vendredi 27 mars 2009

Les antennes sous la loupe

Publié dans La Presse le 27 mars

Sous la pression de citoyens inquiets de l'effet des antennes-relais de téléphonie cellulaire sur la santé, les autorités de santé publique du Québec ont accepté de «procéder à un examen de la problématique».

Bien qu'il soutienne n'avoir «aucune inquiétude» à ce sujet, le grand patron de la Direction générale de la santé publique du Québec, Alain Poirier, a commandé une revue de la littérature afin d'approfondir la question.

«Nous avons récemment demandé à l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) de procéder à un examen de la problématique, en tenant compte des données de la littérature, des positions de santé publique déjà exprimées sur ce sujet», écrit-il dans une lettre adressée au collectif «Sauvons nos enfants des micro-ondes».

Le collectif, qui estime que les antennes-relais sont cancérigènes, voit cela comme un pas dans la bonne direction. Mais le ministère de la Santé précise d'emblée que la position du Québec n'a pas changé; il existe à son avis un consensus scientifique selon lequel les radiofréquences des antennes sont trop faibles pour causer des effets indésirables.

«Il n'y a aucune inquiétude à avoir avec les antennes-relais, il n'y a aucune donnée qui nous inquiète», précise la porte-parole du Ministère, Karine White.

Cette nouvelle survient au moment où le débat sur le potentiel cancérigène des champs électromagnétiques intéresse un nombre grandissant de personnes. Alors que la question fait véritablement rage en France (voir autre texte), elle commence à semer la discorde au Québec, où certains groupes réclament que l'on applique le principe de précaution. C'est le cas d'Option consommateurs, par exemple, qui a publié un dossier sur la question dans le magazine Protégez-Vous de février.

Inquiétudes

Le collectif Sauvons nos enfants des micro-ondes (SEMO) est en quelque sorte le témoin de cet intérêt grandissant. Cet organisme a été créé il y a quelques semaines, dans la foulée de la bataille menée à Terrebonne, l'an dernier, contre les antennes dissimulées dans les clochers d'église.

«Étant enseignant en électricité, je m'intéresse de près à la chose. Et ce que je vois m'inquiète, indique le fondateur du SEMO, François Therrien, que ce soit les avertissements des médecins, les cas relatés de gens qui tombent malades en raison des radiofréquences ou encore les études épidémiologiques qui font état d'une augmentation des risques de cancer à proximité des antennes.»

Foutaise, répond Ariel Fenster, chimiste et membre de l'Organisation pour la science et la société à l'Université McGill. «Les gens qui prétendent que les antennes ont un impact sur la santé sont alarmistes, croit-il. Toutes les grandes organisations internationales soutiennent qu'il n'y a aucun effet.»

Certes, ni l'Organisation mondiale de la santé ni le Centre international sur le cancer ne peuvent affirmer de façon catégorique que les radiofréquences sont totalement inoffensives. Mais cela est vrai pour presque tout ce qui nous entoure, précise M. Fenster.

«La science ne peut pas prouver la négation, explique-t-il. La science ne peut pas prouver hors de tout doute, par exemple, que le père Noël n'existe pas...»

Mobilisation

Au cours des derniers mois, certaines batailles ont été menées au Québec contre des antennes-relais, comme celle qui a eu lieu à Terrebonne, l'an dernier. À Prévost, dans les Laurentides, une pétition de plus de 500 noms a été déposée à l'hôtel de ville il y a quelques jours contre l'érection d'une antenne de Bell. À Anjou, une autre pétition a circulé cet hiver afin d'empêcher le ministère des Transport d'implanter une antenne dans un quartier résidentiel.

Preuve supplémentaire de l'intérêt que soulève cette question, un tout nouveau site web a été mis en ligne pour «présenter le point de vue scientifique» sur les champs électromagnétiques (emfandhealth.com). Piloté par le président de la Fondation du Centre des sciences de Montréal, l'ingénieur Lorne Trottier, il est réalisé en collaboration avec des professeurs de l'Université McGill, dont Ariel Fenster.

Que dit l'Association canadienne des télécommunications sans fil de tout ça? «Des recherches sont menées régulièrement, depuis des décennies, sur le sujet de la nocivité des ondes. Et elles ont conclu qu'il n'y avait pas d'effet sur la population», indique le porte-parole, Marc Choma.

Au Québec comme ailleurs au pays, c'est à Industrie Canada, avec la collaboration de Santé Canada, que revient le mandat d'encadrer l'érection d'antennes cellulaires. Les normes actuelles sont de 10 W/m2, ce que les tenants du principe de précaution jugent beaucoup trop.

François Cardinal

Des tribunaux invoquent un «danger potentiel»

Publié dans le journal La Presse le 27 mars 2009

Les radiofréquences sèment la bisbille en France, où les tribunaux ont récemment ordonné à plusieurs entreprises de retirer leurs antennes-relais, en raison de leur «danger potentiel».


Si les autorités se font rassurantes au Québec au sujet de l'impact des champs électromagnétiques, elles sont beaucoup plus divisées dans l'Hexagone, où le débat a pris des proportions surprenantes depuis quelques semaines.



Preuve du caractère explosif du débat, le gouvernement Sarkozy s'est senti obligé de calmer le jeu en organisant, le 23 avril prochain, un vaste sommet qui réunira scientifiques, associations, membres de l'industrie et élus.

Cette décision fait suite à trois jugements récents qui ont semé la consternation dans l'industrie de la téléphonie mobile. Le 4 février dernier, une cour d'appel a forcé Bouygues à démonter une antenne-relais dans le Rhône en raison d'un «trouble anormal de voisinage». Le 16 février, le tribunal d'instance de Carpentras a rendu une décision similaire en raison des «incertitudes», estimant qu'«il n'existe manifestement pas de consensus sur cette question sensible».

Puis, le 5 mars, le tribunal de grande instance d'Angers a invoqué le «principe de précaution» afin de bloquer l'érection de trois antennes-relais sur l'église du village de Notre-Dame-d'Alençon.

Il n'en fallait évidemment pas plus pour que les citoyens s'inquiètent... et que les autorités médicales se rebiffent.

Le 3 mars dernier, l'Académie nationale de médecine a ainsi publié une «mise au point» dans laquelle elle s'inquiète des dérapages des juges, qu'elle met «en garde contre une interprétation subjective du principe de précaution».

Selon l'Académie, «on ne connaît aucun mécanisme par lequel les champs électromagnétiques dans cette gamme d'énergie et de fréquence pourraient avoir un effet négatif sur la santé».

Les antennes de téléphonie mobile, précise l'Académie, entraînent une exposition aux champs électromagnétiques de 100 à 100 000 fois plus faible que les téléphones portables. Pourquoi, dans ce cas, avoir donné tant de crédit au «ressenti» des victimes potentielles? se demande-t-elle.

«La prééminence du ressenti du plaignant, ajoute-t-on, si elle fait jurisprudence, remet en cause les fondements mêmes de l'expertise scientifique et médicale. (...) Une telle utilisation dévoyée du principe de précaution risque de conduire à une quête illusoire du risque zéro, source d'erreurs, de retards et de dysfonctionnements du système de santé.»

Qu'à cela ne tienne, les organisations de citoyens opposées aux antennes-relais sont de plus en plus nombreuses en France. D'autant plus que certains médecins et biologistes ont choisi de se ranger de leur côté.

Lundi dernier, un groupe de scientifiques a profité d'un colloque sur l'enjeu sanitaire des technologies sans fil pour tirer la sonnette d'alarme. Quatre médecins, dont deux cancérologues, ont affirmé qu'il est urgent d'agir pour éviter «un problème de santé publique majeur». Ils ont fait état d'«un nombre croissant de malades devenus intolérants aux champs électromagnétiques» et précisent qu'«on ne peut exclure chez eux l'évolution vers une maladie dégénérative du système nerveux, voire certains cancers».

