Article paru dans Le Monde, le 12 mai 2009.
Vendredi, 7h42. L'Intercity quitte Lausanne pour Genève. Une jeune femme allume ses deux téléphones mobiles. A sa gauche, un homme d'affaires ouvre son ordinateur pour accéder à Internet via le réseau mobile. Les ingrédients sont réunis: un train qui roule à 140 km/h et un réseau de téléphonie de faible qualité, malgré les relais de téléphonie présents dans le train. Les pendulaires l'ignorent souvent, mais c'est dans cette situation que les téléphones émettent le plus d'ondes.
Quelle est la nocivité de ces rayonnements non ionisants? En France, opérateurs, gouvernement et associations se déchirent sur cette question. En Suisse, le débat s'enflamme lors d'oppositions à de nouvelles antennes de téléphonie mobile. "Les limites fixées en Suisse sont dix fois plus restrictives qu'au niveau international. L'ordonnance sur les rayonnements non ionisants est stricte et nous permet d'appliquer le principe de précaution", explique Mirjana Moser, cheffe de la section Rayonnement non ionisant et dosimétrie à l'Office fédéral de la santé publique.
L'on parle ici du champ électromagnétique, mesuré en volts par mètre (V/m). Les limites européennes sont globalement de 40 à 60 V/m, et les suisses de 6 V/m. "Il s'agit d'une limite pour une installation à ne pas dépasser dans les habitations, les écoles ou les places de jeu, poursuit Mirjana Moser. Si l'on se trouve dans une zone couverte par plusieurs antennes, la limite admise est alors de 60 V/m". Point capital, cette limite ne tient pas compte des ondes émises par le téléphone, mais que des antennes. Or plus le réseau est de mauvaise qualité, plus le portable émettra d'ondes. Près de l'oreille, des valeurs de 10 à 100 V/m ne sont pas rares. Et ce qui compte surtout, c'est le TAS (taux d'absorption spécifique), qui ne doit pas dépasser 2 W/kg.
Faut-il s'en inquiéter? "Les études montrent que le rayonnement a une incidence sur les cellules, sans que des conséquences sur la santé aient pu être établies, poursuit Mirjana Moser. Il faut donc avoir simplement une utilisation raisonnable des téléphones." Certaines associations demandent un abaissement des limites à 0,6 V/m. La scientifique y est opposée. "Si la puissance des antennes est réduite, les téléphones émettront davantage d'ondes. L'effet serait négatif. En Suisse, la situation actuelle est nettement préférable."
Jean-Michel Poffet, hygiéniste du travail au sein de l'EPFL, partage cet avis. "Nous faisons attention à ce que la couverture du réseau mobile soit bonne partout sur nos sites, y compris sur le futur Learning Center. Plus le réseau est homogène, moins le champ électromagnétique sera important, et moins le personnel sera soumis à des ondes." Jean-Michel Poffet a organisé des conférences pour parler des ondes. "Les études réalisées à propos de leur nocivité ne donnent aucun résultat concluant. Il faut aussi tenir compte du rapport coût/bénéfice de disposer d'un téléphone mobile."
Pas d'incidence négative sur la santé, donc. Mais certaines personnes se plaignent de maux de tête ou de perte de concentration à cause des ondes. Qu'en penser? "En effet, selon les estimations, 5 à 10% des gens s'estiment sensibles, explique Mirjana Moser. De nombreuses études ont tenté, sans résultat pour l'instant, d'établir un lien entre ces ondes et les symptômes. C'est un sujet très délicat.
Les opérateurs de téléphonie mobile ne veulent pas entendre parler d'une réduction des valeurs limites. "Le Liechtenstein a récemment décidé de les abaisser à 0,6 V/m. Les opérateurs vont quitter ce marché, car y exploiter un réseau de qualité devient impossible", explique Hugo Lehmann, qui étudie les rayonnements non ionisants chez Swisscom. La création de réseaux mobiles de plus en plus rapides pour transmettre les données ne risque-t-elle d'ailleurs pas d'augmenter les rayonnements? "Pas forcément, poursuit Hugo Lehmann. L'on voit que, pour une simple conversation, le portable UMTS émet 100 à 1000 fois moins d'ondes que le réseau GSM. Les nouveaux réseaux émettent nettement moins, mais ils sont de plus en plus utilisés pour transmettre des données." L'idée de démonter les réseaux GSM pour les remplacer par de nouveaux réseaux est encore irréaliste, vu le nombre de téléphones uniquement GSM encore utilisés.
Les ondes des réseaux Wi-Fi sont un peu différentes, puisqu'il s'agit d'hyperfréquences, de type 2,5 Ghz, semblables à l'UMTS en téléphonie mobile. Soit presque la même fréquence que les fours à micro-ondes. Inquiétant? "Nous savons que ces ondes ont un effet thermique, confirme Mirjana Moser. On ignore s'il peut y avoir d'autres effets. Je conseillerais de ne pas installer de borne Wi-Fi à proximité immédiate de personnes."
Anouch Seydtaghia
mercredi 13 mai 2009
Antennes-relais : Bouygues Télécom à nouveau assigné en justice
France - Trois mois après avoir été condamné en appel à démonter une antenne-relais dans le Rhône, Bouygues Télécom pourrait bientôt connaître à nouveau le même sort. Un vingtaine de parents d'élèves d'une école lyonnaise ont en effet assigné en justice l'opérateur de téléphonie mobile.
Le 23 juin 2009, Bouygues Télécom comparaîtra devant la chambre des urgences du tribunal de grande instance de Lyon. Une vingtaine de parents d'élèves se battent depuis 2 ans pour obtenir le démontage d'une antenne-relais implantée à une trentaine de mètres de l'école Gerson, dans le Ve arrondissement de Lyon.Les parents menacent de retirer leurs enfants de cette école à la rentrée prochaine s'ils n'obtiennent pas satisfaction. "Nous avons fourni de la documentation scientifique et surtout nous avons fait valoir que les parents souhaitaient une réponse avant le mois de septembre" a déclaré Me Franck Heurtrey, leur avocat qui réclame le déplacement de l'antenne à au moins 100 mètres de l'établissement, ainsi qu'une diminution de son taux d'émission.La dangerosité des ondes émises par les antennes-relais de la téléphonie mobile est au coeur des débats du Grenelle des ondes qui a débuté le 6 mai. Opérateurs et opposants attendent beaucoup de ces discussions.
Le 23 juin 2009, Bouygues Télécom comparaîtra devant la chambre des urgences du tribunal de grande instance de Lyon. Une vingtaine de parents d'élèves se battent depuis 2 ans pour obtenir le démontage d'une antenne-relais implantée à une trentaine de mètres de l'école Gerson, dans le Ve arrondissement de Lyon.Les parents menacent de retirer leurs enfants de cette école à la rentrée prochaine s'ils n'obtiennent pas satisfaction. "Nous avons fourni de la documentation scientifique et surtout nous avons fait valoir que les parents souhaitaient une réponse avant le mois de septembre" a déclaré Me Franck Heurtrey, leur avocat qui réclame le déplacement de l'antenne à au moins 100 mètres de l'établissement, ainsi qu'une diminution de son taux d'émission.La dangerosité des ondes émises par les antennes-relais de la téléphonie mobile est au coeur des débats du Grenelle des ondes qui a débuté le 6 mai. Opérateurs et opposants attendent beaucoup de ces discussions.
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Coup d'arrêt sur le Wifi à l'université Paris III Sorbonne
Un moratoire a été prononcé sur ce mode de connexion.
Le débat sur les ondes n’a jamais été aussi prégnant du fait que l’on s’entoure de plus en plus d’appareils émetteurs ou récepteurs. Quand ce ne sont pas les antennes relais des opérateurs téléphoniques dont la présence est dénoncée, ce sont les bornes Wifi qui sont remises en cause.
A la suite de différentes plaintes un Comité Hygiène et Sécurité s’était déjà prononcé en novembre 2007 pour le cas de quatre bibliothèques parisiennes. Après la tenue d’une réunion similaire, à la Sorbonne, un moratoire a été prononcé sur les bornes Wifi.
Il s’appliquera à tous les bâtiments dépendant de Paris III : la bibliothèque Sainte-Geneviève (5ème), la bibliothèque Sainte-Barbe (5ème), la bibliothèque des Langues Orientales (7ème) et le Centre de documentation de la faculté de Censier (5ème).
Face à la recrudescence de ce type de décisions, le gouvernement a décidé, sous l’impulsion de l’association Robin des Toits, de proposer un Grenelle des ondes. Un test grandeur nature sera mis en place avec une exposition aux ondes électromagnétiques limitée à 0,6 volt par mètre. Six communes se sont portées volontaires pour réaliser ce test.
Pour pallier l’absence de Wifi, un accès filaire est proposé. C’est déjà le cas à la bibliothèque Sainte-Geneviève, situation qui était intervenue à la suite d’un droit de retrait des personnels. Depuis le début 2009 des accès Internet filaires y sont installés.
Quant à la Bibliothèque Nationale de France (BNF), le Wifi est coupé depuis longtemps. A partir d'avril 2008, des connexions filaires ont été mises en place.
Rédigé par Victor de Sepausy, le mercredi 13 mai 2009 à 10h17
Le débat sur les ondes n’a jamais été aussi prégnant du fait que l’on s’entoure de plus en plus d’appareils émetteurs ou récepteurs. Quand ce ne sont pas les antennes relais des opérateurs téléphoniques dont la présence est dénoncée, ce sont les bornes Wifi qui sont remises en cause.
A la suite de différentes plaintes un Comité Hygiène et Sécurité s’était déjà prononcé en novembre 2007 pour le cas de quatre bibliothèques parisiennes. Après la tenue d’une réunion similaire, à la Sorbonne, un moratoire a été prononcé sur les bornes Wifi.
Il s’appliquera à tous les bâtiments dépendant de Paris III : la bibliothèque Sainte-Geneviève (5ème), la bibliothèque Sainte-Barbe (5ème), la bibliothèque des Langues Orientales (7ème) et le Centre de documentation de la faculté de Censier (5ème).
Face à la recrudescence de ce type de décisions, le gouvernement a décidé, sous l’impulsion de l’association Robin des Toits, de proposer un Grenelle des ondes. Un test grandeur nature sera mis en place avec une exposition aux ondes électromagnétiques limitée à 0,6 volt par mètre. Six communes se sont portées volontaires pour réaliser ce test.
Pour pallier l’absence de Wifi, un accès filaire est proposé. C’est déjà le cas à la bibliothèque Sainte-Geneviève, situation qui était intervenue à la suite d’un droit de retrait des personnels. Depuis le début 2009 des accès Internet filaires y sont installés.
Quant à la Bibliothèque Nationale de France (BNF), le Wifi est coupé depuis longtemps. A partir d'avril 2008, des connexions filaires ont été mises en place.
Rédigé par Victor de Sepausy, le mercredi 13 mai 2009 à 10h17
lundi 11 mai 2009
vendredi 8 mai 2009
En France, des villes pilotes pour le seuil de 0,6 V/m
Publié dans le Journal de l'environnement, le 7 mai 2009
Mercredi 6 mai, à l’occasion de la première réunion thématique de la table ronde «Radiofréquences, santé et environnement», l'association Robin des toits a proposé de tester dans plusieurs villes pilotes le seuil qu’elle préconise de 0,6 volt par mètre (V/m) d'exposition aux antennes-relais de téléphonie mobile.
Parmi les communes, rurales et urbaines, volontaires pour cette expérimentation, figurent Courbevoie (Hauts-de-Seine), Hérouville-Saint-Clair (Calvados), Le Vigan (Gard) et Niergnies (Nord). Il s'agirait de tester «un système dans lequel les personnes ne seraient jamais exposées à plus de 0,6 V/m», a déclaré à l'AFP Etienne Cendrier, porte-parole de l’association. Ce test concernerait le niveau d'exposition, c'est à dire «la dose que les gens prennent», et pas la puissance des antennes. Aujourd’hui, les valeurs limites d'émission des antennes sont de 41 à 61 V/m selon les fréquences utilisées (1). «Si le seuil de 0,6 V/m était retenu pour l'exposition des personnes à l'intérieur des maisons, il faudrait couvrir la France avec un nombre extraordinairement élevé d'antennes», a fait valoir à l’AFP Jean-Marie Danjou, délégué général de l'Association française des opérateurs mobiles (Afom).
Lundi 4 mai, une école proche d’une antenne-relais a été fermée au motif du principe de précaution, suite à un arrêté de fermeture temporaire pris par le maire de la commune de Château-Thierry (Aisne). L'opérateur Orange avait obtenu de la municipalité «une autorisation d'exploitation à une distance de 98 mètres par rapport à l'école, alors que dans les faits, elle se situe à 68 m de l'école», a indiqué le maire à l’AFP. Les 180 élèves ont été répartis dans les autres écoles de la ville. Le porte-parole d'Orange s’est déclaré «assez surpris» de la décision du maire soulignant qu'il n'existait «aucune réglementation nationale ou européenne évoquant une obligation de distance minimale» entre une antenne-relais et une école.
