilisation de dix ans ou plus, du côté de la tumeur.

Pour les tumeurs de la glande parotide, aucune augmentation du risque n'a été observée
au niveau mondial pour les mesures d'exposition étudiées. Toutefois, dans l'étude israélienne, où les sujets avaient tendance à rapporter une utilisation beaucoup plus intense de téléphones portables, les résultats laissent penser qu'il existe un rapport entre une utilisation intensive des téléphones portables et le risque de tumeurs de la glande parotide.

Au vu de ces conclusions, nous vous rappelons les conseils de prudence déjà publiés le 15 juin dernier par guerir.fr


François Lehn
Journaliste

Source :

le site web du CIRC

mercredi 24 septembre 2008

Internet sans fil - La menace des ondes

Publié sur le site de Radio-canada - Colombie Britannique, le mercredi 24 septembre.

Mardi, des parents de Vancouver ont remis une pétition d'environ 80 noms au Conseil scolaire francophone (CSF) de la Colombie-Britannique pour exiger le retrait des systèmes d'Internet sans fil dans deux écoles. Il s'agit des établissements de Rose-des-Vents et celui de Jules-Vernes.

Le groupe Parents ordi-santé s'inquiète des effets sur les enfants des ondes électromagnétiques émises par les systèmes sans fil. Ces parents s'inspirent entre autres des décisions de certains pays européens qui commencent à limiter le développement des technologies sans fil pour protéger le public.

Le directeur de technologie du Conseil scolaire francophone, Éric Leclerc, se veut rassurant. « Pour l'instant, je suis sincèrement et honnêtement convaincu que nos élèves sont en sécurité dans nos écoles », avance-t-il.

Rien ne permet de dire que les ondes émises par les systèmes d'Internet sans fil sont nocives, estime Santé Canada. Cependant, l'organisme fédéral n'a jamais effectué d'étude objective sur cette question. Malgré tout, l'installation de tels dispositifs est autorisée dans les écoles au pays.

Le CSF a déjà dépensé autour de 500 000 $ pour installer 800 émetteurs dans la plupart des classes de ses 39 écoles. L'organisme s'est engagé à effectuer un suivi du dossier avec le groupe de parents et à soumettre plus tard cette question à son conseil d'administration.