Plus encore, les opposants aux antennes s'appuient sur un rapport appelé BioInitiative, produit en 2007 par un collectif international de 14 scientifiques. On y fait plusieurs constats et recommandations destinés à contrer la possible dangerosité des champs électromagnétiques.

mardi 10 mars 2009

Micro-ondes : le SEMO veut une réglementation

La Presse
01 mars 2009 | 08 h 09

Un nouveau collectif, le SEMO, lancé hier en conférence de presse à Laval, veut sensibiliser la population à la prolifération des micro-ondes qui alimentent nos cellulaires, routeurs Internet sans fil, bases de téléphone et autres appareils de communication sans fil.


Le SEMO (Sauvons nos enfants des micro-ondes) a été lancé par un groupe de citoyens à la suite de l'action menée à Terrebonne, l'automne dernier, pour le retrait d'une antenne cellulaire dans le clocher de l'église, à proximité d'une garderie. «Des gens de toute la province nous ont alors contactés, relate le porte parole François Therrien, enseignant en électricité. Nous avons décidé de porter le débat au plan politique.» Entre autres représentations, le SEMO demande à la Direction de la santé publique du Québec de créer un comité sur les antennes-relais cellulaires situées près des écoles et des garderies.

Rapport scientifique


Le SEMO propose de mettre en application le principe de précaution recommandé dans Bioinitiative, le rapport émis par un groupe international de scientifiques en août 2007. En clair: utiliser la technologie des micro-ondes mais s'arranger pour ne pas avoir plus de 1000 microWatts/m2 à l'extérieur, 10 microwatts/m2 à l'intérieur et pas d'antenne à cellulaire à moins de 300 mètres d'une école. À titre de comparaison, dans les rues du centre-ville de Montréal, il n'est pas rare d'être exposé à 6000 ou même 20 000 microwatts/m2.

« Nous ne voulons pas alarmer la population, soutient M. Therrien. Mais étant sensibilisée, elle pourra choisir de minimiser l'usage de la communication par micro-ondes : utiliser des téléphones ou routeurs avec fil, ou alors, s'ils sont sans fil, les éteindre dès qu'on a fini de s'en servir. »

En France, les initiatives politiques sur les risques des technologies sans fil se multiplient

Article paru dans Le Monde, le 6 mars 2009

Deux récentes décisions de justice ordonnant le démontage d'antennes-relais ont relancé le débat sur les dangers potentiels des ondes de radiofréquence utilisées pour la téléphonie mobile et les technologies sans fil, alors que les initiatives politiques sur le sujet se multiplient. Quelques jours après la cour d'appel de Versailles, le tribunal de grande instance de Carpentras (Vaucluse) a condamné, le 16 février SFR à démonter une antenne-relais.

Les magistrats font référence à l'"incertitude" sur l'impact sanitaire de ce type d'installation et au "trouble anormal de voisinage" dû à l'"impact visuel exceptionnel" de l'antenne, installée dans un vignoble. Passée inaperçue dans un premier temps, Cette décision a fait l'objet, mardi 3 mars, d'un communiqué de l'association Robin des toits.

L'Académie nationale de médecine a réagi, le 4 mars, en renouvelant "sa mise en garde contre une interprétation subjective du principe de précaution". "On ne connaît aucun mécanisme par lequel les champs électromagnétiques dans cette gamme d'énergie et de fréquence pourraient avoir un effet négatif sur la santé", affirme-t-elle, évoquant une "erreur scientifique manifeste" dans la motivation de l'arrêt de la cour d'appel de Versailles.

"Il ne faut pas que ces choses-là se règlent devant les tribunaux. Toutes les antennes de France ne vont pas se retrouver devant les tribunaux", a déclaré Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat au développement de l'économie numérique.

Ces décisions de justice et les réactions qu'elles entraînent se produisent alors que les chercheurs travaillant dans le cadre de l'étude Interphone sur la téléphonie mobile, lancée en 2000 dans treize pays, ne parviennent pas à des conclusions communes. Envisagée à l'automne 2008, la publication de leurs travaux a été repoussée. Même si des biais ne sont pas à exclure, des résultats partiels montrent une augmentation du risque relatif de plusieurs tumeurs de la tête chez les gros utilisateurs.

Le premier ministre, François Fillon, a confié à Roselyne Bachelot, ministre de la santé, l'organisation d'une table ronde sur les dangers potentiels des téléphones mobiles et des antennes-relais. Cette réunion, intitulée "Radiofréquence, santé, environnement", est fixée au 26 mars.

Par ailleurs, les sénateurs Marie-Christine Blandin et Jean Dessard organisent, le 23 mars, un colloque sur le thème "Technologies sans fil : un nouvel enjeu sanitaire", en partenariat avec Robin des toits.

Enfin, la Ville de Paris a annoncé le lancement d'une "conférence de citoyens" sur les ondes et la santé, qui durera d'avril à juin et aura pour objectif de l'éclairer sur les meilleurs choix à effectuer en ce qui concerne le développement et l'usage des technologies hertziennes dans la capitale.
Paul Benkimoun

jeudi 26 février 2009

TÉLÉPHONIE MOBILE SFR condamnée à démolir l'antenne

Article publié dans Vaucluse Matin le 22 février 2009

« Gâcher un village aussi réputé que Châteauneuf-du-Pape pour un loyer de 6 800 € par an, ça ne vaut vraiment pas la peine ! », lance Frédéric Boutin depuis le balcon familial. Le domaine de la Boutinière est situé à 130 mètres en amont de l'antenne-relais SFR. Un pylône de 25 mètres de haut qui leur empoisonne la vie depuis plus d'un an. Mais peut-être plus pour très longtemps...
"Une première"

La chambre civile du TGI de Carpentras vient en effet, de condamner SFR à démolir l'antenne. L'opérateur dispose de quatre mois pour s'y conformer, après le délai d'appel d'un mois. « Le tribunal reconnaît, non seulement, le préjudice de vue aux époux Boutin, mais aussi le risque sanitaire éventuel », détaille Me Siegfried Bielle.

« Cette décision est également une première en France », poursuit l'avocat des plaignants, « car le TGI de Carpentras admet ce risque pour une maison située à une centaine de mètres de l'antenne et non sur le toit ou tout proche ». Il semble, cependant, que les photos prises depuis le balcon des Boutin aient été plus particulièrement déterminantes. « C'est vrai qu'on avait une vue magnifique sur les vignes, le Rhône et au loin le Palais des Papes » lance Mme Boutin. « Un propriétaire à un droit sur son environnement et lorsqu'on dépasse les inconvénients dits normaux de voisinage, c'est une atteinte à son droit de propriété, explique Me Bielle. De plus, l'implantation de cette antenne en plein milieu des vignes peut avoir des répercussions psychologiques sur le consommateur et le touriste ». Les viticulteurs ne s'y sont d'ailleurs pas trompés, eux qui ont adressé un courrier de soutien à Frédéric Boutin.

Malgré tous nos efforts, il n'a pas été possible de joindre un responsable de SFR hier.

mercredi 4 février 2009

France : Le démontage d'une antenne relais pour la première fois confirmé en appel

NOUVELOBS.COM | 04.02.2009 | 17:06

La cour d'appel de Versailles a ordonné le démontage sous astreinte d'une antenne installée par Bouygues Télécom dans la banlieue de Lyon ainsi que le versement de 7.000 euros de dommages et intérêts à trois couples de riverains.