Denis Baupin, adjoint (Verts) au maire de Paris, qui a participé au nom de l'Association des maires des grandes villes de France (AMGVF) à la réunion du «Grenelle des ondes» a plaidé en faveur d'une réglementation sur la puissance des antennes. Il a aussi évoqué une proposition de l'AMGVF: créer des «plans d'occupation des toits» ou des «plans de déploiement des antennes» municipaux, permettant par exemple de privilégier des mini-antennes.
Jean-François Girard, président des réunions thématiques a indiqué la tenue d’une réunion supplémentaire le 20 mai, quelques jours avant la table ronde finale prévue le 25 mai.
Janine Le Calvez, présidente de l'association Priartem (2) a constaté une volonté d'ouverture et de dialogue. "Le terme 'incertitudes'employé à plusieurs reprises quant à l'impact des antennes démontre une inflexion du débat". Conformément aux attentes des associations, l'Etat s'est engagé à convoquer deux experts scientifiques, Michaël Kundi, épidémiologiste à l’université de médecine de Vienne (Autriche) et Lennart Hardell, professeur en cancérologie à l’université d’Orebro (Suède) ainsi qu'un représentant de la ville de Salzbourg (Autriche) qui impose un seuil de 0,6V/m.
(1) 41 V/m pour les GSM (900 MHz), 58 V/m pour les DCS (1.800 MHz) et 61 V/m pour l’UMTS (2.100 MHz)
(2) Pour une réglementation des antennes-relais de téléphonie mobile
Mercredi 6 mai, à l’occasion de la première réunion thématique de la table ronde «Radiofréquences, santé et environnement», l'association Robin des toits a proposé de tester dans plusieurs villes pilotes le seuil qu’elle préconise de 0,6 volt par mètre (V/m) d'exposition aux antennes-relais de téléphonie mobile.
Parmi les communes, rurales et urbaines, volontaires pour cette expérimentation, figurent Courbevoie (Hauts-de-Seine), Hérouville-Saint-Clair (Calvados), Le Vigan (Gard) et Niergnies (Nord). Il s'agirait de tester «un système dans lequel les personnes ne seraient jamais exposées à plus de 0,6 V/m», a déclaré à l'AFP Etienne Cendrier, porte-parole de l’association. Ce test concernerait le niveau d'exposition, c'est à dire «la dose que les gens prennent», et pas la puissance des antennes. Aujourd’hui, les valeurs limites d'émission des antennes sont de 41 à 61 V/m selon les fréquences utilisées (1). «Si le seuil de 0,6 V/m était retenu pour l'exposition des personnes à l'intérieur des maisons, il faudrait couvrir la France avec un nombre extraordinairement élevé d'antennes», a fait valoir à l’AFP Jean-Marie Danjou, délégué général de l'Association française des opérateurs mobiles (Afom).
Lundi 4 mai, une école proche d’une antenne-relais a été fermée au motif du principe de précaution, suite à un arrêté de fermeture temporaire pris par le maire de la commune de Château-Thierry (Aisne). L'opérateur Orange avait obtenu de la municipalité «une autorisation d'exploitation à une distance de 98 mètres par rapport à l'école, alors que dans les faits, elle se situe à 68 m de l'école», a indiqué le maire à l’AFP. Les 180 élèves ont été répartis dans les autres écoles de la ville. Le porte-parole d'Orange s’est déclaré «assez surpris» de la décision du maire soulignant qu'il n'existait «aucune réglementation nationale ou européenne évoquant une obligation de distance minimale» entre une antenne-relais et une école.
Denis Baupin, adjoint (Verts) au maire de Paris, qui a participé au nom de l'Association des maires des grandes villes de France (AMGVF) à la réunion du «Grenelle des ondes» a plaidé en faveur d'une réglementation sur la puissance des antennes. Il a aussi évoqué une proposition de l'AMGVF: créer des «plans d'occupation des toits» ou des «plans de déploiement des antennes» municipaux, permettant par exemple de privilégier des mini-antennes.
Jean-François Girard, président des réunions thématiques a indiqué la tenue d’une réunion supplémentaire le 20 mai, quelques jours avant la table ronde finale prévue le 25 mai.
Janine Le Calvez, présidente de l'association Priartem (2) a constaté une volonté d'ouverture et de dialogue. "Le terme 'incertitudes'employé à plusieurs reprises quant à l'impact des antennes démontre une inflexion du débat". Conformément aux attentes des associations, l'Etat s'est engagé à convoquer deux experts scientifiques, Michaël Kundi, épidémiologiste à l’université de médecine de Vienne (Autriche) et Lennart Hardell, professeur en cancérologie à l’université d’Orebro (Suède) ainsi qu'un représentant de la ville de Salzbourg (Autriche) qui impose un seuil de 0,6V/m.
(1) 41 V/m pour les GSM (900 MHz), 58 V/m pour les DCS (1.800 MHz) et 61 V/m pour l’UMTS (2.100 MHz)
(2) Pour une réglementation des antennes-relais de téléphonie mobile
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Ils obligent leur HLM à retirer quinze antennes-relais
Publié dans le quotidien La Provence, le jeudi 7 mai 2009
Après 10 ans de combat, des habitants de Pertuis enfin entendus
La conjoncture et le Grenelle sur les antennes-relais ont certainement joué en leur faveur. Les résidents d'un immeuble HLM de Pertuis (Vaucluse), géré par le bailleur social Mistral-Habitat, vivaient depuis plus de 10 ans avec 15antennes-relais au-dessus de leur tête !
"C'est devenu invivable pour les habitants, mais aussi pour les parents qui envoient leurs enfants à l'école à proximité du site, commentait, la semaine dernière, Annick Leduc, présidente de l'association Bellevue, lors de leur manifestation organisée devant l'immeuble du même nom. Le contrat d'engagement entre les opérateurs de téléphonie mobile et Mistral-Habitat arrive à échéance en avril 2010. Il était impensable pour nous de ne pas monter au créneau. Nous avons interpellé la municipalité qui nous soutient depuis le début mais aussi récemment le ministère de Jean-Louis Borloo, qui nous a répondu, et la presse."
Du coup, hier, TF1 est venue réaliser un reportage sur le sujet. Et là, coup de théâtre. Alors que le directeur général de Mistral-Habitat, Lucien Stanzione, nous confiait la semaine dernière ne pas avoir pris position à ce sujet et attendre le conseil d'administration, le discours est aujourd'hui différent. "Michèle Fournier-Armand a confié au journaliste qu'elle ne signerait pas de nouveau contrat en mai 2010 et qu'ils demanderaient le retrait des quinze antennes-relais", annonce avec précaution la présidente de l'association.
La directrice de Mistral-Habitat, Michèle Fournier-Armand, confirme l'information et s'étonne même qu'on l'interroge à ce sujet. "C'est une volonté affichée de ma part depuis que je suis arrivée à ce poste il y a 9 ans, je ne renouvelle pas les contrats", affirme-t-elle avec force. Et d'ajouter: "Je respecte le principe de précaution car nous ne savons pas à l'heure actuelle si c'est nocif pour la santé". Sauf que selon ses informations, les deux opérateurs concernés ne sont pas engagés jusqu'à la même date.
"Bouygues arrive à échéance en 2010 et Orange seulement en 2012. Et je sais, par expérience, qu'ils ne vont pas forcément démonter les antennes. Ils vont certainement faire comme à Avignon et simplement les débrancher". Pour l'heure, les habitants de Bellevue sont rassurés et heureux de cette décision. Aujourd'hui, au journal de 13 heures, ils en auront la confirmation à l'antenne.
Après 10 ans de combat, des habitants de Pertuis enfin entendus
La conjoncture et le Grenelle sur les antennes-relais ont certainement joué en leur faveur. Les résidents d'un immeuble HLM de Pertuis (Vaucluse), géré par le bailleur social Mistral-Habitat, vivaient depuis plus de 10 ans avec 15antennes-relais au-dessus de leur tête !
"C'est devenu invivable pour les habitants, mais aussi pour les parents qui envoient leurs enfants à l'école à proximité du site, commentait, la semaine dernière, Annick Leduc, présidente de l'association Bellevue, lors de leur manifestation organisée devant l'immeuble du même nom. Le contrat d'engagement entre les opérateurs de téléphonie mobile et Mistral-Habitat arrive à échéance en avril 2010. Il était impensable pour nous de ne pas monter au créneau. Nous avons interpellé la municipalité qui nous soutient depuis le début mais aussi récemment le ministère de Jean-Louis Borloo, qui nous a répondu, et la presse."
Du coup, hier, TF1 est venue réaliser un reportage sur le sujet. Et là, coup de théâtre. Alors que le directeur général de Mistral-Habitat, Lucien Stanzione, nous confiait la semaine dernière ne pas avoir pris position à ce sujet et attendre le conseil d'administration, le discours est aujourd'hui différent. "Michèle Fournier-Armand a confié au journaliste qu'elle ne signerait pas de nouveau contrat en mai 2010 et qu'ils demanderaient le retrait des quinze antennes-relais", annonce avec précaution la présidente de l'association.
La directrice de Mistral-Habitat, Michèle Fournier-Armand, confirme l'information et s'étonne même qu'on l'interroge à ce sujet. "C'est une volonté affichée de ma part depuis que je suis arrivée à ce poste il y a 9 ans, je ne renouvelle pas les contrats", affirme-t-elle avec force. Et d'ajouter: "Je respecte le principe de précaution car nous ne savons pas à l'heure actuelle si c'est nocif pour la santé". Sauf que selon ses informations, les deux opérateurs concernés ne sont pas engagés jusqu'à la même date.
"Bouygues arrive à échéance en 2010 et Orange seulement en 2012. Et je sais, par expérience, qu'ils ne vont pas forcément démonter les antennes. Ils vont certainement faire comme à Avignon et simplement les débrancher". Pour l'heure, les habitants de Bellevue sont rassurés et heureux de cette décision. Aujourd'hui, au journal de 13 heures, ils en auront la confirmation à l'antenne.
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Antennes-relais : une école fermée par le maire
Publié le 06/05/2009 09:49 | LaDepeche.fr
Antennes-relais : une école fermée par le maire
Environnement. Le maire de Château-Thierry applique le « principe de précaution».
Alors que s'ouvre aujourd'hui à Paris le Grenelle des ondes ( voir ci-dessous), le maire PRG de Château-Thierry dans l'Aisne, Jacques Krabal, jette un nouveau pavé dans le dossier déjà très polémique des antennes-relais, en posant très concrètement le problème de santé publique.
Il a pris lundi un arrêté de fermeture temporaire d'une école maternelle et primaire de la ville parce qu'elle est située à proximité d'un pylône de téléphonie mobile Orange. Une décision au nom du « principe de précaution». L'opérateur avait pourtant bien obtenu de la municipalité l'autorisation d'exploitation « à une distance de 98 mètres par rapport à l'école»; Mais en réalité, le pylône a été planté à 68 mètres, dénonce M. Krabal qui précise que les négociations pour faire déplacer l'antenne ou cesser son exploitation s'étaient avérées vaines.
Évoquant le «principe de précaution inscrit dans la constitution» et une «recommandation européenne (qui) prévoit qu'à moins de 100 m d'une antenne-relais, il ne peut pas y avoir une école ou une crèche», M. Krabal a pris la décision de fermer temporairement l'école, dont les 180 élèves ont été répartis dans les autres écoles de la ville.
«Il faut parfois savoir taper sur la table pour se faire entendre», a estimé M. Krabal, qui affirme ne pas être «technophobe».
«On est assez surpris de la décision du maire», a de son côté déclaré un porte-parole d'Orange, soulignant qu'il n'existait «aucune réglementation nationale ou européenne évoquant une obligation de distance minimale» entre une antenne-relais et une école et évoquant les obligations légales de couverture des opérateurs. «Nous regrettons la dramatisation de cet événement, d'autant plus qu'il y a des discussions au niveau national pour éclairer le débat» autour des antennes-relais, a-t-il ajouté, rappelant que, selon une étude de l'OMS, il «n'existe aucun élément scientifique sur les effets nocifs» de telles antennes.
l'association «Pour une réglementation des implantations d'antennes-relais de téléphonie mobile», a elle, estimé qu'Orange devait « absolument se remettre à la table de négociation afin qu'une solution favorable à tous puisse être trouvée en urgence pour que l'école reprenne au plus vite ».
Concilier santé et service public
Lancé le 23 avril sous l'égide de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, le Grenelle des ondes - dont la première réunion se tient aujourd'hui sur les antennes-relais - vise à identifier les mesures à prendre pour répondre aux inquiétudes de la population sur l'impact des ondes sur la santé. Une question qui divise les experts. Les cas de particuliers se plaignant de maux de tête, de vertiges et de vomissements et accusant l'antenne placée à proximité de leur logement se multiplient. L'association santé environnement France (Asef), qui représente plus de 1 000 médecins, explique que certaines personnes peuvent être plus fragiles aux effets des champs électromagnétiques, tels les électrosensibles, les travailleurs exposés à des ondes permanentes, les enfants ou les femmes enceintes... Dans le doute, les riverains sont de plus en plus nombreux à faire bloc contre les antennes, et à trois reprises depuis février, les tribunaux ont obligé Bouygues Télécoms, SFR et Orange à démonter leurs antennes ou à renoncer à leur installation.
L'Association française des opérateurs mobiles (Afom) estime, elle, que l'inquiétude «n'a pas de fondement scientifique». Elle rappelle que l'Etat impose aux opérateurs de téléphonie mobile de couvrir la quasi-totalité du territoire. «Nous ne pouvons pas être dans l'obligation à la fois d'installer des antennes-relais et de les démonter», commente son délégué général, Jean-Marie Danjou. De son côté, l'ex-magistrate Eva Joly, candidate aux Européennes, en Ile-de-France sur la liste Europe-Ecologie dénonce «la proximité»des opérateurs de téléphonie mobile avec le pouvoir, en soulignant les rapports entre Nicolas sarkozy et Martin Bouygues...
Rappelons enfin que la possibilité de suspendre l'implantation de nouvelles antennes avait été envisagée par Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, lors du lancement du Grenelle des onde, en attendant les résultats de l'étude en cours de réalisation par l'Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail) sur l'impact des antennes et des téléphones portables.
Antennes-relais : une école fermée par le maire
Environnement. Le maire de Château-Thierry applique le « principe de précaution».
Alors que s'ouvre aujourd'hui à Paris le Grenelle des ondes ( voir ci-dessous), le maire PRG de Château-Thierry dans l'Aisne, Jacques Krabal, jette un nouveau pavé dans le dossier déjà très polémique des antennes-relais, en posant très concrètement le problème de santé publique.
Il a pris lundi un arrêté de fermeture temporaire d'une école maternelle et primaire de la ville parce qu'elle est située à proximité d'un pylône de téléphonie mobile Orange. Une décision au nom du « principe de précaution». L'opérateur avait pourtant bien obtenu de la municipalité l'autorisation d'exploitation « à une distance de 98 mètres par rapport à l'école»; Mais en réalité, le pylône a été planté à 68 mètres, dénonce M. Krabal qui précise que les négociations pour faire déplacer l'antenne ou cesser son exploitation s'étaient avérées vaines.
Évoquant le «principe de précaution inscrit dans la constitution» et une «recommandation européenne (qui) prévoit qu'à moins de 100 m d'une antenne-relais, il ne peut pas y avoir une école ou une crèche», M. Krabal a pris la décision de fermer temporairement l'école, dont les 180 élèves ont été répartis dans les autres écoles de la ville.
«Il faut parfois savoir taper sur la table pour se faire entendre», a estimé M. Krabal, qui affirme ne pas être «technophobe».
«On est assez surpris de la décision du maire», a de son côté déclaré un porte-parole d'Orange, soulignant qu'il n'existait «aucune réglementation nationale ou européenne évoquant une obligation de distance minimale» entre une antenne-relais et une école et évoquant les obligations légales de couverture des opérateurs. «Nous regrettons la dramatisation de cet événement, d'autant plus qu'il y a des discussions au niveau national pour éclairer le débat» autour des antennes-relais, a-t-il ajouté, rappelant que, selon une étude de l'OMS, il «n'existe aucun élément scientifique sur les effets nocifs» de telles antennes.
l'association «Pour une réglementation des implantations d'antennes-relais de téléphonie mobile», a elle, estimé qu'Orange devait « absolument se remettre à la table de négociation afin qu'une solution favorable à tous puisse être trouvée en urgence pour que l'école reprenne au plus vite ».
Concilier santé et service public
Lancé le 23 avril sous l'égide de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, le Grenelle des ondes - dont la première réunion se tient aujourd'hui sur les antennes-relais - vise à identifier les mesures à prendre pour répondre aux inquiétudes de la population sur l'impact des ondes sur la santé. Une question qui divise les experts. Les cas de particuliers se plaignant de maux de tête, de vertiges et de vomissements et accusant l'antenne placée à proximité de leur logement se multiplient. L'association santé environnement France (Asef), qui représente plus de 1 000 médecins, explique que certaines personnes peuvent être plus fragiles aux effets des champs électromagnétiques, tels les électrosensibles, les travailleurs exposés à des ondes permanentes, les enfants ou les femmes enceintes... Dans le doute, les riverains sont de plus en plus nombreux à faire bloc contre les antennes, et à trois reprises depuis février, les tribunaux ont obligé Bouygues Télécoms, SFR et Orange à démonter leurs antennes ou à renoncer à leur installation.
L'Association française des opérateurs mobiles (Afom) estime, elle, que l'inquiétude «n'a pas de fondement scientifique». Elle rappelle que l'Etat impose aux opérateurs de téléphonie mobile de couvrir la quasi-totalité du territoire. «Nous ne pouvons pas être dans l'obligation à la fois d'installer des antennes-relais et de les démonter», commente son délégué général, Jean-Marie Danjou. De son côté, l'ex-magistrate Eva Joly, candidate aux Européennes, en Ile-de-France sur la liste Europe-Ecologie dénonce «la proximité»des opérateurs de téléphonie mobile avec le pouvoir, en soulignant les rapports entre Nicolas sarkozy et Martin Bouygues...
Rappelons enfin que la possibilité de suspendre l'implantation de nouvelles antennes avait été envisagée par Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, lors du lancement du Grenelle des onde, en attendant les résultats de l'étude en cours de réalisation par l'Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail) sur l'impact des antennes et des téléphones portables.
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Une ville française coupe le Wi-Fi dans les écoles
Article paru dans Le Monde, le 28 avril 2009
La municipalité Modem d'Hérouville-Saint-Clair a annoncé, lundi 27 avril, qu'elle allait couper le Wi-Fi (Internet sans fil) dans les écoles d'ici à la fin de l'année, quatre jours après le lancement du "Grenelle des ondes" à Paris.
"Nous appliquons le principe de précaution. Notre rôle est de protéger la santé des gens", a déclaré le maire, Rodolphe Thomas, lors d'une conférence de presse. Dans cette ville nouvelle de 24 000 habitants située dans l'agglomération de Caen, le Wi-Fi permettait aux écoles de se relier sans fil à Internet, via la mairie. La douzaine de sites concernés aura désormais un accès individuel à Internet.
La municipalité va, en outre, financer une dizaine de mesures de champs magnétiques dans la commune pour un montant total de 4 à 5 000 euros, a ajouté Laurent Mata (Modem), premier maire adjoint en charge du développement durable. L'objectif étant de changer ou déplacer certaines antennes si le champ est trop fort. "Nous irons en justice" si les opérateurs refusent de le faire, a affirmé M. Mata.
Hérouville-Saint-Clair lancera en septembre une campagne sur les précautions à prendre pour se protéger des ondes, à destination de la population, des opérateurs télécoms et des bailleurs "qui perçoivent de 1 500 à 2 500 euros par mois pour la location du toit où est placée l'antenne relais", selon M. Mata. L'ensemble de ces décisions coûtera 15 000 euros à la ville, selon lui.
Le Criirem (Centre de recherche et d'information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques), qui se présente comme la seule association indépendante à faire des mesures de champs magnétiques, a indiqué qu'une vingtaine de mairies en France lui avaient dit prendre de telles mesures.
La municipalité Modem d'Hérouville-Saint-Clair a annoncé, lundi 27 avril, qu'elle allait couper le Wi-Fi (Internet sans fil) dans les écoles d'ici à la fin de l'année, quatre jours après le lancement du "Grenelle des ondes" à Paris.
"Nous appliquons le principe de précaution. Notre rôle est de protéger la santé des gens", a déclaré le maire, Rodolphe Thomas, lors d'une conférence de presse. Dans cette ville nouvelle de 24 000 habitants située dans l'agglomération de Caen, le Wi-Fi permettait aux écoles de se relier sans fil à Internet, via la mairie. La douzaine de sites concernés aura désormais un accès individuel à Internet.
La municipalité va, en outre, financer une dizaine de mesures de champs magnétiques dans la commune pour un montant total de 4 à 5 000 euros, a ajouté Laurent Mata (Modem), premier maire adjoint en charge du développement durable. L'objectif étant de changer ou déplacer certaines antennes si le champ est trop fort. "Nous irons en justice" si les opérateurs refusent de le faire, a affirmé M. Mata.
Hérouville-Saint-Clair lancera en septembre une campagne sur les précautions à prendre pour se protéger des ondes, à destination de la population, des opérateurs télécoms et des bailleurs "qui perçoivent de 1 500 à 2 500 euros par mois pour la location du toit où est placée l'antenne relais", selon M. Mata. L'ensemble de ces décisions coûtera 15 000 euros à la ville, selon lui.
Le Criirem (Centre de recherche et d'information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques), qui se présente comme la seule association indépendante à faire des mesures de champs magnétiques, a indiqué qu'une vingtaine de mairies en France lui avaient dit prendre de telles mesures.
mercredi 22 avril 2009
Une maison «électropropre»
Le 20 avril 2009
Carole Thibaudeau
La Presse
La jolie maison de Stéphane Bélainsky, à Sainte-Sophie, a été construite en 1966 par un artisan généreux: épais murs de pierres, grandes fenêtres faites à la main, électrification abondante pour répondre aux futurs occupants les plus exigeants...
Un peu trop abondante, peut-être, l'électricité dans les murs? Disons que pour un technicien en hygiène électromagnétique, le rarissime métier qu'exerce Stéphane, l'électricité n'est pas un fluide anodin. Averti des possibles dangers de l'exposition aux champs électromagnétiques (CEM), il fait de sa maison un exemple d'application du principe de précaution.
«La tête ne devrait pas se trouver à moins d'un mètre d'une lampe de chevet, d'un réveille-matin ou d'une plinthe électrique», soutient le technicien et fondateur d'Expertise électromagnétique environnementale 3E, la seule compagnie du genre au Québec. Le lit de Stéphane est dégagé du mur d'environ un pied, pour éloigner la tête du câblage qui court derrière le gypse. Précaution supplémentaire, l'alimentation électrique de la chambre est coupée trois secondes après qu'il eut éteint le dernier appareil, grâce à un dispositif situé dans la boîte électrique au sous-sol.
Plancher radiant
Dans la salle de bain, le plancher chauffant ne dégage qu'un faible champ magnétique de 1,6 milliGauss, comparativement à 30 ou 40 milliGauss pour les autres planchers radiants électriques ordinaires. «Cette marque (Flextherm, achetée dans un commerce local) est conçue pour que les champs magnétiques des fils chauffants s'annulent les uns les autres», explique Stéphane.
Rideaux, graphite et autres trucs
Outre le champ électrique (présent dès qu'il y a tension) et le champ magnétique (généré par la consommation d'électricité), un troisième élément, les hautes fréquences transitoires, s'ajoute au smog électromagnétique domestique. Induites par certains appareils, par exemple un tapis roulant d'exercice, ces ondes se propagent par le champ électrique du câblage.
La façon de s'en protéger: enlever ou débrancher la source, ou encore la mettre sur une barre de tension à part. Sinon, on peut faire obstacle aux émissions avec un mur couvert d'une peinture au latex contenant du graphite, ou un fin moustiquaire de métal, ou encore des rideaux tissés avec un fil de cuivre. (La peinture avec graphite bloque les hautes fréquences. Mise à la terre par un ruban conducteur, elle bloquera en plus les champs électriques.) En dernier recours, on posera des filtres Stetzer qui, sans les éliminer, atténueront les hautes fréquences transitoires.
«Il faut apprendre à vivre avec les micro-ondes, estime M. Bélainsky. Fermer le routeur sans fil lorsqu'on ne l'utilise pas. Renoncer au téléphone sans fil. Porter une oreillette si on utilise un téléphone portable.»
Andrew Michrowski, docteur en architecture et auteur d'une étude menée dans les années 90 pour la Société canadienne d'hypothèque et de logement, sur les CEM dans les maisons canadiennes, résume ainsi la protection domestique: «En s'assurant que le câblage électrique est bien posé et que la mise à la terre est correcte, et en s'éloignant des sources émettrices, on élimine une grande partie de l'exposition intérieure. Si les électriciens suivent le Code du bâtiment tel qu'il a été modifié en 1995, c'est déjà beaucoup. Autrefois, les mises à la terre dans les villes étaient souvent faites à l'aqueduc, car il n'y avait pas assez de sol pour absorber la foudre.»
Le principe de précaution
Le principe de précaution a été recommandé dans le rapport Bio-initiative - août 2007 -, réalisé par une quinzaine de scientifiques indépendants des États-Unis, de la Chine, de la Suède, du Danemark et de l'Autriche.
Les chercheurs ont passé en revue plus de 1500 publications scientifiques et reconnu que suffisamment d'études démontraient un effet nocif des champs électromagnétiques (CEM) - cellules stressées et risque accru de certains cancers - pour inciter à la prudence. Ils ont proposé des seuils de tolérance plus bas que les normes actuelles. Plusieurs États - Autriche, Italie, Russie, Chine - ont commencé à s'aligner sur leurs recommandations.
Le Canada, pays où les champs magnétiques sont parmi les plus élevés au monde (nous chauffons beaucoup à l'électricité), suit les normes de la Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants, comme la plupart des pays.