La cour d'appel de Versailles a confirmé, mercredi 4 février, la condamnation de Bouygues Telecom au démontage, sous astreinte, d'une antenne relais de téléphone mobile à Tassin-La-demi-Lune, dans la banlieue lyonnaise, ainsi qu'au versement de 7.000 euros dommages et intérêts.
Il s'agit de la première confirmation, en appel, d'une décision ordonnant le démontage d'une antenne relais sur demande de riverains.
Saisi par trois couples pour "trouble anormal du voisinage", le tribunal de grande instance de Nanterre avait déjà, le 18 septembre dernier, condamné l'opérateur à démonter l'antenne relai en question au nom du "principe de précaution". Le TGI avait également ordonné le versement de 3.000 euros aux trois couples, riverains de l'antenne incriminée.
Bouygues Télécom avait alors interjeté appel de ce jugement, estimant notamment que le risque pour la santé que présenterait les antennes-relais n'est pas scientifiquement prouvé.

Une incertitude "sérieuse et raisonnable"

La cour d'appel a, de son côté, estimé que, à l'heure actuelle, "aucun élément ne permet d'écarter péremptoirement l'impact sur la santé publique de l'exposition de personnes à des ondes ou à des champs électromagnétiques" produits par les antennes.
Ainsi, même "si la réalisation du risque reste hypothétique, il ressort de la lecture des contributions et publications scientifiques produites aux débats et des positions législatives divergentes entre les pays, que l'incertitude sur l'innocuité d'une exposition aux ondes émises par les antennes relais demeure et qu'elle peut être qualifiée de sérieuse et raisonnable".
Associations et riverains engagés contre les opérateurs de téléphonie mobile demandent à l'Etat de modifier les normes de puissance d'émission des antennes relais. Plusieurs études scientifiques ont démontré que les normes actuelles ne protègent que partiellement des effets des ondes électromagnétiques, dont les seuils sont pourtant réglementés.

jeudi 22 janvier 2009

Champs électromagnétiques: la prudence s'impose, dit Option consommateur

Article publié dans Le Devoir
Édition du jeudi 22 janvier 2009


L'innocuité des champs électromagnétiques (CEM) émanant tant des prises électriques que d'un téléphone cellulaire ou d'une borne d'accès sans fil à Internet n'étant toujours pas démontrée, Option consommateurs appelle une fois de plus le gouvernement à faire preuve de prudence face à ces ondes qui se multiplient dans les environnements modernes.


Pis, sur la base d'un test d'exposition à ces CEM piloté conjointement avec le magazine Protégez-Vous, l'organisme a appelé hier, à l'occasion d'une conférence de presse tenue à Montréal, industriels et fabricants d'équipements électriques à mieux informer à l'avenir les consommateurs sur l'intensité des champs générés par leurs produits, et ce, pour permettre des choix éclairés.

Le magazine a en effet traqué ces ondes dans 10 maisons de la grande région de Montréal. Au total, 1500 mesures ont été effectuées, tant sur les champs électriques et magnétiques d'origine électrique (60 Hertz) que sur ceux produits par les ordinateurs, les cellulaires, les téléphones sans fil ou les fours à micro-ondes et dont les fréquences s'élèvent de 0,5 Méga-Hertz à 3 Giga-Hertz. Les détails sont dévoilés dans son édition de février 2009.

Résultat: «près de 50 % des mesures dépassent les limites d'exposition dites de précaution», c'est-à-dire les limites édictées par le projet BioInitiative, du Centre de recherche et d'information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (CRIIREM), a résumé hier Marie-Josée Boudreau, de Protégez-Vous. Notons que cette limite, de 0,1 microwatt par centimètre carré, est 10 000 fois inférieure à celle adoptée par le Canada.

En banlieue comme en ville, les résidences exposent généralement leurs habitants à des niveaux acceptables de CEM, indique le magazine. Les mesures réalisées se trouvent en effet dans les limites de précaution ou dans les limites dites de compromis, un peu plus élevées et adoptées entre autres par la Ville de Toronto pour encadrer ces rayonnements.

Le hic, c'est qu'il n'est pas possible d'en dire autant pour plusieurs appareils électriques utilisés au quotidien. C'est le cas par exemple des fours micro-ondes:

6 % des mesures d'exposition étaient considérées hors normes, alors que 75 % de ces même mesures se situaient entre la norme d'exposition canadienne et les limites de compromis. Par ailleurs, 71 % des ondes générées par routeur sans fil (pour accéder à Internet) étaient dans les limites de compromis, tout comme les lampes -- source de radiofréquences --, dont les trois quarts se situaient à l'intérieur de ces mêmes limites, avec une particularité toutefois: les ampoules à incandescence émettent moins de CEM que les ampoules fluocompactes, souligne Protégez-vous.

Devant ces résultats, Option Consommateurs recommande au gouvernement de prôner le principe de précaution face à ces rayonnements mais aussi de «revoir à la baisse les limites d'exposition aux émissions de radiofréquence», a expliqué hier son directeur général, Michel Arnold.

Cette mesure s'impose, selon les défenseurs des droits des consommateurs. C'est que les Québécois sont plus exposés au CEM que les autres citoyens de pays industrialisés en raison de la prédominance du chauffage électrique dans les résidences de la province, soulignent-ils.

Or, beaucoup d'inconnues persistent toujours quant aux effets délétères de ces champs sur la santé humaine. Depuis 2001, par exemple, le Centre international de recherche sur le cancer classe les champs de basse fréquence (liés à l'électricité) dans sa liste des choses «peut-être cancérigènes», aux côtés des gaz d'échappement et du puissant pesticide DDT. À l'inverse, l'Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) estime que «le degré de risque associé aux CEM pour l'ensemble de la population, s'il est réel, s'avère faible».

Fabien Deglise

vendredi 16 janvier 2009

HAUT-DÉBIT Ils démontent les antennes wifi de leur village

Article paru le 16 janvier 2009 dans le Dauphiné Libéré.

Les antennes Wifi de la discorde ont disparu du paysage de la Haute-Ubaye. Lundi, des habitants ont décidé de démonter eux-mêmes celles installées en août dernier sur le réservoir d'eau de Maljasset, un hameau de Saint-Paul-sur-Ubaye. Les membres du collectif "Robin des Lauzes" ont chaussé leurs skis et ils ont emporté les antennes dans un traîneau sur luge. Mardi matin, ils sont allés les déposer à la mairie.
«Tout le monde était contre. Les habitants des hameaux de Maurin sont attachés à leur qualité de vie. Ils n'ont pas envie d'être pollués par des ondes nocives à cause de ces grille-pains sur pattes» explique Léa Siméoni, qui fait partie des douze habitants permanents de Maljasset. Les antennes Wifi se trouvaient à 100 mètres de chez elle. «L'Europe préconise pourtant une distance minimale de 300 mètres» affirme-t-elle.

«Un scandale sanitaire»

Créé en septembre dernier pour s'opposer aux antennes Wifi, le collectif "Robin des Lauzes" rassemble une quarantaine de personnes. Les adhérents veulent bien bénéficier du haut-débit, mais pas faire courir un risque à leur santé ni à celle de leurs enfants.
«Nous avons agi au nom du principe de précaution. Nous n'avons jamais réussi à obtenir le dossier technique des antennes. Un scandale sanitaire risque d'éclater bientôt. Dans certaines zones, les cancers du cerveau ont été multipliés par deux et le nombre de leucémies a quadruplé» avance Léa Siméoni. «À ce prix-là, on préfère encore se passer du haut débit». Sa famille se contente pour l'instant d'une connexion vingt fois plus lente que le Wifi. Son voisin a, lui, trouvé une autre solution : une connexion haut-débit bi-directionnelle par satellite, proposée par Orange. «L'installation de la parabole lui a coûté 500 € et l'abonnement mensuel est de 35 €» précise Léa Siméoni.