Pour en savoir plus:
> www.em3E.com
> www.dangersemo.com
> www.next-up.org
> www.buildingbiology.com
Carole Thibaudeau
La Presse
La jolie maison de Stéphane Bélainsky, à Sainte-Sophie, a été construite en 1966 par un artisan généreux: épais murs de pierres, grandes fenêtres faites à la main, électrification abondante pour répondre aux futurs occupants les plus exigeants...
Un peu trop abondante, peut-être, l'électricité dans les murs? Disons que pour un technicien en hygiène électromagnétique, le rarissime métier qu'exerce Stéphane, l'électricité n'est pas un fluide anodin. Averti des possibles dangers de l'exposition aux champs électromagnétiques (CEM), il fait de sa maison un exemple d'application du principe de précaution.
«La tête ne devrait pas se trouver à moins d'un mètre d'une lampe de chevet, d'un réveille-matin ou d'une plinthe électrique», soutient le technicien et fondateur d'Expertise électromagnétique environnementale 3E, la seule compagnie du genre au Québec. Le lit de Stéphane est dégagé du mur d'environ un pied, pour éloigner la tête du câblage qui court derrière le gypse. Précaution supplémentaire, l'alimentation électrique de la chambre est coupée trois secondes après qu'il eut éteint le dernier appareil, grâce à un dispositif situé dans la boîte électrique au sous-sol.
Plancher radiant
Dans la salle de bain, le plancher chauffant ne dégage qu'un faible champ magnétique de 1,6 milliGauss, comparativement à 30 ou 40 milliGauss pour les autres planchers radiants électriques ordinaires. «Cette marque (Flextherm, achetée dans un commerce local) est conçue pour que les champs magnétiques des fils chauffants s'annulent les uns les autres», explique Stéphane.
Rideaux, graphite et autres trucs
Outre le champ électrique (présent dès qu'il y a tension) et le champ magnétique (généré par la consommation d'électricité), un troisième élément, les hautes fréquences transitoires, s'ajoute au smog électromagnétique domestique. Induites par certains appareils, par exemple un tapis roulant d'exercice, ces ondes se propagent par le champ électrique du câblage.
La façon de s'en protéger: enlever ou débrancher la source, ou encore la mettre sur une barre de tension à part. Sinon, on peut faire obstacle aux émissions avec un mur couvert d'une peinture au latex contenant du graphite, ou un fin moustiquaire de métal, ou encore des rideaux tissés avec un fil de cuivre. (La peinture avec graphite bloque les hautes fréquences. Mise à la terre par un ruban conducteur, elle bloquera en plus les champs électriques.) En dernier recours, on posera des filtres Stetzer qui, sans les éliminer, atténueront les hautes fréquences transitoires.
«Il faut apprendre à vivre avec les micro-ondes, estime M. Bélainsky. Fermer le routeur sans fil lorsqu'on ne l'utilise pas. Renoncer au téléphone sans fil. Porter une oreillette si on utilise un téléphone portable.»
Andrew Michrowski, docteur en architecture et auteur d'une étude menée dans les années 90 pour la Société canadienne d'hypothèque et de logement, sur les CEM dans les maisons canadiennes, résume ainsi la protection domestique: «En s'assurant que le câblage électrique est bien posé et que la mise à la terre est correcte, et en s'éloignant des sources émettrices, on élimine une grande partie de l'exposition intérieure. Si les électriciens suivent le Code du bâtiment tel qu'il a été modifié en 1995, c'est déjà beaucoup. Autrefois, les mises à la terre dans les villes étaient souvent faites à l'aqueduc, car il n'y avait pas assez de sol pour absorber la foudre.»
Le principe de précaution
Le principe de précaution a été recommandé dans le rapport Bio-initiative - août 2007 -, réalisé par une quinzaine de scientifiques indépendants des États-Unis, de la Chine, de la Suède, du Danemark et de l'Autriche.
Les chercheurs ont passé en revue plus de 1500 publications scientifiques et reconnu que suffisamment d'études démontraient un effet nocif des champs électromagnétiques (CEM) - cellules stressées et risque accru de certains cancers - pour inciter à la prudence. Ils ont proposé des seuils de tolérance plus bas que les normes actuelles. Plusieurs États - Autriche, Italie, Russie, Chine - ont commencé à s'aligner sur leurs recommandations.
Le Canada, pays où les champs magnétiques sont parmi les plus élevés au monde (nous chauffons beaucoup à l'électricité), suit les normes de la Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants, comme la plupart des pays.
Pour en savoir plus:
> www.em3E.com
> www.dangersemo.com
> www.next-up.org
> www.buildingbiology.com
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vendredi 27 mars 2009
Les antennes sous la loupe
Publié dans La Presse le 27 mars
Sous la pression de citoyens inquiets de l'effet des antennes-relais de téléphonie cellulaire sur la santé, les autorités de santé publique du Québec ont accepté de «procéder à un examen de la problématique».
Bien qu'il soutienne n'avoir «aucune inquiétude» à ce sujet, le grand patron de la Direction générale de la santé publique du Québec, Alain Poirier, a commandé une revue de la littérature afin d'approfondir la question.
«Nous avons récemment demandé à l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) de procéder à un examen de la problématique, en tenant compte des données de la littérature, des positions de santé publique déjà exprimées sur ce sujet», écrit-il dans une lettre adressée au collectif «Sauvons nos enfants des micro-ondes».
Le collectif, qui estime que les antennes-relais sont cancérigènes, voit cela comme un pas dans la bonne direction. Mais le ministère de la Santé précise d'emblée que la position du Québec n'a pas changé; il existe à son avis un consensus scientifique selon lequel les radiofréquences des antennes sont trop faibles pour causer des effets indésirables.
«Il n'y a aucune inquiétude à avoir avec les antennes-relais, il n'y a aucune donnée qui nous inquiète», précise la porte-parole du Ministère, Karine White.
Cette nouvelle survient au moment où le débat sur le potentiel cancérigène des champs électromagnétiques intéresse un nombre grandissant de personnes. Alors que la question fait véritablement rage en France (voir autre texte), elle commence à semer la discorde au Québec, où certains groupes réclament que l'on applique le principe de précaution. C'est le cas d'Option consommateurs, par exemple, qui a publié un dossier sur la question dans le magazine Protégez-Vous de février.
Inquiétudes
Le collectif Sauvons nos enfants des micro-ondes (SEMO) est en quelque sorte le témoin de cet intérêt grandissant. Cet organisme a été créé il y a quelques semaines, dans la foulée de la bataille menée à Terrebonne, l'an dernier, contre les antennes dissimulées dans les clochers d'église.
«Étant enseignant en électricité, je m'intéresse de près à la chose. Et ce que je vois m'inquiète, indique le fondateur du SEMO, François Therrien, que ce soit les avertissements des médecins, les cas relatés de gens qui tombent malades en raison des radiofréquences ou encore les études épidémiologiques qui font état d'une augmentation des risques de cancer à proximité des antennes.»
Foutaise, répond Ariel Fenster, chimiste et membre de l'Organisation pour la science et la société à l'Université McGill. «Les gens qui prétendent que les antennes ont un impact sur la santé sont alarmistes, croit-il. Toutes les grandes organisations internationales soutiennent qu'il n'y a aucun effet.»
Certes, ni l'Organisation mondiale de la santé ni le Centre international sur le cancer ne peuvent affirmer de façon catégorique que les radiofréquences sont totalement inoffensives. Mais cela est vrai pour presque tout ce qui nous entoure, précise M. Fenster.
«La science ne peut pas prouver la négation, explique-t-il. La science ne peut pas prouver hors de tout doute, par exemple, que le père Noël n'existe pas...»
Mobilisation
Au cours des derniers mois, certaines batailles ont été menées au Québec contre des antennes-relais, comme celle qui a eu lieu à Terrebonne, l'an dernier. À Prévost, dans les Laurentides, une pétition de plus de 500 noms a été déposée à l'hôtel de ville il y a quelques jours contre l'érection d'une antenne de Bell. À Anjou, une autre pétition a circulé cet hiver afin d'empêcher le ministère des Transport d'implanter une antenne dans un quartier résidentiel.
Preuve supplémentaire de l'intérêt que soulève cette question, un tout nouveau site web a été mis en ligne pour «présenter le point de vue scientifique» sur les champs électromagnétiques (emfandhealth.com). Piloté par le président de la Fondation du Centre des sciences de Montréal, l'ingénieur Lorne Trottier, il est réalisé en collaboration avec des professeurs de l'Université McGill, dont Ariel Fenster.
Que dit l'Association canadienne des télécommunications sans fil de tout ça? «Des recherches sont menées régulièrement, depuis des décennies, sur le sujet de la nocivité des ondes. Et elles ont conclu qu'il n'y avait pas d'effet sur la population», indique le porte-parole, Marc Choma.
Au Québec comme ailleurs au pays, c'est à Industrie Canada, avec la collaboration de Santé Canada, que revient le mandat d'encadrer l'érection d'antennes cellulaires. Les normes actuelles sont de 10 W/m2, ce que les tenants du principe de précaution jugent beaucoup trop.
François Cardinal
Sous la pression de citoyens inquiets de l'effet des antennes-relais de téléphonie cellulaire sur la santé, les autorités de santé publique du Québec ont accepté de «procéder à un examen de la problématique».
Bien qu'il soutienne n'avoir «aucune inquiétude» à ce sujet, le grand patron de la Direction générale de la santé publique du Québec, Alain Poirier, a commandé une revue de la littérature afin d'approfondir la question.
«Nous avons récemment demandé à l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) de procéder à un examen de la problématique, en tenant compte des données de la littérature, des positions de santé publique déjà exprimées sur ce sujet», écrit-il dans une lettre adressée au collectif «Sauvons nos enfants des micro-ondes».
Le collectif, qui estime que les antennes-relais sont cancérigènes, voit cela comme un pas dans la bonne direction. Mais le ministère de la Santé précise d'emblée que la position du Québec n'a pas changé; il existe à son avis un consensus scientifique selon lequel les radiofréquences des antennes sont trop faibles pour causer des effets indésirables.
«Il n'y a aucune inquiétude à avoir avec les antennes-relais, il n'y a aucune donnée qui nous inquiète», précise la porte-parole du Ministère, Karine White.
Cette nouvelle survient au moment où le débat sur le potentiel cancérigène des champs électromagnétiques intéresse un nombre grandissant de personnes. Alors que la question fait véritablement rage en France (voir autre texte), elle commence à semer la discorde au Québec, où certains groupes réclament que l'on applique le principe de précaution. C'est le cas d'Option consommateurs, par exemple, qui a publié un dossier sur la question dans le magazine Protégez-Vous de février.
Inquiétudes
Le collectif Sauvons nos enfants des micro-ondes (SEMO) est en quelque sorte le témoin de cet intérêt grandissant. Cet organisme a été créé il y a quelques semaines, dans la foulée de la bataille menée à Terrebonne, l'an dernier, contre les antennes dissimulées dans les clochers d'église.
«Étant enseignant en électricité, je m'intéresse de près à la chose. Et ce que je vois m'inquiète, indique le fondateur du SEMO, François Therrien, que ce soit les avertissements des médecins, les cas relatés de gens qui tombent malades en raison des radiofréquences ou encore les études épidémiologiques qui font état d'une augmentation des risques de cancer à proximité des antennes.»
Foutaise, répond Ariel Fenster, chimiste et membre de l'Organisation pour la science et la société à l'Université McGill. «Les gens qui prétendent que les antennes ont un impact sur la santé sont alarmistes, croit-il. Toutes les grandes organisations internationales soutiennent qu'il n'y a aucun effet.»
Certes, ni l'Organisation mondiale de la santé ni le Centre international sur le cancer ne peuvent affirmer de façon catégorique que les radiofréquences sont totalement inoffensives. Mais cela est vrai pour presque tout ce qui nous entoure, précise M. Fenster.
«La science ne peut pas prouver la négation, explique-t-il. La science ne peut pas prouver hors de tout doute, par exemple, que le père Noël n'existe pas...»
Mobilisation
Au cours des derniers mois, certaines batailles ont été menées au Québec contre des antennes-relais, comme celle qui a eu lieu à Terrebonne, l'an dernier. À Prévost, dans les Laurentides, une pétition de plus de 500 noms a été déposée à l'hôtel de ville il y a quelques jours contre l'érection d'une antenne de Bell. À Anjou, une autre pétition a circulé cet hiver afin d'empêcher le ministère des Transport d'implanter une antenne dans un quartier résidentiel.
Preuve supplémentaire de l'intérêt que soulève cette question, un tout nouveau site web a été mis en ligne pour «présenter le point de vue scientifique» sur les champs électromagnétiques (emfandhealth.com). Piloté par le président de la Fondation du Centre des sciences de Montréal, l'ingénieur Lorne Trottier, il est réalisé en collaboration avec des professeurs de l'Université McGill, dont Ariel Fenster.
Que dit l'Association canadienne des télécommunications sans fil de tout ça? «Des recherches sont menées régulièrement, depuis des décennies, sur le sujet de la nocivité des ondes. Et elles ont conclu qu'il n'y avait pas d'effet sur la population», indique le porte-parole, Marc Choma.