Une chapelle défigurée

Mardi matin, les antennes Wifi posées sur la chapelle Notre-Dame-des-Neiges à la Barge ont été démontées à leur tour, cette fois par l'installateur. Elles étaient également très contestées, entre autres pour des raisons esthétiques. Les villageois leur reprochaient de défigurer l'édifice religieux.
«Le hasard a bien fait les choses» commente Léa Siméoni. Le collectif reproche à la municipalité d'avoir voulu déplacer les antennes sur une tour en béton entre les deux hameaux. «Lors de la réunion publique du 29 septembre, le maire s'était pourtant engagé à les démonter. C'est un simple problème technique qui a fini par décourager ceux qui tentaient de passer en force» observe Léa Siméoni.
Les antennes démontées en début de semaine n'ont jamais fonctionné. «Le collectif a empêché leur mise en service» affirme Léa Siméoni. Une autre antenne était prévue au hameau de Combe-Brémont, mais elle n'a jamais été installée, à la suite de l'action du collectif "Robin des Lauzes".

Réduire la fracture numérique


Les antennes avaient été financées par la communauté de communes de la vallée de l'Ubaye (CCVU) pour réduire la fracture numérique dans les zones blanches qui ne sont pas couvertes par l'ADSL. «Le Wifi, c'était la seule solution alternative à l'époque» explique Virginie Bourdin, directrice du Pays Sud qui a conduit les études et cherché les financements pour le compte de la CCVU. «De nombreux habitants réclamaient le haut-débit. Le Wifi n'est pas puissant. Il est moins dangereux qu'un téléphone portable. C'est un peu comme la peur de la télévision dans les années 50» observe-t-elle.
«On nous prend peut-être pour des extra-terrestres ou des marginaux, mais notre combat est légitime» répond Léa Siméoni.

mardi 6 janvier 2009

Pierrefonds - La petite histoire d'une antenne de téléphone mobile

Cités Nouvelles - Article mis en ligne le 19 septembre 2008
par Marie-Hélène Verville

Depuis six mois, elle trône sur le terrain de l'église Westminster Presbyterian Church à Pierrefonds sur la rue Monk, près du boulevard Gouin. Après avoir reçu un appel d'un citoyen inquiet, Cités Nouvelles est allé la voir de plus près.
L'antenne de téléphone mobile Rogers est difficile à manquer dans le paysage: elle est immense. Est-elle dangereuse pour la santé du voisinage? Pas selon Santé Canada. Ce qui cause l'inquiétude de certains, c'est la présence de champs magnétiques. Selon le Centre international de recherche sur le cancer, relié à l'OMS, les champs magnétiques seraient «peut-être» cancérigènes.

Au pays, la construction de ce genre d'antenne est permise un peu partout sur le territoire. Dans l'arrondissement Pierrefonds-Roxboro par exemple, il existe aussi des antennes de ce genre au boulodrome, sur un terrain appartenant à l'AMT et dans un dépôt de neiges usées situé plus à l'ouest. Ces informations sont d'ailleurs publiques.
Est-ce qu'il y a eu consultation?
À l'arrondissement, on explique qu'à chaque fois qu'une antenne est posée, il y a consultation. Et dans le cas de Westminster Presbyterian Church Pierrefonds? Selon l'arrondissement, l'église située au 13140 rue Monk a fait une demande en 2001 pour installer une antenne sur son terrain, demande qui a été acceptée à la ville. Il y a donc eu changement de zonage et consultation à ce moment-là.
Depuis 2001 donc, Rogers loue cet espace à l'église. En 2007 la compagnie a voulu faire construire la fameuse antenne. La Ville, en accord avec le changement de 2001, a donc accepté. Voilà pourquoi il n'y a pas eu de consultation officielle lors de la construction il y a près de six mois.

L'église a-t-elle averti ses voisins? «Je crois que le conseil d'administration a consulté les voisins d'en arrière (une garderie) seulement», explique le pasteur de la Westminster Presbyterian Church Pierrefonds, Maurice Bergeron. «L'assentiment de la paroisse était là par contre», affirme-t-il. «Pour ce genre de projet, nous devons avoir accord des paroissiens.» Cette communauté religieuse compte une centaine de paroissiens actifs.

Selon l'entente financière signée avec la communauté religieuse, Rogers a même pavé le stationnement de la Westminster Presbyterian Church Pierrefonds et installé des égouts adaptés. Cette mesure a été exigée par Pierrefonds-Roxboro.

Et l'argent de la location? Les sous serviront à la paroisse. La pratique est courante: plusieurs églises louent un espace aux Rogers et Bell de ce monde. Souvent, l'antenne-relais est cachée. L'église Saint-Joachim de Pointe-Claire serait d'ailleurs en pourparlers avec Bell pour louer un espace dans leur clocher neuf, nous apprenait The Chronicle, il y a quelques mois. L'antenne de l'église de la rue Monk, elle, est plus difficile à cacher aux yeux du public.

Saint-Bruno s'oppose à l'installation d'un pylône

Le Journal de Saint-Bruno - 29 octobre 2008

Malgré les demandes insistantes de la compagnie Bell Mobilité, la Ville de Saint-Bruno s'oppose à l'installation d'un pylône d'antenne de télécommunication sans fil au 2300, boulevard Sir-Wilfrid-Laurier. Industrie Canada pourrait toutefois passer outre le refus des élus et en permettre la construction malgré tout.

L'entreprise a déjà fait des demandes similaires en 2002, 2004, 2005 et 2007. En 2004, un projet de règlement visant à autoriser l'installation d'une antenne de télécommunication similaire dans le même secteur avait entraîné de nombreux commentaires négatifs de la part des citoyens. En janvier 2005, 41 personnes avaient d'ailleurs signé une lettre réclamant davantage d'information, notamment les impacts sur la santé des citoyens adjacents et sur l'apparence d'une telle structure. Le projet a finalement été refusé.

Dans une résolution adoptée la semaine dernière, le conseil municipal fait valoir que l'emplacement choisi par Bell Mobilité est adjacent à un secteur résidentiel existant ainsi qu'à d'éventuelles nouvelles propriétés résidentielles et commerciales, puisque le développement résidentiel se dirige vers le 2300, boulevard Sir-Wilfrid-Laurier. Il plaide également que cette structure «viendra compromettre la mise en valeur du paysage emblématique du mont Saint-Bruno».

Selon le maire suppléant, Denis Arpin, la nouvelle structure serait d'une hauteur de 36,5 mètres (120 pieds) et serait donc la plus haute tour à Saint-Bruno. «Il y a des tours similaires sous les lignes d'Hydro-Québec. On aurait souhaité un endroit similaire pour l'implanter», a-t-il indiqué.

Ce dernier dit craindre que le gouvernement ne tienne pas compte de l'avis de la municipalité et permette à Bell Mobilité d'installer malgré tout son antenne au 2300, boulevard Sir-Wilfrid-Laurier. Pour qu'Industrie Canada intervienne dans le litige, il faudrait que l'une des parties en fasse la demande. «Sur demande d'intervention écrite provenant d'une partie autre qu'un membre du public en général à propos d'une préoccupation raisonnable et pertinente, le Ministère exigera que les parties concernées fournissent et partagent toute information reliée au litige. Le Ministère peut également recueillir ou obtenir d'autres renseignements utiles et demander aux parties de fournir une nouvelle présentation, le cas échéant. Cette information permettra au Ministère de rendre une décision finale sur la ou les questions en litige, puis d'en informer les parties ou de suggérer aux parties qu'elles recourent à un autre processus de résolution des litiges afin d'en arriver à un accord final. Si les parties ne parviennent pas à trouver une solution mutuellement acceptable, l'une ou l'autre peut demander au Ministère de trancher la question», précise-t-on sur le site internet d'Industrie Canada.

Au moment de mettre sous presse, il avait été impossible d'obtenir plus d'information de Bell Mobilité et de savoir si l'entreprise comptait se prévaloir de ce mécanisme.

Il existe actuellement trois pylônes semblables à celui qui est projeté par Bell Mobilité sur le territoire de Saint-Bruno. Un se trouve dans le parc industriel et les deux autres sont sur le mont Saint-Bruno. D'autres antennes sont aussi installées, notamment, sur les pylônes d'Hydro-Québec, dans le clocher de l'église et sur le toit du Manoir Saint-Bruno.

Chasseur d'ondes au cégep de Saint-Jérôme

mercredi 17 décembre 2008

Et s’il veut un portable à Noël ?

Au nom du principe de précaution, plusieurs associations lancent aujourd’hui une campagne s’opposant à l’usage du téléphone portable par les moins de 12 ans. A défaut de leur interdire totalement l’appareil, voici nos conseils pour une utilisation raisonnée.

«Un portable avant 12 ans, c’est non ! » Voilà le message qui s’affiche actuellement en grand sur tous les murs de Lyon. Pour la première fois, une grande ville affirme haut et fort ce que n’ont pas encore osé faire les pouvoirs publics, faute de preuves scientifiques formelles sur la dangerosité des ondes sur la santé. Parallèlement, une dizaine d’associations, dont Agir pour l’environnement, la FCPE et la Ligue de l’enseignement, lancent aujourd’hui une campagne contre l’utilisation du téléphone portable par les enfants.
Elles réclament des règles pour encadrer le développement de toutes ces technologies qui utilisent les ondes électromagnétiques, comme le portable, mais aussi la wi-fi dans les bibliothèques pour jeunes, ou l’installation des antennes-relais près des écoles… « On en sait déjà suffisamment, explique Mireille Roy, adjointe au maire déléguée à l’écologie urbaine de Lyon, pour qu’au nom du principe de précaution, on avertisse les parents, surtout en cette période où ils sont en train de faire leurs courses de Noël. »
Si, chez les petits de primaire, il est facile d’interdire le portable, pour leurs aînés collégiens chez qui il constitue, selon les sociologues, « un véritable rite de passage » , c’est une autre affaire. A l’heure de la chasse au cadeau, voici les conseils des experts pour restreindre son utilisation par vos enfants, et leur faire adopter de nouveaux gestes de prudence.

Le plus tard possible. Comme bon nombre d’experts, la ville de Lyon s’est arrêtée sur l’âge de 12 ans, mais les associations vont plus loin en prônant une résistance jusqu’à 14 ans. Car jusqu’à 15 ans, le cerveau est encore en phase de maturation, donc plus sensible aux ondes… Or, actuellement, 18 % des écoliers et 72 % des 12-14 ans possèdent un portable.

Des conversations courtes. La règle, c’est moins de trois minutes. Au-delà, ça chauffe trop ! Il faut conseiller à votre progéniture de réserver le mobile aux coups de fil essentiels, de communiquer plutôt par SMS, et d’utiliser le téléphone fixe pour les longues discussions entre copains. Et, afin de limiter les appels, optez pour les forfaits bloqués.

Le plus loin du corps. Eviter que les enfants ne portent sur eux leur appareil, même en veille, le poser loin de leur bureau, jamais sous l’oreiller, et surtout jamais dans la poche avant du pantalon (l’appareil génital des adolescents est une zone particulièrement sensible aux ondes). Lors des appels, le garder à plus d’un mètre du corps en utilisant le haut-parleur ou le kit mains libres.

Lire les notices. Acheter de préférence des mobiles à faible niveau d’émission ; bien caché sous le sigle DAS (débit d’absorption spécifique), il est différent selon les modèles, certains émettent plus que d’autres.

Le Parisien

vendredi 12 décembre 2008

Mobilisation contre une antenne du ministère des Transports

Publié dans La Presse le 15 octobre 2008

La mise en place par le ministère des Transports du Québec (MTQ) d'une antenne de télécommunications haute de 200 pieds dans un quartier de l'arrondissement d'Anjou a semé la consternation chez les résidents, qui réclament son déménagement.

Plusieurs d'entre eux sont venus exprimer leur découragement et présenter une pétition de 150 noms au conseil d'arrondissement, mardi. Pour Dominique Ruscio, résidant de l'avenue Tourelles, cette tour est «laide».

«On la voit de partout, dit-il. De plus, est-ce que les systèmes de télécommunications ou les émetteurs qui pourraient y être placés peuvent nuire à la santé? Et surtout, ça s'est fait dans le plus grand secret. Personne n'était au courant. C'est quand même incroyable! Cela démontre le mépris du ministère des Transports, car on aurait pu la placer ailleurs.»

Le MTQ a installé cette antenne afin d'améliorer ses communications par ondes hertziennes. Elle l'a placée sur un terrain qui lui appartient près de l'autoroute 25, après avoir obtenu un permis en bonne et due forme du service d'urbanisme de l'arrondissement. Mais le MTQ aurait pu s'en passer, selon la réglementation fédérale et provinciale.

Si Radio-Canada, pour le renouvellement du bail concernant son antenne sur le mont Royal, a dû passer par une consultation publique, ce n'est pas le cas du MTQ, qui n'a pas eu besoin d'informer les résidants et encore moins de demander leur avis.

Le maire d'Anjou, Luis Miranda, dit avoir été mis au courant de ce dossier «il y a deux semaines». «Nos gens étaient au courant depuis avril, dit-il. Jamais personne ne m'a rien dit. C'est clair que c'est un manque flagrant de nos fonctionnaires, car même si on ne pouvait refuser de permis, on aurait pu faire des pressions pour que la tour soit placée ailleurs. Je comprends les citoyens, qui ont 100% raison.»

La mobilisation des citoyens a des effets. La députée libérale d'Anjou, Lise Thériault, a communiqué avec le Conseil du Trésor. Les travaux d'aménagement de l'antenne ont été arrêtés. Mme Thériault a aussi joint M. Miranda, qui lui a dit que l'arrondissement était prêt à donner un terrain dans le quartier industriel.

«Le Ministère se rend compte que ce n'était pas une chose à faire en ville, dit M. Miranda. Dans notre dépôt à neige, il y a de la place et c'est loin des quartiers résidentiels. Je pense que l'antenne sera bientôt déplacée.»

Éric Clément
La Presse

jeudi 4 décembre 2008

La peur du sans-fil


Reportage diffusé le 23 septembre 2008 à la télé de Radio-Canada Colombie Britannique

Les parents de l'école Rose des Vents de Vancouver s'inquiètent pour la santé de leurs enfants avec la multiplication des réseaux sans fil. Le Wi-Fi, c'est pratique, on peut se connecter partout à la maison, en ville, dans des cafés ou des bibliothèques. C'est pratique, mais est-ce que c'est bon pour la santé? Quels sont les effets, sur le corps humain, de ces ondes qui circulent presque partout?
Reportage de Benoît Ferradini

Cliquez ici. Durée : 7 min 18 s
http://www.radio-canada.ca/regions/colombie-britannique/tele/Chroniques/index_724_9_08.shtml

mercredi 3 décembre 2008

Veaux, vaches, cochons... et 400 000 volts


Photo : AFP/MARCEL MOCHET

Reportage publié dans Le Monde, le 2 décembre 2008.


LATRONCHE (CORRÈZE) ENVOYÉ SPÉCIAL

Chez les Marcouyoux, à Latronche, dans la partie orientale de la Corrèze, le téléphone sonne souvent en ce moment. Au bout du fil : des agriculteurs, des élus ruraux, des responsables associatifs, qui, tous, veulent savoir comment ils ont "fait". Les appels viennent des "quatre coins de la France !", n'en revient pas le père, Michel, 59 ans. "De partout où passent des lignes à très haute tension", enchaîne le fils, Serge, 34 ans.

Ce qu'ont "fait" les Marcouyoux et leur avocat, Philippe Caetano, n'est, il est vrai, pas banal. Saisie par eux, une juridiction civile a, pour la première fois, établi un lien de causalité entre une ligne électrique et des troubles sanitaires sur des animaux. C'était le 28 octobre dernier : le tribunal de grande instance de Tulle condamnait Réseau de transport d'électricité (RTE) - une filiale d'EDF chargée de gérer le transport d'électricité en France - à verser 390 648 euros pour le préjudice "direct, matériel et certain" subi par l'exploitation de la famille Marcouyoux. RTE ayant interjeté appel, l'affaire, certes, n'est pas terminée. Mais la décision fait date. Et grand bruit dans Landerneau.