Au Québec comme ailleurs au pays, c'est à Industrie Canada, avec la collaboration de Santé Canada, que revient le mandat d'encadrer l'érection d'antennes cellulaires. Les normes actuelles sont de 10 W/m2, ce que les tenants du principe de précaution jugent beaucoup trop.
François Cardinal
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Des tribunaux invoquent un «danger potentiel»
Publié dans le journal La Presse le 27 mars 2009
Les radiofréquences sèment la bisbille en France, où les tribunaux ont récemment ordonné à plusieurs entreprises de retirer leurs antennes-relais, en raison de leur «danger potentiel».
Si les autorités se font rassurantes au Québec au sujet de l'impact des champs électromagnétiques, elles sont beaucoup plus divisées dans l'Hexagone, où le débat a pris des proportions surprenantes depuis quelques semaines.
Preuve du caractère explosif du débat, le gouvernement Sarkozy s'est senti obligé de calmer le jeu en organisant, le 23 avril prochain, un vaste sommet qui réunira scientifiques, associations, membres de l'industrie et élus.
Cette décision fait suite à trois jugements récents qui ont semé la consternation dans l'industrie de la téléphonie mobile. Le 4 février dernier, une cour d'appel a forcé Bouygues à démonter une antenne-relais dans le Rhône en raison d'un «trouble anormal de voisinage». Le 16 février, le tribunal d'instance de Carpentras a rendu une décision similaire en raison des «incertitudes», estimant qu'«il n'existe manifestement pas de consensus sur cette question sensible».
Puis, le 5 mars, le tribunal de grande instance d'Angers a invoqué le «principe de précaution» afin de bloquer l'érection de trois antennes-relais sur l'église du village de Notre-Dame-d'Alençon.
Il n'en fallait évidemment pas plus pour que les citoyens s'inquiètent... et que les autorités médicales se rebiffent.
Le 3 mars dernier, l'Académie nationale de médecine a ainsi publié une «mise au point» dans laquelle elle s'inquiète des dérapages des juges, qu'elle met «en garde contre une interprétation subjective du principe de précaution».
Selon l'Académie, «on ne connaît aucun mécanisme par lequel les champs électromagnétiques dans cette gamme d'énergie et de fréquence pourraient avoir un effet négatif sur la santé».
Les antennes de téléphonie mobile, précise l'Académie, entraînent une exposition aux champs électromagnétiques de 100 à 100 000 fois plus faible que les téléphones portables. Pourquoi, dans ce cas, avoir donné tant de crédit au «ressenti» des victimes potentielles? se demande-t-elle.
«La prééminence du ressenti du plaignant, ajoute-t-on, si elle fait jurisprudence, remet en cause les fondements mêmes de l'expertise scientifique et médicale. (...) Une telle utilisation dévoyée du principe de précaution risque de conduire à une quête illusoire du risque zéro, source d'erreurs, de retards et de dysfonctionnements du système de santé.»
Qu'à cela ne tienne, les organisations de citoyens opposées aux antennes-relais sont de plus en plus nombreuses en France. D'autant plus que certains médecins et biologistes ont choisi de se ranger de leur côté.
Lundi dernier, un groupe de scientifiques a profité d'un colloque sur l'enjeu sanitaire des technologies sans fil pour tirer la sonnette d'alarme. Quatre médecins, dont deux cancérologues, ont affirmé qu'il est urgent d'agir pour éviter «un problème de santé publique majeur». Ils ont fait état d'«un nombre croissant de malades devenus intolérants aux champs électromagnétiques» et précisent qu'«on ne peut exclure chez eux l'évolution vers une maladie dégénérative du système nerveux, voire certains cancers».
Plus encore, les opposants aux antennes s'appuient sur un rapport appelé BioInitiative, produit en 2007 par un collectif international de 14 scientifiques. On y fait plusieurs constats et recommandations destinés à contrer la possible dangerosité des champs électromagnétiques.
Les radiofréquences sèment la bisbille en France, où les tribunaux ont récemment ordonné à plusieurs entreprises de retirer leurs antennes-relais, en raison de leur «danger potentiel».
Si les autorités se font rassurantes au Québec au sujet de l'impact des champs électromagnétiques, elles sont beaucoup plus divisées dans l'Hexagone, où le débat a pris des proportions surprenantes depuis quelques semaines.
Preuve du caractère explosif du débat, le gouvernement Sarkozy s'est senti obligé de calmer le jeu en organisant, le 23 avril prochain, un vaste sommet qui réunira scientifiques, associations, membres de l'industrie et élus.
Cette décision fait suite à trois jugements récents qui ont semé la consternation dans l'industrie de la téléphonie mobile. Le 4 février dernier, une cour d'appel a forcé Bouygues à démonter une antenne-relais dans le Rhône en raison d'un «trouble anormal de voisinage». Le 16 février, le tribunal d'instance de Carpentras a rendu une décision similaire en raison des «incertitudes», estimant qu'«il n'existe manifestement pas de consensus sur cette question sensible».
Puis, le 5 mars, le tribunal de grande instance d'Angers a invoqué le «principe de précaution» afin de bloquer l'érection de trois antennes-relais sur l'église du village de Notre-Dame-d'Alençon.
Il n'en fallait évidemment pas plus pour que les citoyens s'inquiètent... et que les autorités médicales se rebiffent.
Le 3 mars dernier, l'Académie nationale de médecine a ainsi publié une «mise au point» dans laquelle elle s'inquiète des dérapages des juges, qu'elle met «en garde contre une interprétation subjective du principe de précaution».
Selon l'Académie, «on ne connaît aucun mécanisme par lequel les champs électromagnétiques dans cette gamme d'énergie et de fréquence pourraient avoir un effet négatif sur la santé».
Les antennes de téléphonie mobile, précise l'Académie, entraînent une exposition aux champs électromagnétiques de 100 à 100 000 fois plus faible que les téléphones portables. Pourquoi, dans ce cas, avoir donné tant de crédit au «ressenti» des victimes potentielles? se demande-t-elle.
«La prééminence du ressenti du plaignant, ajoute-t-on, si elle fait jurisprudence, remet en cause les fondements mêmes de l'expertise scientifique et médicale. (...) Une telle utilisation dévoyée du principe de précaution risque de conduire à une quête illusoire du risque zéro, source d'erreurs, de retards et de dysfonctionnements du système de santé.»
Qu'à cela ne tienne, les organisations de citoyens opposées aux antennes-relais sont de plus en plus nombreuses en France. D'autant plus que certains médecins et biologistes ont choisi de se ranger de leur côté.
Lundi dernier, un groupe de scientifiques a profité d'un colloque sur l'enjeu sanitaire des technologies sans fil pour tirer la sonnette d'alarme. Quatre médecins, dont deux cancérologues, ont affirmé qu'il est urgent d'agir pour éviter «un problème de santé publique majeur». Ils ont fait état d'«un nombre croissant de malades devenus intolérants aux champs électromagnétiques» et précisent qu'«on ne peut exclure chez eux l'évolution vers une maladie dégénérative du système nerveux, voire certains cancers».
Plus encore, les opposants aux antennes s'appuient sur un rapport appelé BioInitiative, produit en 2007 par un collectif international de 14 scientifiques. On y fait plusieurs constats et recommandations destinés à contrer la possible dangerosité des champs électromagnétiques.
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mardi 10 mars 2009
Micro-ondes : le SEMO veut une réglementation
La Presse
01 mars 2009 | 08 h 09
Un nouveau collectif, le SEMO, lancé hier en conférence de presse à Laval, veut sensibiliser la population à la prolifération des micro-ondes qui alimentent nos cellulaires, routeurs Internet sans fil, bases de téléphone et autres appareils de communication sans fil.
Le SEMO (Sauvons nos enfants des micro-ondes) a été lancé par un groupe de citoyens à la suite de l'action menée à Terrebonne, l'automne dernier, pour le retrait d'une antenne cellulaire dans le clocher de l'église, à proximité d'une garderie. «Des gens de toute la province nous ont alors contactés, relate le porte parole François Therrien, enseignant en électricité. Nous avons décidé de porter le débat au plan politique.» Entre autres représentations, le SEMO demande à la Direction de la santé publique du Québec de créer un comité sur les antennes-relais cellulaires situées près des écoles et des garderies.
Rapport scientifique
Le SEMO propose de mettre en application le principe de précaution recommandé dans Bioinitiative, le rapport émis par un groupe international de scientifiques en août 2007. En clair: utiliser la technologie des micro-ondes mais s'arranger pour ne pas avoir plus de 1000 microWatts/m2 à l'extérieur, 10 microwatts/m2 à l'intérieur et pas d'antenne à cellulaire à moins de 300 mètres d'une école. À titre de comparaison, dans les rues du centre-ville de Montréal, il n'est pas rare d'être exposé à 6000 ou même 20 000 microwatts/m2.
« Nous ne voulons pas alarmer la population, soutient M. Therrien. Mais étant sensibilisée, elle pourra choisir de minimiser l'usage de la communication par micro-ondes : utiliser des téléphones ou routeurs avec fil, ou alors, s'ils sont sans fil, les éteindre dès qu'on a fini de s'en servir. »
01 mars 2009 | 08 h 09
Un nouveau collectif, le SEMO, lancé hier en conférence de presse à Laval, veut sensibiliser la population à la prolifération des micro-ondes qui alimentent nos cellulaires, routeurs Internet sans fil, bases de téléphone et autres appareils de communication sans fil.
Le SEMO (Sauvons nos enfants des micro-ondes) a été lancé par un groupe de citoyens à la suite de l'action menée à Terrebonne, l'automne dernier, pour le retrait d'une antenne cellulaire dans le clocher de l'église, à proximité d'une garderie. «Des gens de toute la province nous ont alors contactés, relate le porte parole François Therrien, enseignant en électricité. Nous avons décidé de porter le débat au plan politique.» Entre autres représentations, le SEMO demande à la Direction de la santé publique du Québec de créer un comité sur les antennes-relais cellulaires situées près des écoles et des garderies.
Rapport scientifique
Le SEMO propose de mettre en application le principe de précaution recommandé dans Bioinitiative, le rapport émis par un groupe international de scientifiques en août 2007. En clair: utiliser la technologie des micro-ondes mais s'arranger pour ne pas avoir plus de 1000 microWatts/m2 à l'extérieur, 10 microwatts/m2 à l'intérieur et pas d'antenne à cellulaire à moins de 300 mètres d'une école. À titre de comparaison, dans les rues du centre-ville de Montréal, il n'est pas rare d'être exposé à 6000 ou même 20 000 microwatts/m2.
« Nous ne voulons pas alarmer la population, soutient M. Therrien. Mais étant sensibilisée, elle pourra choisir de minimiser l'usage de la communication par micro-ondes : utiliser des téléphones ou routeurs avec fil, ou alors, s'ils sont sans fil, les éteindre dès qu'on a fini de s'en servir. »
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En France, les initiatives politiques sur les risques des technologies sans fil se multiplient
Article paru dans Le Monde, le 6 mars 2009
Deux récentes décisions de justice ordonnant le démontage d'antennes-relais ont relancé le débat sur les dangers potentiels des ondes de radiofréquence utilisées pour la téléphonie mobile et les technologies sans fil, alors que les initiatives politiques sur le sujet se multiplient. Quelques jours après la cour d'appel de Versailles, le tribunal de grande instance de Carpentras (Vaucluse) a condamné, le 16 février SFR à démonter une antenne-relais.
Les magistrats font référence à l'"incertitude" sur l'impact sanitaire de ce type d'installation et au "trouble anormal de voisinage" dû à l'"impact visuel exceptionnel" de l'antenne, installée dans un vignoble. Passée inaperçue dans un premier temps, Cette décision a fait l'objet, mardi 3 mars, d'un communiqué de l'association Robin des toits.
L'Académie nationale de médecine a réagi, le 4 mars, en renouvelant "sa mise en garde contre une interprétation subjective du principe de précaution". "On ne connaît aucun mécanisme par lequel les champs électromagnétiques dans cette gamme d'énergie et de fréquence pourraient avoir un effet négatif sur la santé", affirme-t-elle, évoquant une "erreur scientifique manifeste" dans la motivation de l'arrêt de la cour d'appel de Versailles.
"Il ne faut pas que ces choses-là se règlent devant les tribunaux. Toutes les antennes de France ne vont pas se retrouver devant les tribunaux", a déclaré Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat au développement de l'économie numérique.
Ces décisions de justice et les réactions qu'elles entraînent se produisent alors que les chercheurs travaillant dans le cadre de l'étude Interphone sur la téléphonie mobile, lancée en 2000 dans treize pays, ne parviennent pas à des conclusions communes. Envisagée à l'automne 2008, la publication de leurs travaux a été repoussée. Même si des biais ne sont pas à exclure, des résultats partiels montrent une augmentation du risque relatif de plusieurs tumeurs de la tête chez les gros utilisateurs.
Le premier ministre, François Fillon, a confié à Roselyne Bachelot, ministre de la santé, l'organisation d'une table ronde sur les dangers potentiels des téléphones mobiles et des antennes-relais. Cette réunion, intitulée "Radiofréquence, santé, environnement", est fixée au 26 mars.