Paysans de père en fils, les Marcouyoux ont toujours vécu dans cette ferme isolée de la vallée de la Dordogne dont les murs, croit savoir le chef de famille, datent du XVIIe siècle. "On était là avant EDF !", martèle-t-il.

La ligne électrique qui surplombe leur exploitation remonte, elle, à la seconde guerre mondiale et à la construction du barrage de l'Aigle situé à quelques kilomètres de là. "On a toujours connu des problèmes inexpliqués avec les animaux : des morts, des avortements, des bêtes pas bien résistantes..., raconte Michel Marcouyoux. Mais les choses ont empiré au début des années 1990 quand une nouvelle turbine a été installée au barrage de l'Aigle. Le courant, qui était à 225 000 volts, est alors passé à 400 000 volts."

A cette époque, les Marcouyoux font encore paître leurs vaches laitières au pied des deux pylônes de 55 mètres qui se dressent au milieu de leurs terres. Plus pour longtemps. Ils élèvent également des porcs. Plus pour longtemps, là non plus. Hémorragies, ulcères, inflammations, avortements, myopathie, arthrite... Le catalogue des tortures endurées par leurs bêtes ne va cesser de s'étoffer au fil des années.

Le summum de l'horreur est atteint en 1998, peu de temps après qu'un scientifique leur a expliqué que leurs malheurs venaient de la ligne qui grésille au-dessus de leurs têtes. Les Marcouyoux ont beau alors se rapprocher d'une association d'agriculteurs bretons connaissant les mêmes difficultés, ils pensent régler cela "à l'amiable" avec EDF. "Quelqu'un de chez eux est venu nous dire qu'il y avait des "courants telluriques" dans le sol ! Le gars inventait bien sûr, car il fallait bien trouver une explication. Il a préconisé le câblage de notre porcherie à une terre périphérique - d'en faire une cage de Faraday en quelque sorte. Il nous a même dessiné un plan que nous avons suivi à la lettre en installant 200 m de câble de cuivre autour du bâtiment. Ç'a été une vraie catastrophe ! On a tout démonté le lendemain", se souvient le père. "Des truies ont avorté en 24 heures, poursuit le fils. On a même vu des petits manger leur mère. Les experts écriront ces mots terribles dans leur rapport : cannibalisme animalier."

Située à 50 m de la ligne électrique et dotée de cages pour gestantes en Inox, la porcherie est incontestablement le bâtiment le plus exposé de la ferme Marcouyoux. Ou plutôt "était".

La famille d'éleveurs a en effet mis fin à son activité porcine en mai 2005. De guerre lasse. "Les porcelets finissaient par ne plus aller à la mamelle. Ils faisaient le tour du parc avec des yeux exorbités. Les truies, elles, ressortaient tout à l'accouchement : la matrice, les boyaux... Notre dernier lot comprenait huit bêtes : six ont fini chez l'équarrisseur", raconte la mère, Maryse, 57 ans. "Certains matins, il faisait pas beau à y aller voir", résume Serge.

Entre-temps, les Marcouyoux ont décidé de poursuivre RTE en justice. Sans complexe. Mais sans certitude non plus. Pensez. Ici, des petits paysans corréziens étranglés par les emprunts. Là, une entreprise pesant 4 milliards d'euros de chiffre d'affaires.


"LES ANIMAUX, C'EST LE REVENU"


Le pot de terre contre le pot de fer. La procédure va durer huit ans. Huit ans durant lesquels les plaignants vont faire face aux rumeurs : "Ils (RTE) ont fait courir le bruit qu'on était des mauvais agriculteurs, et que si nos animaux crevaient, c'était de notre faute." Huit ans durant lesquels les Marcouyoux vont aussi apprendre à "composer" avec ces ondes électromagnétiques tellement puissantes qu'elles sont capables d'allumer un néon tenu à bout de bras en plein champ !

Deux solutions vont être trouvées. La première : modifier l'alimentation des vaches. "On est obligés de les doper en oligoéléments et en vitamines, explique Serge. Le résultat est médiocre à l'arrivée, mais au moins les animaux sont sauvés." L'autre réponse aux ondes est évidemment l'éloignement. Les 50 prim'holsteins du GAEC (Groupement agricole d'exploitation en commun) Marcouyoux broutent aujourd'hui à 300 mètres de la ligne électrique. La traite est, du coup, bien plus longue à effectuer, car il faut faire revenir les vaches à l'étable deux fois par jour. La moitié des bêtes - les plus résistantes - dorment également dehors afin de limiter la surexposition nocturne. Les choses devraient toutefois s'améliorer d'ici à quelques mois quand le nouveau bâtiment à bovins sera terminé, à un kilomètre de là. Les Marcouyoux en ont repris pour dix ans d'emprunt à la banque. "On est fous de s'être lancés là-dedans, disent père et fils d'une même voix. Mais c'était ça ou s'arrêter."

Et eux, comment vont-ils ? Couci-couça, à les croire. Le père est sourd d'une oreille, la mère aussi. Sujet à des difficultés respiratoires, le fils va, lui, dormir certaines nuits dans une caravane située à l'autre bout de l'exploitation, à côté de la future étable. Au même endroit, les Marcouyoux ont également obtenu un permis de construire pour une nouvelle ferme. Mais ils doutent d'avoir assez de force pour mener cet autre projet. "La logique aurait voulu qu'on commence par construire une maison pour nous plutôt qu'un bâtiment pour les bêtes, admet le père. Mais il fallait sauver les animaux. Car les animaux, c'est le revenu. Et sans revenu..."

Frédéric Potet

lundi 1 décembre 2008

Téléphone cellulaire: quels risques pour les enfants ?


Jean-François Cloutier, La Presse
01 décembre 2008 | 08 h 05


L'Agence de la santé publique de Toronto a jeté un pavé dans la mare, l'été dernier, en devenant la première au Canada à recommander la prudence en ce qui concerne l'utilisation du téléphone portable par les enfants.

L'Agence indique dans son rapport que même si la plupart des études menées jusqu'ici concluent que le cellulaire est sans effet sur la santé, son impact à long terme n'est pas encore clair. Elle ajoute que les enfants pourraient être davantage susceptibles que les adultes de subir les effets potentiellement nocifs des ondes.



«Alors que les scientifiques niaient tout risque jusqu'ici, il semble, avec l'accumulation des études, que les gens qui ont utilisé un téléphone portable sur une longue période sont plus à risque de développer certaines tumeurs au cerveau», explique l'auteure du rapport, Lauren Vanderlinden.

Aux États-Unis, le directeur de l'Institut du cancer de l'Université de Pittsburgh, le Dr Ronald Herberman, a fait écho à l'avertissement de Toronto en recommandant que les enfants n'utilisent le portable qu'en cas d'urgence: «Je suis convaincu qu'il y a assez de données pour justifier un avis donnant des précautions à prendre avec le cellulaire.»


Des recommandations similaires ont aussi été formulées en France, en Allemagne et en Inde.


Au Québec, rien de tel n'est encore en vue. Le ministère de la Santé confirme n'avoir aucun projet d'avis du même genre, pas plus qu'il n'envisage de commander des études sur les dangers potentiels du portable.

«On ne peut pas dire que le cellulaire soit absolument sans risque, mais on ne peut pas dire non plus qu'il cause le cancer comme le font la cigarette ou le soleil», affirme avec prudence André Beaulieu, porte-parole de la Société canadienne du cancer, section Québec.

Sur son site internet, l'organisme donne quand même quelques options aux gens inquiets: choisir de ne pas avoir de téléphone portable, utiliser un casque d'écoute au lieu de mettre l'appareil à son oreille, fixer certaines restrictions aux enfants...


Panique injustifiée?


«Les enfants pourraient être plus à risque s'il devait y avoir un danger, reconnaît M. Beaulieu. Le cancer est une maladie des cellules, et les enfants ont une croissance cellulaire plus rapide que les adultes.»

Dans son rapport, l'Agence de la santé de Toronto explique que les enfants ont une tête plus petite, une boîte crânienne, une peau et des oreilles moins épaisses. Leurs cellules nerveuses conduisent l'énergie - comme celle des ondes - mieux que les cellules des adultes. Leur cerveau y est aussi plus sensible.

«On sait que les enfants sont plus susceptibles de contracter une maladie quand ils s'exposent longtemps à l'énergie des pylônes électromagnétiques. Est-ce que c'est la même chose avec les ondes du cellulaire?» demande M. Beaulieu. «Je ne peux pas vous direqu'il n'y a aucun danger.»

Y a-t-il une panique injustifiée qu'il faudra mettre plus tard avec les grandes peurs plus ou moins irraisonnées du tournant du XXIe siècle, dont le bogue de l'an 2000?

Le représentant de l'Association canadienne des télécommunications sans fil (ACTS), Mark Choma, en est convaincu: «J'ai moi-même deux enfants et je n'ai aucune crainte à leur faire utiliser un téléphone cellulaire.»

«Toutes les agences de santé sérieuses, - je parle de l'Organisation mondiale de la santé, de Santé Canada - indiquent qu'il n'y a pas d'effets sur la santé.»

L'ACTS se défend de vouloir cacher quoi que ce soit: «Nous avons toujours encouragé et nous continuons d'encourager la recherche», plaide M. Choma.

Pour le moment, Santé Canada semble en effet partager son optimisme et confirme «ne voir aucune raison scientifique de croire que l'utilisation de téléphones cellulaires est non sécuritaire».

Des experts de poids abondent aussi dans le sens de l'industrie du sans-fil. Le prix Nobel de physique Georges Charpak s'est déclaré convaincu, dans une interview avec le magazine Le Figaro, que des recherches sérieuses ne montreraient aucune différence significative entre une population exposée aux ondes et une autre ne l'étant pas. «Oui, j'ai peur du téléphone portable: j'ai peur de me faire renverser par un type qui téléphone au volant», a-t-il lancé.

Sauf dans le cas improbable d'une percée majeure dans la recherche, le débat devrait durer encore longtemps. En effet, s'il devait y avoir une incidence accrue de cancers chez les utilisateurs de portables, celle-ci pourrait ne pas se révéler avant des décennies.Des études contradictoires


Des études contradictoires


Les études se contredisent quant aux effets du téléphone cellulaire sur la santé. Portant sur des groupes trop petits, aucune n'apporte une démonstration définitive.

Si plusieurs concluent à l'innocuité du téléphone cellulaire, une des plus récentes, réalisée par un chercheur de l'Université catholique de Louvain, en Belgique, démontre que des rats de laboratoire exposés aux ondes des téléphones portables et des réseaux Wi-Fi ont un taux de mortalité multiplié par deux.

Une autre étude a démontré que des plants de tomates soumis à des ondes semblables à celles des portables réagissaient en sécrétant des molécules de stress.


Problèmes de comportement


Une autre, toute récente, suggérait que les enfants de femmes ayant utilisé fréquemment le cellulaire lors de leur grossesse étaient plus susceptibles d'avoir des problèmes de comportement.

On en saura peut-être un peu plus lors de la parution des résultats d'une vaste étude internationale, Interphone, lancée en 1999. Cette étude compare quelque 7000 patients de 13 pays atteints d'une tumeur à la tête avec un groupe témoin. Jusqu'ici, des résultats préliminaires diffusés suggèrent dans certains cas un risque "faible" de tumeurs après une utilisation intense du cellulaire pendant 10 ans.

Annoncés d'abord pour 2005, les résultats définitifs devraient finalement être connus l'an prochain.



Dix précautions à prendre

Le Dr David Servan-Schreiber, auteur des best-sellers Guérir et Anticancer, a lancé cette année un appel dont la portée a été mondiale. Entouré d'un aréopage de chercheurs de renommée internationale, le charismatique psychiatre, qui a lui-même eu un cancer au cerveau, a énoncé 10 précautions à prendre avec le cellulaire.

1- Ne pas autoriser les enfants de moins de 12 ans à utiliser un téléphone portable sauf en cas d'urgence.

2- Lors des communications, maintenir le téléphone à distance du corps. Favoriser l'utilisation des dispositifs mains libres.

3- Rester à distance d'une personne en communication et éviter d'utiliser un téléphone portable dans des lieux publics.

4- Éviter le plus possible de porter un téléphone mobile sur soi, même en mode veille.

5- Si on doit porter un cellulaire sur soi, s'assurer que sa face «clavier» soit dirigée vers son corps et sa face «antenne» vers l'extérieur.

6- N'utiliser le téléphone portable que pour établir le contact ou pour des conversations de quelques minutes.

7- Lors des communications, changer l'appareil de côté régulièrement.

8- Éviter d'utiliser le portable lorsque la force du signal est faible ou lors de déplacements rapides.

9- Communiquer par textos plutôt que par la voix.

10- Choisir un appareil avec le débit d'absorption spécifique (DAS) le plus bas possible.

samedi 29 novembre 2008

Australia : Mobile phone radiation fries sperm!


Evan Maloney
Monday, October 20, 2008 at 06:59pm



Well, well, well, there’s a headline to send a few jitters through the sperm banks and IVF clinics of the world.

The first thing I thought when I read this headline was, “Maybe the Nasa scientists have got it all wrong, maybe outer-space doesn’t smell like fried steak at all.”

The preliminary study, presented at a fertility conference in Brisbane today, is the first of its kind, and supports US research showing heavy mobile phone users have up to 40 per cent lower sperm counts than lighter users.

Researchers at the University of Newcastle built a device to irradiate sperm at the same radio frequency as mobile telephone calls.

I mean, really, how many dire warnings, threats and fear-mongerings have researchers been paid good money to fill out heads with over the years regarding mobile phone use. Mobile phones have been the cause of everything from brain tumours to fried sperm to hair loss to an inability to read road signs in an effective manner while driving the car. Maybe only the last one has been proved categorically. Maybe we will all die of a brain tumor in fifteen years, maybe my sperm is getting fried right now, and maybe, just maybe, this is another example of people trying to justify the money they get paid to waste everybody’s time with ridiculous research.

Building a device to irradiate sperm? What the hell is wrong with you? Do you think I shove my mobile phone down my underpants whenever I want to make a phone call to my wife? Are you nuts?

Is this just me? Do we need an S.O.S ("Save our Sperm") Foundation?

Maroc : Antennes relais de la discorde

Publié sur www.yabiladi.com, le 28.11.2008 | 13h42

Les antennes relais de la téléphonie mobile reviennent au-devant de la scène. Des habitants qui s'y opposent à Ben M'Sik à Casa ont été tabassés par les forces de l'ordre. Le milieu associatif des droits humains crie au scandale.