Par ailleurs, les sénateurs Marie-Christine Blandin et Jean Dessard organisent, le 23 mars, un colloque sur le thème "Technologies sans fil : un nouvel enjeu sanitaire", en partenariat avec Robin des toits.
Enfin, la Ville de Paris a annoncé le lancement d'une "conférence de citoyens" sur les ondes et la santé, qui durera d'avril à juin et aura pour objectif de l'éclairer sur les meilleurs choix à effectuer en ce qui concerne le développement et l'usage des technologies hertziennes dans la capitale.
Paul Benkimoun
Deux récentes décisions de justice ordonnant le démontage d'antennes-relais ont relancé le débat sur les dangers potentiels des ondes de radiofréquence utilisées pour la téléphonie mobile et les technologies sans fil, alors que les initiatives politiques sur le sujet se multiplient. Quelques jours après la cour d'appel de Versailles, le tribunal de grande instance de Carpentras (Vaucluse) a condamné, le 16 février SFR à démonter une antenne-relais.
Les magistrats font référence à l'"incertitude" sur l'impact sanitaire de ce type d'installation et au "trouble anormal de voisinage" dû à l'"impact visuel exceptionnel" de l'antenne, installée dans un vignoble. Passée inaperçue dans un premier temps, Cette décision a fait l'objet, mardi 3 mars, d'un communiqué de l'association Robin des toits.
L'Académie nationale de médecine a réagi, le 4 mars, en renouvelant "sa mise en garde contre une interprétation subjective du principe de précaution". "On ne connaît aucun mécanisme par lequel les champs électromagnétiques dans cette gamme d'énergie et de fréquence pourraient avoir un effet négatif sur la santé", affirme-t-elle, évoquant une "erreur scientifique manifeste" dans la motivation de l'arrêt de la cour d'appel de Versailles.
"Il ne faut pas que ces choses-là se règlent devant les tribunaux. Toutes les antennes de France ne vont pas se retrouver devant les tribunaux", a déclaré Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat au développement de l'économie numérique.
Ces décisions de justice et les réactions qu'elles entraînent se produisent alors que les chercheurs travaillant dans le cadre de l'étude Interphone sur la téléphonie mobile, lancée en 2000 dans treize pays, ne parviennent pas à des conclusions communes. Envisagée à l'automne 2008, la publication de leurs travaux a été repoussée. Même si des biais ne sont pas à exclure, des résultats partiels montrent une augmentation du risque relatif de plusieurs tumeurs de la tête chez les gros utilisateurs.
Le premier ministre, François Fillon, a confié à Roselyne Bachelot, ministre de la santé, l'organisation d'une table ronde sur les dangers potentiels des téléphones mobiles et des antennes-relais. Cette réunion, intitulée "Radiofréquence, santé, environnement", est fixée au 26 mars.
Par ailleurs, les sénateurs Marie-Christine Blandin et Jean Dessard organisent, le 23 mars, un colloque sur le thème "Technologies sans fil : un nouvel enjeu sanitaire", en partenariat avec Robin des toits.
Enfin, la Ville de Paris a annoncé le lancement d'une "conférence de citoyens" sur les ondes et la santé, qui durera d'avril à juin et aura pour objectif de l'éclairer sur les meilleurs choix à effectuer en ce qui concerne le développement et l'usage des technologies hertziennes dans la capitale.
Paul Benkimoun
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jeudi 26 février 2009
TÉLÉPHONIE MOBILE SFR condamnée à démolir l'antenne
Article publié dans Vaucluse Matin le 22 février 2009
« Gâcher un village aussi réputé que Châteauneuf-du-Pape pour un loyer de 6 800 € par an, ça ne vaut vraiment pas la peine ! », lance Frédéric Boutin depuis le balcon familial. Le domaine de la Boutinière est situé à 130 mètres en amont de l'antenne-relais SFR. Un pylône de 25 mètres de haut qui leur empoisonne la vie depuis plus d'un an. Mais peut-être plus pour très longtemps...
"Une première"
La chambre civile du TGI de Carpentras vient en effet, de condamner SFR à démolir l'antenne. L'opérateur dispose de quatre mois pour s'y conformer, après le délai d'appel d'un mois. « Le tribunal reconnaît, non seulement, le préjudice de vue aux époux Boutin, mais aussi le risque sanitaire éventuel », détaille Me Siegfried Bielle.
« Cette décision est également une première en France », poursuit l'avocat des plaignants, « car le TGI de Carpentras admet ce risque pour une maison située à une centaine de mètres de l'antenne et non sur le toit ou tout proche ». Il semble, cependant, que les photos prises depuis le balcon des Boutin aient été plus particulièrement déterminantes. « C'est vrai qu'on avait une vue magnifique sur les vignes, le Rhône et au loin le Palais des Papes » lance Mme Boutin. « Un propriétaire à un droit sur son environnement et lorsqu'on dépasse les inconvénients dits normaux de voisinage, c'est une atteinte à son droit de propriété, explique Me Bielle. De plus, l'implantation de cette antenne en plein milieu des vignes peut avoir des répercussions psychologiques sur le consommateur et le touriste ». Les viticulteurs ne s'y sont d'ailleurs pas trompés, eux qui ont adressé un courrier de soutien à Frédéric Boutin.
Malgré tous nos efforts, il n'a pas été possible de joindre un responsable de SFR hier.
« Gâcher un village aussi réputé que Châteauneuf-du-Pape pour un loyer de 6 800 € par an, ça ne vaut vraiment pas la peine ! », lance Frédéric Boutin depuis le balcon familial. Le domaine de la Boutinière est situé à 130 mètres en amont de l'antenne-relais SFR. Un pylône de 25 mètres de haut qui leur empoisonne la vie depuis plus d'un an. Mais peut-être plus pour très longtemps...
"Une première"
La chambre civile du TGI de Carpentras vient en effet, de condamner SFR à démolir l'antenne. L'opérateur dispose de quatre mois pour s'y conformer, après le délai d'appel d'un mois. « Le tribunal reconnaît, non seulement, le préjudice de vue aux époux Boutin, mais aussi le risque sanitaire éventuel », détaille Me Siegfried Bielle.
« Cette décision est également une première en France », poursuit l'avocat des plaignants, « car le TGI de Carpentras admet ce risque pour une maison située à une centaine de mètres de l'antenne et non sur le toit ou tout proche ». Il semble, cependant, que les photos prises depuis le balcon des Boutin aient été plus particulièrement déterminantes. « C'est vrai qu'on avait une vue magnifique sur les vignes, le Rhône et au loin le Palais des Papes » lance Mme Boutin. « Un propriétaire à un droit sur son environnement et lorsqu'on dépasse les inconvénients dits normaux de voisinage, c'est une atteinte à son droit de propriété, explique Me Bielle. De plus, l'implantation de cette antenne en plein milieu des vignes peut avoir des répercussions psychologiques sur le consommateur et le touriste ». Les viticulteurs ne s'y sont d'ailleurs pas trompés, eux qui ont adressé un courrier de soutien à Frédéric Boutin.
Malgré tous nos efforts, il n'a pas été possible de joindre un responsable de SFR hier.
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mercredi 4 février 2009
France : Le démontage d'une antenne relais pour la première fois confirmé en appel
NOUVELOBS.COM | 04.02.2009 | 17:06
La cour d'appel de Versailles a ordonné le démontage sous astreinte d'une antenne installée par Bouygues Télécom dans la banlieue de Lyon ainsi que le versement de 7.000 euros de dommages et intérêts à trois couples de riverains.
La cour d'appel de Versailles a confirmé, mercredi 4 février, la condamnation de Bouygues Telecom au démontage, sous astreinte, d'une antenne relais de téléphone mobile à Tassin-La-demi-Lune, dans la banlieue lyonnaise, ainsi qu'au versement de 7.000 euros dommages et intérêts.
Il s'agit de la première confirmation, en appel, d'une décision ordonnant le démontage d'une antenne relais sur demande de riverains.
Saisi par trois couples pour "trouble anormal du voisinage", le tribunal de grande instance de Nanterre avait déjà, le 18 septembre dernier, condamné l'opérateur à démonter l'antenne relai en question au nom du "principe de précaution". Le TGI avait également ordonné le versement de 3.000 euros aux trois couples, riverains de l'antenne incriminée.
Bouygues Télécom avait alors interjeté appel de ce jugement, estimant notamment que le risque pour la santé que présenterait les antennes-relais n'est pas scientifiquement prouvé.
Une incertitude "sérieuse et raisonnable"
La cour d'appel a, de son côté, estimé que, à l'heure actuelle, "aucun élément ne permet d'écarter péremptoirement l'impact sur la santé publique de l'exposition de personnes à des ondes ou à des champs électromagnétiques" produits par les antennes.
Ainsi, même "si la réalisation du risque reste hypothétique, il ressort de la lecture des contributions et publications scientifiques produites aux débats et des positions législatives divergentes entre les pays, que l'incertitude sur l'innocuité d'une exposition aux ondes émises par les antennes relais demeure et qu'elle peut être qualifiée de sérieuse et raisonnable".
Associations et riverains engagés contre les opérateurs de téléphonie mobile demandent à l'Etat de modifier les normes de puissance d'émission des antennes relais. Plusieurs études scientifiques ont démontré que les normes actuelles ne protègent que partiellement des effets des ondes électromagnétiques, dont les seuils sont pourtant réglementés.
La cour d'appel de Versailles a ordonné le démontage sous astreinte d'une antenne installée par Bouygues Télécom dans la banlieue de Lyon ainsi que le versement de 7.000 euros de dommages et intérêts à trois couples de riverains.
La cour d'appel de Versailles a confirmé, mercredi 4 février, la condamnation de Bouygues Telecom au démontage, sous astreinte, d'une antenne relais de téléphone mobile à Tassin-La-demi-Lune, dans la banlieue lyonnaise, ainsi qu'au versement de 7.000 euros dommages et intérêts.
Il s'agit de la première confirmation, en appel, d'une décision ordonnant le démontage d'une antenne relais sur demande de riverains.
Saisi par trois couples pour "trouble anormal du voisinage", le tribunal de grande instance de Nanterre avait déjà, le 18 septembre dernier, condamné l'opérateur à démonter l'antenne relai en question au nom du "principe de précaution". Le TGI avait également ordonné le versement de 3.000 euros aux trois couples, riverains de l'antenne incriminée.
Bouygues Télécom avait alors interjeté appel de ce jugement, estimant notamment que le risque pour la santé que présenterait les antennes-relais n'est pas scientifiquement prouvé.
Une incertitude "sérieuse et raisonnable"
La cour d'appel a, de son côté, estimé que, à l'heure actuelle, "aucun élément ne permet d'écarter péremptoirement l'impact sur la santé publique de l'exposition de personnes à des ondes ou à des champs électromagnétiques" produits par les antennes.
Ainsi, même "si la réalisation du risque reste hypothétique, il ressort de la lecture des contributions et publications scientifiques produites aux débats et des positions législatives divergentes entre les pays, que l'incertitude sur l'innocuité d'une exposition aux ondes émises par les antennes relais demeure et qu'elle peut être qualifiée de sérieuse et raisonnable".
Associations et riverains engagés contre les opérateurs de téléphonie mobile demandent à l'Etat de modifier les normes de puissance d'émission des antennes relais. Plusieurs études scientifiques ont démontré que les normes actuelles ne protègent que partiellement des effets des ondes électromagnétiques, dont les seuils sont pourtant réglementés.
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jeudi 22 janvier 2009
Champs électromagnétiques: la prudence s'impose, dit Option consommateur
Article publié dans Le Devoir
Édition du jeudi 22 janvier 2009
L'innocuité des champs électromagnétiques (CEM) émanant tant des prises électriques que d'un téléphone cellulaire ou d'une borne d'accès sans fil à Internet n'étant toujours pas démontrée, Option consommateurs appelle une fois de plus le gouvernement à faire preuve de prudence face à ces ondes qui se multiplient dans les environnements modernes.
Pis, sur la base d'un test d'exposition à ces CEM piloté conjointement avec le magazine Protégez-Vous, l'organisme a appelé hier, à l'occasion d'une conférence de presse tenue à Montréal, industriels et fabricants d'équipements électriques à mieux informer à l'avenir les consommateurs sur l'intensité des champs générés par leurs produits, et ce, pour permettre des choix éclairés.
Le magazine a en effet traqué ces ondes dans 10 maisons de la grande région de Montréal. Au total, 1500 mesures ont été effectuées, tant sur les champs électriques et magnétiques d'origine électrique (60 Hertz) que sur ceux produits par les ordinateurs, les cellulaires, les téléphones sans fil ou les fours à micro-ondes et dont les fréquences s'élèvent de 0,5 Méga-Hertz à 3 Giga-Hertz. Les détails sont dévoilés dans son édition de février 2009.
Résultat: «près de 50 % des mesures dépassent les limites d'exposition dites de précaution», c'est-à-dire les limites édictées par le projet BioInitiative, du Centre de recherche et d'information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (CRIIREM), a résumé hier Marie-Josée Boudreau, de Protégez-Vous. Notons que cette limite, de 0,1 microwatt par centimètre carré, est 10 000 fois inférieure à celle adoptée par le Canada.
En banlieue comme en ville, les résidences exposent généralement leurs habitants à des niveaux acceptables de CEM, indique le magazine. Les mesures réalisées se trouvent en effet dans les limites de précaution ou dans les limites dites de compromis, un peu plus élevées et adoptées entre autres par la Ville de Toronto pour encadrer ces rayonnements.
Le hic, c'est qu'il n'est pas possible d'en dire autant pour plusieurs appareils électriques utilisés au quotidien. C'est le cas par exemple des fours micro-ondes:
6 % des mesures d'exposition étaient considérées hors normes, alors que 75 % de ces même mesures se situaient entre la norme d'exposition canadienne et les limites de compromis. Par ailleurs, 71 % des ondes générées par routeur sans fil (pour accéder à Internet) étaient dans les limites de compromis, tout comme les lampes -- source de radiofréquences --, dont les trois quarts se situaient à l'intérieur de ces mêmes limites, avec une particularité toutefois: les ampoules à incandescence émettent moins de CEM que les ampoules fluocompactes, souligne Protégez-vous.
Devant ces résultats, Option Consommateurs recommande au gouvernement de prôner le principe de précaution face à ces rayonnements mais aussi de «revoir à la baisse les limites d'exposition aux émissions de radiofréquence», a expliqué hier son directeur général, Michel Arnold.
Cette mesure s'impose, selon les défenseurs des droits des consommateurs. C'est que les Québécois sont plus exposés au CEM que les autres citoyens de pays industrialisés en raison de la prédominance du chauffage électrique dans les résidences de la province, soulignent-ils.
Or, beaucoup d'inconnues persistent toujours quant aux effets délétères de ces champs sur la santé humaine. Depuis 2001, par exemple, le Centre international de recherche sur le cancer classe les champs de basse fréquence (liés à l'électricité) dans sa liste des choses «peut-être cancérigènes», aux côtés des gaz d'échappement et du puissant pesticide DDT. À l'inverse, l'Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) estime que «le degré de risque associé aux CEM pour l'ensemble de la population, s'il est réel, s'avère faible».
Fabien Deglise
Édition du jeudi 22 janvier 2009
L'innocuité des champs électromagnétiques (CEM) émanant tant des prises électriques que d'un téléphone cellulaire ou d'une borne d'accès sans fil à Internet n'étant toujours pas démontrée, Option consommateurs appelle une fois de plus le gouvernement à faire preuve de prudence face à ces ondes qui se multiplient dans les environnements modernes.
Pis, sur la base d'un test d'exposition à ces CEM piloté conjointement avec le magazine Protégez-Vous, l'organisme a appelé hier, à l'occasion d'une conférence de presse tenue à Montréal, industriels et fabricants d'équipements électriques à mieux informer à l'avenir les consommateurs sur l'intensité des champs générés par leurs produits, et ce, pour permettre des choix éclairés.
Le magazine a en effet traqué ces ondes dans 10 maisons de la grande région de Montréal. Au total, 1500 mesures ont été effectuées, tant sur les champs électriques et magnétiques d'origine électrique (60 Hertz) que sur ceux produits par les ordinateurs, les cellulaires, les téléphones sans fil ou les fours à micro-ondes et dont les fréquences s'élèvent de 0,5 Méga-Hertz à 3 Giga-Hertz. Les détails sont dévoilés dans son édition de février 2009.
Résultat: «près de 50 % des mesures dépassent les limites d'exposition dites de précaution», c'est-à-dire les limites édictées par le projet BioInitiative, du Centre de recherche et d'information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (CRIIREM), a résumé hier Marie-Josée Boudreau, de Protégez-Vous. Notons que cette limite, de 0,1 microwatt par centimètre carré, est 10 000 fois inférieure à celle adoptée par le Canada.
En banlieue comme en ville, les résidences exposent généralement leurs habitants à des niveaux acceptables de CEM, indique le magazine. Les mesures réalisées se trouvent en effet dans les limites de précaution ou dans les limites dites de compromis, un peu plus élevées et adoptées entre autres par la Ville de Toronto pour encadrer ces rayonnements.
Le hic, c'est qu'il n'est pas possible d'en dire autant pour plusieurs appareils électriques utilisés au quotidien. C'est le cas par exemple des fours micro-ondes:
6 % des mesures d'exposition étaient considérées hors normes, alors que 75 % de ces même mesures se situaient entre la norme d'exposition canadienne et les limites de compromis. Par ailleurs, 71 % des ondes générées par routeur sans fil (pour accéder à Internet) étaient dans les limites de compromis, tout comme les lampes -- source de radiofréquences --, dont les trois quarts se situaient à l'intérieur de ces mêmes limites, avec une particularité toutefois: les ampoules à incandescence émettent moins de CEM que les ampoules fluocompactes, souligne Protégez-vous.
Devant ces résultats, Option Consommateurs recommande au gouvernement de prôner le principe de précaution face à ces rayonnements mais aussi de «revoir à la baisse les limites d'exposition aux émissions de radiofréquence», a expliqué hier son directeur général, Michel Arnold.
Cette mesure s'impose, selon les défenseurs des droits des consommateurs. C'est que les Québécois sont plus exposés au CEM que les autres citoyens de pays industrialisés en raison de la prédominance du chauffage électrique dans les résidences de la province, soulignent-ils.
Or, beaucoup d'inconnues persistent toujours quant aux effets délétères de ces champs sur la santé humaine. Depuis 2001, par exemple, le Centre international de recherche sur le cancer classe les champs de basse fréquence (liés à l'électricité) dans sa liste des choses «peut-être cancérigènes», aux côtés des gaz d'échappement et du puissant pesticide DDT. À l'inverse, l'Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) estime que «le degré de risque associé aux CEM pour l'ensemble de la population, s'il est réel, s'avère faible».
Fabien Deglise
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vendredi 16 janvier 2009
HAUT-DÉBIT Ils démontent les antennes wifi de leur village
Article paru le 16 janvier 2009 dans le Dauphiné Libéré.
Les antennes Wifi de la discorde ont disparu du paysage de la Haute-Ubaye. Lundi, des habitants ont décidé de démonter eux-mêmes celles installées en août dernier sur le réservoir d'eau de Maljasset, un hameau de Saint-Paul-sur-Ubaye. Les membres du collectif "Robin des Lauzes" ont chaussé leurs skis et ils ont emporté les antennes dans un traîneau sur luge. Mardi matin, ils sont allés les déposer à la mairie.
«Tout le monde était contre. Les habitants des hameaux de Maurin sont attachés à leur qualité de vie. Ils n'ont pas envie d'être pollués par des ondes nocives à cause de ces grille-pains sur pattes» explique Léa Siméoni, qui fait partie des douze habitants permanents de Maljasset. Les antennes Wifi se trouvaient à 100 mètres de chez elle. «L'Europe préconise pourtant une distance minimale de 300 mètres» affirme-t-elle.
«Un scandale sanitaire»
Créé en septembre dernier pour s'opposer aux antennes Wifi, le collectif "Robin des Lauzes" rassemble une quarantaine de personnes. Les adhérents veulent bien bénéficier du haut-débit, mais pas faire courir un risque à leur santé ni à celle de leurs enfants.
«Nous avons agi au nom du principe de précaution. Nous n'avons jamais réussi à obtenir le dossier technique des antennes. Un scandale sanitaire risque d'éclater bientôt. Dans certaines zones, les cancers du cerveau ont été multipliés par deux et le nombre de leucémies a quadruplé» avance Léa Siméoni. «À ce prix-là, on préfère encore se passer du haut débit». Sa famille se contente pour l'instant d'une connexion vingt fois plus lente que le Wifi. Son voisin a, lui, trouvé une autre solution : une connexion haut-débit bi-directionnelle par satellite, proposée par Orange. «L'installation de la parabole lui a coûté 500 € et l'abonnement mensuel est de 35 €» précise Léa Siméoni.
Une chapelle défigurée
Mardi matin, les antennes Wifi posées sur la chapelle Notre-Dame-des-Neiges à la Barge ont été démontées à leur tour, cette fois par l'installateur. Elles étaient également très contestées, entre autres pour des raisons esthétiques. Les villageois leur reprochaient de défigurer l'édifice religieux.
«Le hasard a bien fait les choses» commente Léa Siméoni. Le collectif reproche à la municipalité d'avoir voulu déplacer les antennes sur une tour en béton entre les deux hameaux. «Lors de la réunion publique du 29 septembre, le maire s'était pourtant engagé à les démonter. C'est un simple problème technique qui a fini par décourager ceux qui tentaient de passer en force» observe Léa Siméoni.
Les antennes démontées en début de semaine n'ont jamais fonctionné. «Le collectif a empêché leur mise en service» affirme Léa Siméoni. Une autre antenne était prévue au hameau de Combe-Brémont, mais elle n'a jamais été installée, à la suite de l'action du collectif "Robin des Lauzes".
Réduire la fracture numérique
Les antennes avaient été financées par la communauté de communes de la vallée de l'Ubaye (CCVU) pour réduire la fracture numérique dans les zones blanches qui ne sont pas couvertes par l'ADSL. «Le Wifi, c'était la seule solution alternative à l'époque» explique Virginie Bourdin, directrice du Pays Sud qui a conduit les études et cherché les financements pour le compte de la CCVU. «De nombreux habitants réclamaient le haut-débit. Le Wifi n'est pas puissant. Il est moins dangereux qu'un téléphone portable. C'est un peu comme la peur de la télévision dans les années 50» observe-t-elle.
«On nous prend peut-être pour des extra-terrestres ou des marginaux, mais notre combat est légitime» répond Léa Siméoni.
Les antennes Wifi de la discorde ont disparu du paysage de la Haute-Ubaye. Lundi, des habitants ont décidé de démonter eux-mêmes celles installées en août dernier sur le réservoir d'eau de Maljasset, un hameau de Saint-Paul-sur-Ubaye. Les membres du collectif "Robin des Lauzes" ont chaussé leurs skis et ils ont emporté les antennes dans un traîneau sur luge. Mardi matin, ils sont allés les déposer à la mairie.
«Tout le monde était contre. Les habitants des hameaux de Maurin sont attachés à leur qualité de vie. Ils n'ont pas envie d'être pollués par des ondes nocives à cause de ces grille-pains sur pattes» explique Léa Siméoni, qui fait partie des douze habitants permanents de Maljasset. Les antennes Wifi se trouvaient à 100 mètres de chez elle. «L'Europe préconise pourtant une distance minimale de 300 mètres» affirme-t-elle.
«Un scandale sanitaire»
Créé en septembre dernier pour s'opposer aux antennes Wifi, le collectif "Robin des Lauzes" rassemble une quarantaine de personnes. Les adhérents veulent bien bénéficier du haut-débit, mais pas faire courir un risque à leur santé ni à celle de leurs enfants.
«Nous avons agi au nom du principe de précaution. Nous n'avons jamais réussi à obtenir le dossier technique des antennes. Un scandale sanitaire risque d'éclater bientôt. Dans certaines zones, les cancers du cerveau ont été multipliés par deux et le nombre de leucémies a quadruplé» avance Léa Siméoni. «À ce prix-là, on préfère encore se passer du haut débit». Sa famille se contente pour l'instant d'une connexion vingt fois plus lente que le Wifi. Son voisin a, lui, trouvé une autre solution : une connexion haut-débit bi-directionnelle par satellite, proposée par Orange. «L'installation de la parabole lui a coûté 500 € et l'abonnement mensuel est de 35 €» précise Léa Siméoni.
Une chapelle défigurée
Mardi matin, les antennes Wifi posées sur la chapelle Notre-Dame-des-Neiges à la Barge ont été démontées à leur tour, cette fois par l'installateur. Elles étaient également très contestées, entre autres pour des raisons esthétiques. Les villageois leur reprochaient de défigurer l'édifice religieux.
«Le hasard a bien fait les choses» commente Léa Siméoni. Le collectif reproche à la municipalité d'avoir voulu déplacer les antennes sur une tour en béton entre les deux hameaux. «Lors de la réunion publique du 29 septembre, le maire s'était pourtant engagé à les démonter. C'est un simple problème technique qui a fini par décourager ceux qui tentaient de passer en force» observe Léa Siméoni.
Les antennes démontées en début de semaine n'ont jamais fonctionné. «Le collectif a empêché leur mise en service» affirme Léa Siméoni. Une autre antenne était prévue au hameau de Combe-Brémont, mais elle n'a jamais été installée, à la suite de l'action du collectif "Robin des Lauzes".
Réduire la fracture numérique
Les antennes avaient été financées par la communauté de communes de la vallée de l'Ubaye (CCVU) pour réduire la fracture numérique dans les zones blanches qui ne sont pas couvertes par l'ADSL. «Le Wifi, c'était la seule solution alternative à l'époque» explique Virginie Bourdin, directrice du Pays Sud qui a conduit les études et cherché les financements pour le compte de la CCVU. «De nombreux habitants réclamaient le haut-débit. Le Wifi n'est pas puissant. Il est moins dangereux qu'un téléphone portable. C'est un peu comme la peur de la télévision dans les années 50» observe-t-elle.