Les antennes relais de la téléphonie mobile font parler d'elles de nouveau. Mercredi matin, les habitants du quartier «Al Ahd El Jadid» à Ben M'Sik s'étaient réunis pour protester contre l'installation d'une nouvelle antenne. Leur manifestation sera finalement de courte durée, puisque le propriétaire du local, dont la terrasse a été louée à un opérateur de téléphonie, a fini par alerter les forces de l'ordre qui sont arrivées en grands renforts. Et qui, à en croire l'AMDH (Association marocaine des droits humains), n'y sont pas allées de main morte. Jeudi vers midi, c'est Mohamed Abou Ennassr, patron de la section casablancaise de cette ONG, qui était encore en train de faire le bilan des dégâts d'une «intervention policière d'une violence inédite» qui n'a épargné ni femmes, ni vieillards, ni même nourrissons. «C'était de la sauvagerie à l'état pur et, on ne sait pour quelle raison, les coups de matraque n'ont pas épargné la tête et les organes génitaux de manifestants pacifistes», déclare M. Abou Ennassr qui cite l'exemple d'un vieillard grièvement blessé. Un euphémisme, puisque Mohamed El Koraichi, né en 1920 et artiste peintre connu du quartier et de la ville, s'en est sorti avec des fractures au bassin. Inguérissables, précise son entourage. S. G, elle, venait juste de subir une opération chirurgicale, mais son état est des plus graves ayant été frappée là où elle a été opérée. Et puis, il y a Ala'e, un an à peine, qui a été carrément arraché du dos de sa mère et jeté par terre. Les militants de l'AMDH affirment même avoir relevé des traces de griffures qu'aurait subi le nourrisson. Et, pour finir, M.K, collégien de 15 ans, a été tabassé avant d'être embarqué par les forces de l'ordre qui ont effectué 12 arrestations au total : quatre femmes en plus de plusieurs militants de partis (PSU, CNI).

Tous avaient été relâchés vers 23 heures à l'exception de Saïd Diane, syndicaliste de la CDT et membre du CNI (Conseil national ittihadi). Et cela ne s'arrête pas à ce stade, puisque les douze personnes devaient être présentées à la justice vendredi ou samedi. «Nous sommes désormais, et depuis quelque temps, confrontés à cette nouvelle catégorie de dépassements et notamment aux quartiers Al Ahd EI Jadid et Al Hassania où des citoyens sont réprimés violemment pour avoir protesté contre des installations susceptibles de constituer de graves dangers pour la santé», commente Mohamed Abou Ennassr. Ce dernier affirme d'ailleurs qu'un comité de soutien aux habitants de ces deux quartiers a été mis en place et où sont représentés plusieurs ONG, syndicats et partis politiques. «Cela devient de plus en plus fréquent de voir des citoyens, un peu partout, tabassés pour avoir protesté de manière civilisée, au lieu d'être écoutés pour des revendications tout à fait légitimes», s'insurge Khadija Ryadi, présidente de l'AMDH. Pour cette dernière, l'Etat se trouve auteur de «pratiques inacceptables», puisqu'il intervient, et mobilise ses forces de sécurité, au service d'entreprises privées au lieu de défendre l'intérêt général. Donne nouvelle pour les ONG des droits humains, l'AMDH travaille actuellement, au niveau local, à réunir tous les éléments de ce dossier. Et, au niveau central également, à étudier les aspects juridiques de la chose. La polémique des antennes relais ne fait que redémarrer. Pour de bon.

De Ben M'Sik à Auch

Autres cieux, autres pratiques. A Auch, une petite localité du Gers (Sud de la France), l'opérateur Orange est malmené depuis plusieurs mois pour l'installation d'une antenne relais destinée à renforcer le débit Internet pour les téléphones mobiles et ce sur un terrain privé. Les habitants, constitués en collectif, ont envoyé au maire de la commune une pétition portant 300 signatures et mis en place une sorte de comité de vigilance. Pendant ce mois de novembre, Orange a quand même dépêché ses techniciens pour installer ladite antenne, mais en a été empêché. Le maire, en guise de première mesure, a décidé de ne pas autoriser l'acheminement de l'électricité pour les besoins d'alimentation, et donc de fonctionnement de l'antenne. Il s'est réuni avec les représentants de l'opérateur pour, in fine, proposer d'autres sites, plus éloignés des habitations. Personne n'a été tabassé pendant toutes ces péripéties et pas un seul uniforme n'était visible pour quelque intervention que ce soit. Cela dit, les scientifiques restent toujours divisés quant aux réelles répercussions des antennes relais installées près des habitations. Quelques pays ont opté toutefois pour le «principe de précaution». En Israël, les autorités ont adopté une solution plus radicale et interdit l'installation de ces antennes près des habitations. Au Maroc, on est encore loin du compte. Sauf de celui des victimes de l'intervention des forces de l'ordre, chaque fois que des citoyens s'y opposent.

Mohammed Boudarham
Source: Le Soir Echos

jeudi 27 novembre 2008

Antenne relais : un scandale sanitaire en sommeil ?

Ile de la Réunion
CLICANOO.COM | Publié le 27 novembre 2008

En métropole, une décision de justice vient peut-être de lever le voile sur un futur scandale sanitaire. En imposant à Bouygues Telecom, le démontage d’une de ses antennes relais, le tribunal a donné un écho à la population. À la Réunion aussi, les craintifs de ces champs électromagnétiques sont montés au front, sans succès. Et pourtant, des médecins se mouillent et attestent de la nocivité des piliers.

Le temps où les ondes pouvaient se propager à outrance, en toute tranquillité, paraît révolu. La métropole a montré la voie, les consommateurs d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’hier. Ces deux dernières années, la Réunion a vu tourner quelques pétitions, réclamant avec fermeté la disparition d’antennes relais. La population craint le pire sur l’impact sanitaire de ces champs électromagnétiques. Durant ces quelques épisodes, deux acteurs prédominent : la population et l’opérateur. Pour une seule conclusion : l’impression persistante pour la première de ne pas avoir son mot à dire, subir. On peut citer les péripéties d’un habitant de Bois de Nèfles Sainte-Clotilde qui a voulu conserver l’anonymat, ou encore l’histoire des riverains de la Chaloupe Saint-Leu. L’indésirable antenne les nargue toujours, malgré leurs agitations répétées et aujourd’hui estompées par la lassitude. Retour fin 2006, à Sainte-Clotilde. Une antenne relais apparaît à une quinzaine de mètres de l’habitation de Francis(*), pas loin d’une école. Les habitants s’inquiètent de la pose inopinée de cet intrus. Non consultés par l’opérateur, ils s’interrogent. Et réagissent en rédigeant des courriers à tout va : mairie, préfecture, Agence nationale des fréquences (ANFR) et la société en question.


Insomnie, stress...


“Nous avons ensuite recueilli 250 signatures. Nous réclamions l’enlèvement de cette antenne, étant donné les risques pour l’école élémentaire d’à côté”. Ils obtiennent alors la promesse d’une délocalisation. “Il ne s’est jamais rien passé, nous n’avons plus réussi à joindre le monsieur de l’entreprise en question”. À force de sollicitations, les riverains parviennent à organiser une rencontre avec la préfecture, elle se solde par ce bilan : un laconique “pas de preuve de nocivité”. Une équipe s’est ensuite rendue sur place pour une série de mesures. “Ils sont partis en nous promettant de nous envoyer un rapport”. Ils l’attendent toujours. Pour l’heure, Francis continue de prôner le fameux principe de précaution. Et plus que jamais. “On habite ici depuis 30 ans, ma femme a des soucis de santé depuis trois ans”. Une période qui coïncide étrangement avec l’installation de l’antenne relais. “Son médecin (dont il a voulu taire le nom, ndlr) a constaté chez elle, une dose d’électromagnétisme trop élevée”. Conséquence : des difficultés pour dormir et des “douleurs pas possibles”. À ce stade-là, peut-on encore parler de nocivité non prouvée ? “Pour le médecin, le lien entre l’antenne et ces symptômes ne fait pas de doute”. Il a même délivré à sa patiente un certificat médical, pour l’aider dans ses démarches éventuelles contre l’opérateur. Un document qui stipule : “(...) Ma patiente se plaint de différents maux, insomnie et stress, qui peuvent être imputés à la situation trop proche d’un champ électromagnétique de type antenne-relais de téléphone mobile”. Dans de tels cas, on peut concevoir le sentiment d’exaspération de ces habitants. Et pourtant, les prestataires en question restent sourds à cet enjeu sanitaire. Tandis que les politiques prennent peu à peu connaissance du sujet

(*) nom d’emprunt

Dossier réalisé par Damien Frasson-Botton