«On nous prend peut-être pour des extra-terrestres ou des marginaux, mais notre combat est légitime» répond Léa Siméoni.
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mardi 6 janvier 2009
Pierrefonds - La petite histoire d'une antenne de téléphone mobile
Cités Nouvelles - Article mis en ligne le 19 septembre 2008
par Marie-Hélène Verville
Depuis six mois, elle trône sur le terrain de l'église Westminster Presbyterian Church à Pierrefonds sur la rue Monk, près du boulevard Gouin. Après avoir reçu un appel d'un citoyen inquiet, Cités Nouvelles est allé la voir de plus près.
L'antenne de téléphone mobile Rogers est difficile à manquer dans le paysage: elle est immense. Est-elle dangereuse pour la santé du voisinage? Pas selon Santé Canada. Ce qui cause l'inquiétude de certains, c'est la présence de champs magnétiques. Selon le Centre international de recherche sur le cancer, relié à l'OMS, les champs magnétiques seraient «peut-être» cancérigènes.
Au pays, la construction de ce genre d'antenne est permise un peu partout sur le territoire. Dans l'arrondissement Pierrefonds-Roxboro par exemple, il existe aussi des antennes de ce genre au boulodrome, sur un terrain appartenant à l'AMT et dans un dépôt de neiges usées situé plus à l'ouest. Ces informations sont d'ailleurs publiques.
Est-ce qu'il y a eu consultation?
À l'arrondissement, on explique qu'à chaque fois qu'une antenne est posée, il y a consultation. Et dans le cas de Westminster Presbyterian Church Pierrefonds? Selon l'arrondissement, l'église située au 13140 rue Monk a fait une demande en 2001 pour installer une antenne sur son terrain, demande qui a été acceptée à la ville. Il y a donc eu changement de zonage et consultation à ce moment-là.
Depuis 2001 donc, Rogers loue cet espace à l'église. En 2007 la compagnie a voulu faire construire la fameuse antenne. La Ville, en accord avec le changement de 2001, a donc accepté. Voilà pourquoi il n'y a pas eu de consultation officielle lors de la construction il y a près de six mois.
L'église a-t-elle averti ses voisins? «Je crois que le conseil d'administration a consulté les voisins d'en arrière (une garderie) seulement», explique le pasteur de la Westminster Presbyterian Church Pierrefonds, Maurice Bergeron. «L'assentiment de la paroisse était là par contre», affirme-t-il. «Pour ce genre de projet, nous devons avoir accord des paroissiens.» Cette communauté religieuse compte une centaine de paroissiens actifs.
Selon l'entente financière signée avec la communauté religieuse, Rogers a même pavé le stationnement de la Westminster Presbyterian Church Pierrefonds et installé des égouts adaptés. Cette mesure a été exigée par Pierrefonds-Roxboro.
Et l'argent de la location? Les sous serviront à la paroisse. La pratique est courante: plusieurs églises louent un espace aux Rogers et Bell de ce monde. Souvent, l'antenne-relais est cachée. L'église Saint-Joachim de Pointe-Claire serait d'ailleurs en pourparlers avec Bell pour louer un espace dans leur clocher neuf, nous apprenait The Chronicle, il y a quelques mois. L'antenne de l'église de la rue Monk, elle, est plus difficile à cacher aux yeux du public.
par Marie-Hélène Verville
Depuis six mois, elle trône sur le terrain de l'église Westminster Presbyterian Church à Pierrefonds sur la rue Monk, près du boulevard Gouin. Après avoir reçu un appel d'un citoyen inquiet, Cités Nouvelles est allé la voir de plus près.
L'antenne de téléphone mobile Rogers est difficile à manquer dans le paysage: elle est immense. Est-elle dangereuse pour la santé du voisinage? Pas selon Santé Canada. Ce qui cause l'inquiétude de certains, c'est la présence de champs magnétiques. Selon le Centre international de recherche sur le cancer, relié à l'OMS, les champs magnétiques seraient «peut-être» cancérigènes.
Au pays, la construction de ce genre d'antenne est permise un peu partout sur le territoire. Dans l'arrondissement Pierrefonds-Roxboro par exemple, il existe aussi des antennes de ce genre au boulodrome, sur un terrain appartenant à l'AMT et dans un dépôt de neiges usées situé plus à l'ouest. Ces informations sont d'ailleurs publiques.
Est-ce qu'il y a eu consultation?
À l'arrondissement, on explique qu'à chaque fois qu'une antenne est posée, il y a consultation. Et dans le cas de Westminster Presbyterian Church Pierrefonds? Selon l'arrondissement, l'église située au 13140 rue Monk a fait une demande en 2001 pour installer une antenne sur son terrain, demande qui a été acceptée à la ville. Il y a donc eu changement de zonage et consultation à ce moment-là.
Depuis 2001 donc, Rogers loue cet espace à l'église. En 2007 la compagnie a voulu faire construire la fameuse antenne. La Ville, en accord avec le changement de 2001, a donc accepté. Voilà pourquoi il n'y a pas eu de consultation officielle lors de la construction il y a près de six mois.
L'église a-t-elle averti ses voisins? «Je crois que le conseil d'administration a consulté les voisins d'en arrière (une garderie) seulement», explique le pasteur de la Westminster Presbyterian Church Pierrefonds, Maurice Bergeron. «L'assentiment de la paroisse était là par contre», affirme-t-il. «Pour ce genre de projet, nous devons avoir accord des paroissiens.» Cette communauté religieuse compte une centaine de paroissiens actifs.
Selon l'entente financière signée avec la communauté religieuse, Rogers a même pavé le stationnement de la Westminster Presbyterian Church Pierrefonds et installé des égouts adaptés. Cette mesure a été exigée par Pierrefonds-Roxboro.
Et l'argent de la location? Les sous serviront à la paroisse. La pratique est courante: plusieurs églises louent un espace aux Rogers et Bell de ce monde. Souvent, l'antenne-relais est cachée. L'église Saint-Joachim de Pointe-Claire serait d'ailleurs en pourparlers avec Bell pour louer un espace dans leur clocher neuf, nous apprenait The Chronicle, il y a quelques mois. L'antenne de l'église de la rue Monk, elle, est plus difficile à cacher aux yeux du public.
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Saint-Bruno s'oppose à l'installation d'un pylône
Le Journal de Saint-Bruno - 29 octobre 2008
Malgré les demandes insistantes de la compagnie Bell Mobilité, la Ville de Saint-Bruno s'oppose à l'installation d'un pylône d'antenne de télécommunication sans fil au 2300, boulevard Sir-Wilfrid-Laurier. Industrie Canada pourrait toutefois passer outre le refus des élus et en permettre la construction malgré tout.
L'entreprise a déjà fait des demandes similaires en 2002, 2004, 2005 et 2007. En 2004, un projet de règlement visant à autoriser l'installation d'une antenne de télécommunication similaire dans le même secteur avait entraîné de nombreux commentaires négatifs de la part des citoyens. En janvier 2005, 41 personnes avaient d'ailleurs signé une lettre réclamant davantage d'information, notamment les impacts sur la santé des citoyens adjacents et sur l'apparence d'une telle structure. Le projet a finalement été refusé.
Dans une résolution adoptée la semaine dernière, le conseil municipal fait valoir que l'emplacement choisi par Bell Mobilité est adjacent à un secteur résidentiel existant ainsi qu'à d'éventuelles nouvelles propriétés résidentielles et commerciales, puisque le développement résidentiel se dirige vers le 2300, boulevard Sir-Wilfrid-Laurier. Il plaide également que cette structure «viendra compromettre la mise en valeur du paysage emblématique du mont Saint-Bruno».
Selon le maire suppléant, Denis Arpin, la nouvelle structure serait d'une hauteur de 36,5 mètres (120 pieds) et serait donc la plus haute tour à Saint-Bruno. «Il y a des tours similaires sous les lignes d'Hydro-Québec. On aurait souhaité un endroit similaire pour l'implanter», a-t-il indiqué.
Ce dernier dit craindre que le gouvernement ne tienne pas compte de l'avis de la municipalité et permette à Bell Mobilité d'installer malgré tout son antenne au 2300, boulevard Sir-Wilfrid-Laurier. Pour qu'Industrie Canada intervienne dans le litige, il faudrait que l'une des parties en fasse la demande. «Sur demande d'intervention écrite provenant d'une partie autre qu'un membre du public en général à propos d'une préoccupation raisonnable et pertinente, le Ministère exigera que les parties concernées fournissent et partagent toute information reliée au litige. Le Ministère peut également recueillir ou obtenir d'autres renseignements utiles et demander aux parties de fournir une nouvelle présentation, le cas échéant. Cette information permettra au Ministère de rendre une décision finale sur la ou les questions en litige, puis d'en informer les parties ou de suggérer aux parties qu'elles recourent à un autre processus de résolution des litiges afin d'en arriver à un accord final. Si les parties ne parviennent pas à trouver une solution mutuellement acceptable, l'une ou l'autre peut demander au Ministère de trancher la question», précise-t-on sur le site internet d'Industrie Canada.
Au moment de mettre sous presse, il avait été impossible d'obtenir plus d'information de Bell Mobilité et de savoir si l'entreprise comptait se prévaloir de ce mécanisme.
Il existe actuellement trois pylônes semblables à celui qui est projeté par Bell Mobilité sur le territoire de Saint-Bruno. Un se trouve dans le parc industriel et les deux autres sont sur le mont Saint-Bruno. D'autres antennes sont aussi installées, notamment, sur les pylônes d'Hydro-Québec, dans le clocher de l'église et sur le toit du Manoir Saint-Bruno.
Malgré les demandes insistantes de la compagnie Bell Mobilité, la Ville de Saint-Bruno s'oppose à l'installation d'un pylône d'antenne de télécommunication sans fil au 2300, boulevard Sir-Wilfrid-Laurier. Industrie Canada pourrait toutefois passer outre le refus des élus et en permettre la construction malgré tout.
L'entreprise a déjà fait des demandes similaires en 2002, 2004, 2005 et 2007. En 2004, un projet de règlement visant à autoriser l'installation d'une antenne de télécommunication similaire dans le même secteur avait entraîné de nombreux commentaires négatifs de la part des citoyens. En janvier 2005, 41 personnes avaient d'ailleurs signé une lettre réclamant davantage d'information, notamment les impacts sur la santé des citoyens adjacents et sur l'apparence d'une telle structure. Le projet a finalement été refusé.
Dans une résolution adoptée la semaine dernière, le conseil municipal fait valoir que l'emplacement choisi par Bell Mobilité est adjacent à un secteur résidentiel existant ainsi qu'à d'éventuelles nouvelles propriétés résidentielles et commerciales, puisque le développement résidentiel se dirige vers le 2300, boulevard Sir-Wilfrid-Laurier. Il plaide également que cette structure «viendra compromettre la mise en valeur du paysage emblématique du mont Saint-Bruno».
Selon le maire suppléant, Denis Arpin, la nouvelle structure serait d'une hauteur de 36,5 mètres (120 pieds) et serait donc la plus haute tour à Saint-Bruno. «Il y a des tours similaires sous les lignes d'Hydro-Québec. On aurait souhaité un endroit similaire pour l'implanter», a-t-il indiqué.
Ce dernier dit craindre que le gouvernement ne tienne pas compte de l'avis de la municipalité et permette à Bell Mobilité d'installer malgré tout son antenne au 2300, boulevard Sir-Wilfrid-Laurier. Pour qu'Industrie Canada intervienne dans le litige, il faudrait que l'une des parties en fasse la demande. «Sur demande d'intervention écrite provenant d'une partie autre qu'un membre du public en général à propos d'une préoccupation raisonnable et pertinente, le Ministère exigera que les parties concernées fournissent et partagent toute information reliée au litige. Le Ministère peut également recueillir ou obtenir d'autres renseignements utiles et demander aux parties de fournir une nouvelle présentation, le cas échéant. Cette information permettra au Ministère de rendre une décision finale sur la ou les questions en litige, puis d'en informer les parties ou de suggérer aux parties qu'elles recourent à un autre processus de résolution des litiges afin d'en arriver à un accord final. Si les parties ne parviennent pas à trouver une solution mutuellement acceptable, l'une ou l'autre peut demander au Ministère de trancher la question», précise-t-on sur le site internet d'Industrie Canada.
Au moment de mettre sous presse, il avait été impossible d'obtenir plus d'information de Bell Mobilité et de savoir si l'entreprise comptait se prévaloir de ce mécanisme.
Il existe actuellement trois pylônes semblables à celui qui est projeté par Bell Mobilité sur le territoire de Saint-Bruno. Un se trouve dans le parc industriel et les deux autres sont sur le mont Saint-Bruno. D'autres antennes sont aussi installées, notamment, sur les pylônes d'Hydro-Québec, dans le clocher de l'église et sur le toit du Manoir Saint-Bruno.
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Chasseur d'ondes au cégep de Saint-Jérôme
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